Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorieTags: Ecole , Espace public , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences , Vie quotidienne
Direction Annecy, ce lundi 30 mars, pour visiter le lycée Gabriel Fauré, guidés par Emmanuel Delessert, professeur de philosophie, le proviseur Jacques Gaucher, accompagnés de nombreux professeurs et lycéens. Dans notre équipe il y avait Julie Bernard, architecte, Fanny Herbert, sociologue, Jean-Sébatien Poncet, designer du collectif Pomme Z, et moi-même. Nous étions là pour préfigurer un projet de résidence au sein du lycée.

Annecy, c’est 200 000 habitants avec sa périphérie, une ville aisée qui fleure bon les pique-niques au bord du lac et les balades en bordure de canal... C’est en plein centre ville que se trouve le lycée Gabriel Fauré, récemment rénové par la Région Rhône Alpes, à 5 minutes à pied de la gare et à 10 minutes du lac. 1800 élèves (dont 286 en internat) et 300 apprentis en CFA de coiffure, 92% de réussite au bac, 62% de filles, et il faut le dire, une certaine "paix sociale", comme le concèdent rapidement les enseignants.
Autant le dire d’emblée : Gabriel Fauré n’est pas un lycée à problèmes, selon les critères habituels des acteurs publics ou des parents d’élèves. Bon nombre d’établissements de la banlieue lyonnaise ou de la ruralité profonde souffrent de bien d’autres soucis. Alors oui, les espaces sont mal conçus, comme dans la plupart des établissements. Et la communication ne passe pas, comme on l’entend souvent dan la bouche des élèves. Pour autant, le lycée Gabriel Fauré n’a t-il vraiment que des "problèmes de riches" ? Nous n’avions qu’une journée pour en juger, mais nous avons tout de même essayé de lever le voile sur les "vrais problèmes" du lycée Gabriel Fauré...

Des problèmes de circulation et de stationnement
"On manque de place", "on a des problèmes d’espaces", "il n’y pas de lieu de vie bien précis", "on ne sait pas où se poser"... il faut bien dire que quand la sonnerie retentit, même lors de cette journée relativement calme, les couloirs et les escaliers forment subitement des goulots d’étranglement, et l’espace principal se remplit subitement tel un hall de gare les jours de forte affluence. Avec les récréations, c’est à l’heure du déjeuner que le rush est le plus fort, d’autant que le réfectoire du lycée accueille les élèves des établissements voisins : 1200 repas sont servis entre 12 et 14h. Aux étages, les salles de classe sont mal insonorisées : Quand le calme revient dans les espaces communs, profs et élèves peuvent facilement s’agacer d’un rire trop bruyant venu déranger le cours, d’un groupe d’élèves stationnant trop longtemps dans un des longs couloirs.
Dans ce grand vaisseau, il y a à la fois des impasses, et des lieux refuges. Certains espaces sont inaccessibles car situés de l’autre côté de l’internat, fermé aux heures de cours. D’autres espaces sont inexploités, comme cet auditorium assez bien équipé, qui ne sert que 4 fois par an. A l’inverse, le vaste CDI sert de zone de délestage pour les lycéens lorsqu’ils ne savent pas vraiment où stationner : il faut alors y faire cohabiter une population venue travailler, et d’autres venues tout simplement se détendre, trouver un espace calme et des équipements pour se poser, lire une revue, parler avec quelques personnes loin de la foule du grand hall. Il y a aussi l’espace Faure, le foyer des élèves en cours de rénovation à l’initiative de quelques élèves du Foyer Socio-Educatif ; mais il n’est pas chauffé pendant l’hiver, et pour des raisons de sécurité, il est interdit d’en ouvrir les deux grandes portes à battants, ce qui donnerait pourtant un peu d’attrait au lieu à l’approche du printemps. Et puis comment résister à l’appel du centre-ville ? les snacks du quartier l’ont bien compris, et certains ne prennent pas la peine d’ouvrir durant les vacances scolaires.
Les lycéens n’ont pas de difficulté à exprimer toutes les petites choses qui clochent selon eux. Quand l’on donne une caméra à un groupe d’élèves, ils shootent l’affiche un peu fatigué des panneaux du hall, des rangements jugées inutiles dans le CDI, les verrous cassés des WC, les serviettes usagées, le dispositif de sonnerie jugé strident, la porte trop lourde de l’entrée principale, ou encore le baby-foot en sale état...
Le rapport d’étonnement réalisé suite à la visite par Julie Bernard, architecte, et Fanny Herbert, sociologue :
L’info circule mal
Second grand classique, le sentiment que l’échange est difficile, et que l’information ne circule pas : avec et entre les élèves, les profs, l’équipe administrative, etc. Alors il y a bien trois moniteurs (dont l’un est en panne) pour diffuser des messages dans le hall et à l’étage, mais les lycéens n’y ont guère accès les messages sont d’abord descendants. Les panneaux d’affichages un peu fatigués n’attirent guère, et quelques affiches datées seulement y sont encore punaisées. Au fond, c’est à l’occasion d’événements comme la journée Kult (cette année 28 avril), la journée Performance (12 mars) ou la soirée théatre (19 mai) qu’une partie de cette population se rencontre. Lycéens et profs plébiscitent en particulier la journée KULT, moment fort de la vie du lycée, qui mobilise un grand nombre de volontés. Aux commandes de KULT, il y a le FSE, où les lycéens les plus motivés mobilisent toute leur énergie. "La journée porte ouverte ? ah oui, il y a ça aussi..." La journée ouverte concerne surtout les nouveaux lycéens, c’est un peu l’exercie obligé. Et en tout cas, réussir un événement est tout un art. Le vendredi, il n’y aura personne, les gens rentrent chez eux : le mardi est beaucoup mieux.
L’informatique, comme dans beaucoup d’établissements, et dans un "entre deux" : deux salles informatiques sont équipées de 18 ordinateurs chacune, 10 sont au CDI, 5 à l’internat, quelques stations dans les salles de classe... mais il est difficile d’utiliser son propre ordinateur, de trouver de la connexion (pas de Wifi pour l’instant, mais deux prises ethernet à l’espace Faure) et aucune salle n’est officiellement en véritable libre service, faute de médiation ou d’accompagnement, semble t-il.

Comment sortir du "lycée consumériste" ?
Au fond, on a envie de relire les problèmes d’espaces, de communication, ou d’autres encore à la lumière d’un phénomène beaucoup plus profond : le consumérisme adolescent d’aujourd’hui, "qui pousse le lycéen et son entourage a consommer de l’heure de cours, de l’espace, les outils qu’on leur propose, comme on consomme de la télévision ou n’importe quel bien de consommation", comme l’explique Emmanuel Delessert. On peut ainsi obtenir son bac et ses examens sans véritablement se construire en tant qu’individu ni comme citoyen, sans s’engager avec le collectif, sans devenir autonome. Proposer de nouveaux projets ou de nouveaux moyens doit toujours être interrogé à la lumière de cette question, sous peine de satisfaire le seul confort individuel. L’inscription au Foyer Social Educatif pourrait être un levier intéressant... sauf qu’elle est quasiment tacite, étant automatique à l’inscription. Sur les 1400 élèves inscrits, quelques dizaines seulement sont actifs au FSE. Les propositions qui viennent de l’institution se soldent souvent par des échecs : 2 ou 3 élèves se déclarent intéressés par un apprentissage à la BD ; le club lecture s’avère être un échec. Mais comme le signale une professeur de cinéma, accepter de rendre les gens autonomes suppose que l’institution et les profs assument la prise de risque qui va avec : "quand je laisse les lycéens se promener avec la caméra à 5000 euros dans l’établissement, je dois accepter le risque de la casse !".
Quel que soit le thème que nous serions amenés à traiter en résidence au lycée Gabriel Fauré, quel valeur lui attriburions-nous ? Ethique, autonomie ? C’est à ce stade qu’un partenariat avec la Région Rhône Alpes pourrait nous être utile, lorsqu’elle porte comme priorités pour les lycées, la qualité du lycée comme lieu de vie collective (c’est la "Région citoyenne", telle qu’elle s’intitule elle-même), le développement durable, et la conversion des cantines au bio. La Région a également engagé un audit des internats. Tout ceci devrait nous aider à dégager une priorité "exigeante" pour le lycée Gabriel Fauré...à suivre !
9 commentaires
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Le 28 juillet à 00h47
par mederegnarou
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
je suis à la recherche d’un cfa mais en internat mais je ne sais pas comment faire car je souhaite étudier loin de Marseille si vous voulez bien me rappeler au 06/87/78/58/94,ou 04/84/26/18/57 merci.
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Le 30 mai à 20h19
par Deletraz suzanne
» Demande de documentation
Mme deletraz suzanne la rassetaz bat:A, 290 rue de la poste 74300 thyez 06.33.85.73.48
objet : Demande de documentations
bonjour madame, monsieur
je soussignée madame deletraz suzanne, habitant à la rassetaz bat:A, 290 rue de la poste 74300 thyez.
je vous écrit cette Email, car je suis à la recherche d’un lycée dans la coiffure pour l’année prochaine. En septembre 2011. c’est pour cela, que je vous demande des information et des documents sur votre établissement, qui pourra me permettre de bien choisir le lycée qui me convient. pour réussir dans mes projets d’avenir.
En attente d’une réponse favorable. je vous pris d’agréer Madame, Monsieur, mes respectueuses salutation les sincères.
Deletraz suzanne
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Le 4 mai à 11h55
par anonyme (78.228.237.55)
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
je ne parviens pas à trouver une liste détaillée des document nécessaires à une demande d’inscription dans ce lycée ; pourriez vous me renseigner ? merci d’avance
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Le 26 mars à 16h08
par lemzo
» demande de pres inscription
j ai mon DTS en administration reseaux je voudrais continuer mes etudes en france mon pays de reference.
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Le 4 mars à 12h07
par Edie Veyrat
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
Bonjour, Me voilà face à votre rapport. Je suis toujours heureuse de voir que les problèmes sont soulevés car au moins "on en parle". Mais est-il vraiment possible de faire quelque chose ? Je suis une élève de première arts plastiques. Notre classe à élaborée des projets pour l’Espace Fauré qui est aujourd’hui une salle attribuée aux élèves mais qui est mal conçue et vraiment dégradée. Seulement esce-que notre travail va etre pris en compte ou même regardé ? Je n’ais pas la réponse et je la demande sans cesse ... A qui dois-je m’adresser ? Peut-être à vous, encore une fois je n’en sais rien et cela fait parti des problèmes de communication auxquels nous sommes confrontés. Cordialement, Edie Veyrat.
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Le 24 février à 14h15
par Pauline
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
J’aimerai bien venir dans ce lycée mais le probléme c’est que j’habite a aix-les-bains, Ia t’il un internat ?! Pour rentrer dans l’école faut-il un bon dossier ?!
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Le 15 décembre 2009 à 22h56
par Stéphane
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
A Sophie : la résidence a pris un peu de retard, mais si tout se passe bien elle débutera au cours du premier trimestre 2010. Si vous êtes à Annecy ou dans les Environ, nous serons heureux de vous associer d’une façon ou d’une autre au projet, faites-nous signe directement, vous voulez bien ?
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Le 13 décembre 2009 à 16h31
par Sophie MEGANI
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
belle analyse. comme vous le voyez il y a du travail, et les parents volontaires l’ont bien compris, c’est pourquoi ils s’investissent dans ce lycée, au moins le temps de la scolarité de leurs enfants. Quelle aide peuvent ils apporter, quel regard, ??? Ont-ils vraiment le droit et la possibilité d’agir sur la vie du lycée en pensant au bien être de leurs chers petits et des générations à venir ? la bourse au livre existe grâce à qui ? les compte-rendu des conseils de classe, le soutien quand les profs ne sont pas remplacés, les heures de cours discrètement éliminées ? Si aujourd’hui les élèves pensent que "nous ne servons à rien" à quoi est-ce dû ? ne sont ils pas heureux de trouver là un soutien dans leurs relations avec le lycée ??? autant de questions et peu de réponses. affaire à suivre.
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Le 5 octobre 2009 à 14h57
par lemaire heather
» Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
J’aimerais bien y rentré l’annéé prochaine pour la coiffure . Quelle moyene faut t il avoir pour rentré au Lycéé Gabriel Fauré ???










