Le lycée, entre ultra-consumérisme et citoyenneté
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorieTags: Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences

Nous préparons depuis quelques temps une résidence au sein du lycée Gabriel Fauré, à Annecy (voir ce billet). Nouveau déplacement ce mardi 10 novembre pour revoir le proviseur et ses équipes, vérifier l’intérêt de la Région Rhône Alpes pour cette expérimentation, et approfondir le thème choisi. Voici les notes de Julie Bernard, architecte à Lyon, avec qui je faisais la visite.
Notre première visite en Mars dernier avait permis de saisir les sensations d’un lycée trop exigu, avec de petits espaces mal conçus, et une exploitation non-optimum des lieux. Lors de cette seconde visite, le proviseur nous le répète dès notre arrivée, « on manque de place ». Malgré tout, il ne manque pas de la place pour tout, mais majoritairement pour créer, se rassembler, échanger, communiquer en dehors des heures de cours.
Plus largement, la question posée est celle de la citoyenneté au lycée. Comment le lycée peut-il accompagner chaque individu à devenir un citoyen autonome, responsable et créatif ? Quelles identités pour le lycée Fauré ? La citoyenneté est la valeur que souhaite notamment faire partager la Région Rhône Alpes. Mais comment la faire vivre face à la réalité du terrain ?

La culture citoyenne
« Les lycéens viennent consommer de l’heure de cours » dit rapidement le proviseur. Ils viennent consommer leur 10 de moyenne » précise Emmanuel Delessert. Ce dernier définit la citoyenneté comme étant essentiellement une question de culture. La citoyenneté permet aussi de s’émanciper. Il faudrait que du lycée, sortent des hommes et des femmes « en capacité » ? Comment le lycée favorise-t-il alors le goût pour l’intérêt collectif, et les projets de manière générale ? Et comment se protège-t-il du consumérisme des lycéens d’une part, mais aussi celui des profs et du personnel administratif ?
La citoyenneté
Nous notons pendant cette journée que les mots de la citoyenneté ne sont pas évidents, et qu’ils « ne parlent peut être pas beaucoup ». Comment les rendre lisibles, compréhensibles ? Ne pourrions nous pas inventer une nouvelle représentation de ces mots ?
La continuité
Le lycée Gabriel Fauré, comme tout les autres lycées, voient se succéder les lycéens d’une année sur l’autre. Il semble donc difficile de faire perdurer une énergie. Emmanuel Delessert nous explique que « Tout dépend de l’énergie des profs motivés. L’année où l’on est fatigué, il se passe moins de chose ». Au lycée Fauré, certains projets ont fleuri. Il y a la journée Kulte, fin Avril. Mais « la journée Kulte n’est pas un du », et pour qu’elle continue d’exister, il faut de l’investissement. Il y a aussi la vente des petits pains qui permettent, entre autre, à une classe de financer en parti leur voyage en Pologne. Mais parfois la dynamique s’épuise et là encore il semble que certains lycéens ne saisissent pas la persévérance que cela impose. Se pose alors la question de la pérennité des projets. Comment peuvent-ils être portés sur le long terme, alors même que les lycéens se renouvellent chaque année ?
La responsabilisation
Quelques lycéens agissent. « Ils sont très peu nombreux mais très actifs » nous raconte Emmanuel Delessert. Pour autant, monter un projet sous entend une part de confiance accordé aux lycéens mobilisés, et même aux profs les accompagnant. « Il est difficile d’avoir certaines autorisations ». Les législations ne semblent pas faites pour porter les dynamiques créatives de vie lycéenne. La question de la sécurité (horaires inflexibles, lieux non appropriables…) génère de l’inertie dans les prises de décision. Ces comportements contribuent à plonger le lycée dans un rôle fonctionnaliste, d’accueil des élèves en classe.
Une résidence en préparation pour début 2010
Date est prise pour une résidence sur ces thèmes début 2010, sous réserve de l’octroi d’un budget par le lycée et par la Région Rhône Alpes. D’ici là sont prévus deux journées de pré-visites mi-janvier, et si la résidence est confirmée, elle se déroulera de mars à mai prochain.
2 commentaires
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Le 2 décembre 2009 à 08h48
par Stéphane Vincent
» Le lycée, entre ultra-consumérisme et citoyenneté
Pourriez-vous nous en dire plus, Christian ? Je ne connais pas le projet mené avec les universités d’Ile de France (ni d’ailleurs la CNE : qu’est ce que c’est ?). En Italie, nous avions identifié ce projet mené dans le nord de Rome (http://www.la27eregion.fr/Les-enfan...). La résidence menée à Annecy s’intéressera très probablement à ces questions, et plus généralement au faible engagement des lycéens dans la vie associative, et dans des projets collectifs.
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Le 26 novembre 2009 à 17h54
par Christian Leroy
» Le lycée, entre ultra-consumérisme et citoyenneté
Cette initiative est une occasion de repenser l’instruction civique qui a toujours eu mauvaise presse et n’a plus vraiment droit de cité. Serait-ce l’occasion de mettre en oeuvre des actions de citoyenneté à l’image de ce qui a été réalisé au niveau des universités en Ile de France avec la CNE ? L’Italie a mis cela en place avec succès : des élèves assurent un accompagnement à l’usage de l’informatique pour les seniors sous la houlette de l’asociation Edly Onlus. L’opération motive à la fois les jeunes et les seniors. Ce que font les jeunes est valorisé dans le cadre de leur études (ce qui est aussi le cas pour les étudiants des Universités d’IDF). Notre association serait prête à appuyer les évolutions du contexta administratif avec l’Education Nationale comme cela a été fait au niveau universitaire.










