Social Innovation Exchange, à Lisbonne : Sortir de la crise par l’innovation sociale
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Innovation , social
Un mois après LIFT with FING à Marseille, c’est à Lisbonne que soufflait un vent de résistance : "Recovery through social innovation" (en gros, "L’innovation sociale pour sortir de la crise"), tel était le thème de l’université d’été du Social Innovation Exchange à laquelle nous étions conviés à Lisbonne du 15 au 17 juillet. Aux commandes, la Young Foundation, dont le patron charismatique Geoff Mulgan a pris récemment les rênes pour en faire un "hub" international de l’innovation sociale, et à ses côtés, le British Council, l’association portugaise TESE, ou encore la fondation Calouste Gulbenkian qui accueillait l’événement.

Ceux qui voient dans l’innovation sociale un concept à géométrie variable n’auraient pas été déçus... Sur les 125 invités issus de 24 nationalités, des profils très variés : beaucoup d’entrepreneurs sociaux (et d’incubateurs d’entrepreneurs sociaux), des représentants d’ONG, quelques leveurs de fonds, des structures de micro-crédit, des designers "sociaux", des think-tanks spécialisés, quelques représentants d’agences gouvernementales -mais pas de ville ou d’autre collectivité. On retrouvait la diversité d’approches que décrit bien Hubert Guillaud dans ses trois billets sur l’innovation sociale. Un belle aperçu du dynamisme et de la profusion d’idées qui règne dans ce secteur. L’essentiel de ce qui s’est dit est visible sur le wiki de l’Université d’été, et sur twitter.
Au hasard des présentations et des conversations, voici quelques portraits, quelques initiatives marquantes et quelques idées clés...
Quelques brefs portraits pour se mettre dans l’ambiance
- Tonya Surman est la fondatrice du Social Innovation Center de Toronton, l’un des premiers du genre. Durant la conférence, ses réactions sur Twitter seront suivies et commentées par plus de 500 personnes.
- Won Soon Park est un étonnant designer coréen ; ses "faits d’armes" vont de la lutte anti-corruption, à la création de "l’Hapiness Design Academy" ou de "l’Experience Corps".
- Robin Murray est un vétéran de la cause, économiste spécialisé dans le développement durable, aujourd’hui à la Young Foundation ; on retiendra notamment un utile rappel des outils et méthodes de l’innovation sociale
- Frank Kresin est l’animateur bien connu par la Fing de la Waag Society, laboratoire des technologies appliquées à l’innovation sociale et fervent promoteur des Fab Labs

On pouvait également croiser dans les ateliers plusieurs représentants d’Ashoka, Cassie Robinson de l’agence de design Think Public que nous avions rencontré à Londres, Christian Bason l’animateur du MindLab du ministère danois de l’emploi et de l’économie (j’en ai profité pour l’interviewer), John Thackara (Doors of Perception) venu animer un atelier sur "comment réorganiser la chaîne de production alimentaire à l’échelle d’une région ?". Côté français, Marjorie Jouen, Notre Europe (et membre du conseil d’orientation de la 27e Région) auteur d’une lumineuse intervention sur la crise, et Morgan Poulizac, de l’Agence nouvelle des Solidarités Actives créée par Martin Hirch.
Quelques initiatives marquantes ou originales
Ted Matthews, chef de projet à la branche norvégienne du British Council, est l’un des principaux concepteurs d’un projet international, Creative City. L’objectif : associer les citoyens à l’avenir de leur ville.
Les designers hollandais de Kennisland (en anglais Knowledgeland, le pays de la connaissance) ont inventé le "Wiki loves art" (pendant une journée, le public a le droit de prendre des photos dans tous les musées de Hollande à condition de les publier sur des réseaux sociaux ; 5500 photos publiées sur Flickr dans 50 musées au terme de l’opération), la Kafka brigade pour chasser la bureaucratie (voir l’interview de Joeri Van de Steenhovenque nous avons réalisé), ou encore les Pioneer teachers (des enseignants récompensés pour leurs innovations sociales)
A l’image du SILK dans le comté du Kent en Grande-Bretagne, la Région de Midt, en Hollande, a mis en place un laboratoire de l’innovation sociale, le MidtLab.
Vincenzo Di Maria est chercheur au Design Against Crime Researche Center (University of the Arts London), qui élabore des produits et services susceptibles de limiter ou réduire la criminalité
Ca bouge également du côté des formations : La Hollande et la Norvège peuvent s’enorgueillir d’accueillir toutes deux la Kaos Pilot, école de design et d’innovation sociale. Et à Lisbonne, l’’équivalent du Polytechnico di Milano crée un Design and social innovation degree.
A l’échelle nationale, la Grande-Bretagne pilote un projet comparable à Iniciativa Joven, en région Estremadure : il s’agit du programme gouvernmental Creative Partnerships, visant à stimuler la créativité chez les jeunes anglais.
La Young Foundation fourmille de projets. Citons Healthy Incentives, Active Community Living et Supportmyparent.com, dans le domaine de la santé et du vieillissement ; un programme visant à re-responsabiliser les citoyens à leurs données, Mydex ; de nombreux projets pour stimuler la créativité des habitants, et travailler sur la ville de demain (London Collaborative, Future communities, Neighbourhoods futures, Local government Innovation, etc)

Quelques phrases entendues
Innover de l’intérieur ou de l’extérieur ?
Alors oui, c’est plus facile de l’extérieur du système, disent les entrepreneurs sociaux (comprendre par système, le gouvernement et les administrations)...mais la réalité est qu’une grosse partie de l’innovation sociale est financée directement ou indirectement par la puissance publique (et les fondations, outre-atlantique), et à un certain stade, pour vraiment transformer le système, il faut travailler avec nous ! disent les administrations...
La crise, fossoyeur ou dopant de l’innovation sociale ?
Certains voient dans la crise le risque que les acteurs publics réduisent les marges de manoeuvre et les possibilités, rationalisent (la RGPP, en France), coupent les crédits de l’innovation sociale au profit de formes d’innovations plus spectaculaires et à fort rendement économique, même si court-termistes. Beaucoup d’autres voient dans la crise, au contraire, une formidable occasion de transformer l’innovation, de repenser le système.
Innover, pour ne rien changer ?
Derrière l’innovation se cachent de formidables prétexte pour ne rien changer. Selon des participants, l’initiative anglaise "Reboot Britain" s’est déroulé comme un contre-exemple de l’innovation : comme dans le titre, on a changé de logiciel sans changer le système d’exploitation !
"Spread rather than scale" : disséminer plutôt que passer à l’échelle
L’innovation sociale, ça n’est pas répliquer des solutions toute faites, mais plutôt disséminer, débattre autour des bonnes idées qui améliorent quotidiennement l’existant. La nouvelle pratique, pas la bonne pratique !
Le drame, c’est le "social waste"
Ce qui crève le coeur d’un innovateur social, c’est que les compétences des gens, quels qu’ils soient, ne soient pas utilisées...
"Innovation sociale = des méthodes + des valeurs"
De nombreux ateliers très participatifs étaient organisés tout au long de l’Université, dont une large part était consacrée aux méthodes de l’innovation sociale. Les organisateurs ont profité de l’événement pour lancer un manifeste pro-innovation sociale, et pro-changement, "Fixing the future", en 10 points, résumés brièvement ici : quitter les politiques court-termistes pour travailler sur le plus long terme, encourager l’emploi dans les secteurs prioritaires -santé, environnement, éducation, tourisme, industries créatives-, promouvoir le multi-culturalisme et la créativité locale, investir dans l’innovation, encourager l’entrepreunariat, soutenir les nouvelles infrastructures -haut débit, nouvelles énergies-, garantir la sécurité par la protection sociale, récompenser l’investissement à long terme, mobiliser la créativité des publics, apprendre vite du meilleur de ce qui se fait dans le monde.
Ici, toutes les photos de l’événement sur Flickr.
Interview de Christian Bason, du MindLab
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Innovation , prospective , social
L’innovation sociale préfère généralement cultiver son indépendance vis-à-vis du système... Par conséquent, peu nombreux sont les laboratoires d’innovation sociale "embarqués" au sein même des administrations, des gouvernements ou des collectivités locales. Le SILK (Social Innovation Laboratory of Kent), dirigé par Sophia Parker au sein du Comté du Kent, est l’un d’eux. A l’échelle gouvernementale, nous avions déjà identifié le MindLab, une cellule d’une quinzaine de personnes placée au sein même du ministère de l’emploi, de l’économie et des impôts danois. Je rencontrai pour la première fois Christian Bason, qui le dirige depuis 7 ans, au Social Innovation Exchange organisé par la Young Foundation à Lisbonne. Comme le SILK, le MindLab mobilise le "social design" pour améliorer des dispositifs et des services publics, mais il est également actif en termes de prospective. Je voulais l’interroger à ce sujet.

L’expression "friendly-government"revient souvent dans les publications du MindLab. Faut-il vraiment qu’un gouvernement soit "amical" ?
L’idée du "gouvernement amical" renvoie à l’idée d’un gouvernement qui serait capable de penser l’utilisateur en termes d’empathie, de collaboration, d’équité. C’est l’idée d’une relation mature, totalement renouvelée avec les gens, les utilisateurs, les administrés. Mais pour être franc, je sors tout juste d’un atelier dans lequel nous venons de faire évoluer cette notion... Je dois moi-même admettre que l’amitié n’est pas le sentiment premier lorsque le gouvernement me demande de payer mes impôts ou d’obéir à la police ! Obtenir le "meaningful government" [un gouvernement sensé, ou de bon sens ?] serait déjà une vraie victoire... si j’oublie de remplir une ligne de formulaire ou de joindre un document, je dois pouvoir m’attendre à une réaction moins obtue de la part d’une administration.
Le MindLab associe les agents à des démarches de prospective -notamment à l’approche dite de "backcasting". De quoi s’agit-il au juste ?
Dans les méthodes prospectives habituelles, on pratique le "forecasting" : on prolonge les tendances du passé pour mieux imaginer ce qui pourrait se passer. Au contraire, le backcasting consiste à partir d’un futur souhaité, celui que l’on souhaiterait atteindre. C’est une méthode qui fonctionne assez bien avec les décideurs et les élus, car ils aiment raisonner ainsi. Nous l’avons récemment appliqué à la question de l’investissement responsable dans les "technologies vertes". Sur une journée, nous avons réuni les principaux protagonistes, ceux en mesure d’influer sur la question posée : en premier lieu, des banquiers, des patrons de grandes entreprises, des élus et hauts fonctionnaires, des responsables syndicaux, des experts, des syndicats. L’important était que parmi eux, certains fassent de toute évidence partie de la solution. La première partie de la journée consistait à leur faire décrire une vision "idéale", de façon détaillée : combien faudrait-il investir au minimum pour atteindre l’objectif visé ? ça produirait quoi, concrètement, à la fin ? L’étape suivante consiste à définir, dans le temps, les étapes pour y parvenir : signer un protocole d’accord en 2014, par exemple. A ce stade ils devaient aussi décrire quelle serait leur contribution respective pour atteindre l’objectif visé. L’avantage de cette démarche est qu’elle représente déjà une forme d’engagement réciproque. Au terme de la journée, nous avons ainsi produit un vision commune, nourrie et informée par chacun des protagonistes, et un "blueprint", une ébauche de plan d’action. Les outils et les modes d’animation de cette session sont assez simples : nous étions deux animateurs, nous avions quelques outils pour stimuler le "remue-méninges" et illustrer la vision. Et surtout, la personne responsable de toute cette démarche était de façon explicite le fonctionnaire en charge du projet ; c’est lui qui assurait la direction de la démarche, et le MindLab était à la manoeuvre.
Dans quels cas le backcasting est-il adapté ?
Le backcasting est pertinent lorsqu’il s’agit de lancer une nouvelle politique ambitieuse, sur laquelle de nouveaux moyens sont programmés. Mais il nous arrive d’utiliser le forecasting sur certains projets. Récemment, ce fut le cas sur le "futur de l’économie créative". Nous utilisons alors des méthodes classiques de "scenario planning", inspirée des méthodes de Shell, dans les années 60. On suppose alors que le futur est trop incertain, mais qu’il y a des forces connues en jeu. On produit alors plusieurs scénarios.
Le MindLab met actuellement en oeuvre des méthodes pour créer plus de transversalité entre les ministères. Quelles sont ces méthodes ?
Pour parvenir à faire travailler des directions ou des ministères qui se sentent souvent en compétition, la clé est de faire oublier "qui est qui"... Un exemple : nous organisions un atelier auquel étaient associés, entre autres, une direction du changement climatique, une autre sur les sciences et les technologies. L’idée était tout d’abord de les réunir dans un endroit neutre -en l’occurrence le MindLab. Ensuite, l’objectif consistait à ce que chacun puisse contribuer sans jamais savoir de qui venait la proposition. Chacun disposait d’un ordinateur, et nous utilisions un logiciel en ligne appelé "Think tank" [voir la démo de l’éditeur Groupsystems sur Youtube], qui permet à chacun de s’exprimer anonymement, mais aussi de classer, produire des commentaires et d’étoffer les contributions des autres. Les contributions sont projetées à l’écran. Le temps d’un atelier, nous avions ainsi recréé au sein d’un groupe les principes d’un blog participatif : c’est la qualité des contributions qui est valorisée, pas le statut ni l’identité de ceux qui en sont à l’origine.
Kafka dépoussière les administrations hollandaises
Billet publié par Stéphane VincentTags: admninistration , Citoyenneté , Créativité , Innovation , social
Interview d’une minute ou presque de Joeri Van de Steenhoven, de l’agence Kennisland (en anglais Knowledgeland), à propos de la "Brigade Kafka", un opération commando visant à chasser la bureaucratie au sein des administrations ! Un entretien réalisé à Lisbonne, durant notre participation au Social Innovation Exchange.
La Corse et le "pouvoir des foules"
Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie 27e RégionTags: corse , Territoires en résidences

Qui se souvient que jusqu’en 70, la Corse était rattachée à Provence Alpes Côte d’Azur ? C’est ensuite en 91, que la Corse a acquis le statut de "collectivité territoriale de la République", lui allouant plus de pouvoir que celui de Région.
A l’invitation d’Eric Ferrari, directeur de la MITIC (la MIssion des Technologie de l’lnformation pour la Corse) j’ai passé deux jours sur l’Île de Beauté, pour un séjour très studieux.

Jeudi matin, j’animais une discussion autour du film Us Now, (qu’on ne présente plus…) dans le cadre de la "Route des territoires". Un premier exercice intéressant, mais pas facile. Etaient présents beaucoup (trop ?) d’intervenants représentant les entreprises, l’université, les collectivités locales, la caisse des dépôts… avec des intérêts aussi divers que le web 2.0, la participation dans l’action publique, ou les problématiques d’infrastructures. Le grand écart était flagrant, mais la discussion d’autant plus riche.

Je retiens surtout la pertinence encore une fois des questions posées par Ivo Gormley dans son film. Les acteurs n’étaient pas tous prêts à envisager ce virage participatif, mais même les réticents n’étaient pas insensibles à ces questions. La démocratie grecque a été invoquée, comme premier lieu historique de cette participation. La nécessité d’ancrer ces usages dans une participation dans le monde physique. Quand à moi j’essayais de rebondir aux mieux sur ces différentes présentation un peu figées.
Quelques exemples locaux ont pu être présentés comme le site de la communauté de commune d’Ajaccio qui se met tranquillement à des usages souples, en publiant ses diaporamas sur slideshare ou ses publications sur Caméléo… ou encore le site de"corsica diaspora" qui essaie de fédérer les acteurs corses, à l’intérieur et à l’extérieur de l’île, autour de différents projets.
Enfin je retiens la leçon : une table ronde sur une estrade après ce film sur la participation, "ça fait un peu mauvais genre". j’aurai dû plus insister auprès des organisateurs pour donner la parole à la salle en premier…

J’ai passé la journée du vendredi au sein de la MITIC. Les discussions avec Eric Ferrari et Jean Marc Devismes ont permis d’imaginer quelques résidences possibles autour de 3 sujets :
- Le CREPS de Corse, Centre Régionale d’Education Physique et Sportive, est une structure qui va être décentralisée en 2009, et dont la gestion va être désormais assurée par la Collectivité Territoriale de Corse. Comment, dans ce transfert de compétences, imaginer de nouvelles actions ?
- L’Université, après la rencontre avec Jacques Vautier qui était dans le tour de table de la veille, nous pourrions construire une résidence àl’Universita, di Corsica, Pasquale Paoli.
- Enfin le lycée reste une possibilité intéressante. Reste à définir lequel serait prêt à nous accueillir.

Nous allons organiser avec Eric Ferrari, deux jours de visites dans ces différents lieux à la rentrée. D’ici là je tire déjà quelques leçons en prévision de ces résidences : On le savait déjà, mais la Corse est un territoire dont la somme des spécificités en fait un territoire d’expérimentation très particulier. Les problématiques insulaires, rurales, d’appartenances sont ici plus fortes qu’ailleurs, et la préparation avec les résidents et les lieux d’accueil devra être d’autant plus importante. La résidence corse ne pourra démarrer probablement que début 2010, mais il faut dès à présent préparer le terrain et trouver les "relais" sur place pour nous aider dans la préparation de cette immersion. Pour le reste, l’hospitalité corse légendaire, que j’ai pu apprécié lors de ce séjour facilitera probablement cette construction.
La Doua, une ville-université
Billet publié par Stéphane VincentTags: Emploi , enseignement supérieur , recherche , Rhône Alpes , social , Territoires en résidences , université
Bien que l’enseignement supérieur ne soit pas une compétence des Régions, toutes s’impliquent fortement dans les universités. Elle soutiennent leurs projets à travers des contrats pluriannuels, et participent à la construction et à la rénovation des bâtiments universitaires et des logements étudiants. C’est notamment le cas de la Région Rhône Alpes et de l’Université de Lyon 1.
Julie Bernard, architecte lyonnaise et moi-même étions conviés le 3 juillet à visiter la Doua, le campus principal de Lyon 1, en vue d’un projet de résidence, dans le cadre du programme "Territoires en Résidences". Nous étions invités et accompagnés par Nicolas Coltice, directeur de l’iCAP (Innovation, Conception et Accompagnement pour la Pédagogie), avec qui nous envisageons une résidence depuis quelques semaines. L’iCAP est un service composé d’une trentaine de personnes, a pour objectif l’amélioration de l’enseignement et l’innovation pédagogique. L’iCAP a également en charge l’animation du service SPIRAL (Serveur pédagogique interactif de ressources d’apprentissage de Lyon 1). Une sélection de photos prises par Julie est sur Flickr, mais l’Université de Lyon 1 propose également une photothèque en ligne où l’on peut voir la Doua.
La Doua est un campus ouvert, immense, une véritable ville, avec ses codes, où chaque bâtiment porte le nom d’un génie des sciences et des grandes découvertes : Pascal, Carnot, Pasteur ou Vernes. Mais on retient d’abord les appellations maison, tel le déambulatoire, long hall qui traverse l’un des bâtiments. Sous la chaleur de juillet, la visite est passionnante mais l’on devine qu’elle ne suffira pas pour toucher du doigt les innombrables perceptions que doivent en avoir les nombreux habitants des lieux : dans un espace aussi vaste, on se dit que chaque étudiant, chercheur, enseignant ou agent doit nécessairement emprunter son propre itinéraire et posséder sa vision des lieux, irréductible à une vision unique.
Parmi les thèmes d’exploration envisagés : la vie du nouvel arrivant à la Doua ; c’est quoi, être citoyen dans une fac ? ; le développement durable "du quotidien" ; ma vie numérique à l’université ; comment redonner goût aux sciences ? ; ou encore, trouver du boulot après la fac... Rendez-vous à la rentrée pour la suite, avec une résidence qui pourrait débuter à l’hiver 2009.
Le rapport d’étonnement de Julie Bernard :
Visite de l’Université de Paris VIII
Billet publié par Stéphane VincentTags: enseignement supérieur , Ile-de-France , Territoires en résidences , université
Ce 1er juillet, sur une suggestion de Sophie Pène, rencontre du président de l’Université de Paris 8, Pascal Binczak, à Saint-Denis, en vue d’une éventuelle résidence. Nous y sommes également accueillis par Violaine Roussel, maître de conférence en sociologie politique.
Pour une présentation complète de cette université, autrefois connue comme "Université de Vincennes", voir l’article de Wikipédia.
L’université de Paris 8, dont l’entrée principale est au pied du terminus du métro, est l’une de celles qui concentre le plus de population : 3,9 m2 par étudiant, d’après Pascal Binczak, contre une moyenne nationale de 9,9 m2. 157 nationalités s’y retrouvent. En fin d’année, il est question que Paris 8 fasse l’acquisition d’un nouveau bâtiment au coeur de Saint-Denis. L’organisation des bâtiments actuels va sans doute être repensée, notamment celle du bâtiment B2, sur laquelle pourrait, par exemple, porter la résidence. A noter la question du handicap, perçue comme importante par le direction.
A suivre, donc... rendez-vous est pris pour la rentrée, avec un lancement possible de la résidence en fin d’année.
Lancement de la Résidence "La Ruche" aux été TIC.
Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie 27e RégionTags: Bretagne , Territoires en résidences

Ce jeudi je participais aux été TIC à Rennes, avec Richard Delogu et Charles Nepote pour parler de l’identité numérique. Charles, avec le programme "identité active" de la Fing était beaucoup plus légitime que moi pour parler de ce sujet, mais j’ai profité de cette tribune pour faire un appel aux contributeurs qui pourraient avoir envie de rencontrer l’équipe lors de la résidence de la semaine prochaine à la maison des associations.
Nous intervenions avec Olivier Heen, chercheur à l’Inria, qui a posé les bases des paradoxes des identités numériques. Charles a, quant à lui, parlé des recherches qu’il mène à la Fing. Pour ma part, j’ai pu présenter rapidement quelle était notre façon de travailler sur ces questions à travers "Territoires en Résidences", non pas en remplacement des recherches de Charles ou d’Olivier, mais avec un autre type d’approche, complémentaire. Après avoir présenté la méthodologie, j’ai évoqué quelques "insights" (traduisez par "Paroles entendues, réappropriées pour faire des projets" que nous avons collecté, ça et là à travers notre approche.
Je vous en soumets quelques uns :
Jacques P., directeur d’un centre de formation "avant de recruter mon chargé de mission, j’ai entré le nom d’un des candidats dans google. J’ai trouvé des photos de lui en privé, et je ne l’ai pas pris."
Céline M., professeur à la Fac : "Dans quelques temps, je pars à la retraite, je vais perdre mon blog professionnel, mon adresse e-mail et tous mes contacts qui allaient avec. Comment organiser la migration de mon identité numérique professionnelle ?"
Jonathan U. étudiant en commerce : "Mon identité numérique, passe aussi par mon répondeur téléphonique. J’ai compris un peu tard que mon message était trop "wired" et avait fait peur à certains contacts professionnels".
Nathan L. blogueur : "Mais oui, tout le monde sait qui je suis, et tout ce que je fais, et alors ?"

Loin d’avoir la rigueur d’une démarche scientifique, cette représentation est simplement un moyen permettant de "personnaliser" la réflexion en l’encrant dans des expériences vécues. La résidence à Rennes ne portera peut être pas uniquement sur ces questions d’identité numérique, mais comme le dit Richard Delogu, directeur de l’association Bug : "La Ruche est un réseau social où, si vous avez un problème avec des informations vous concernant, vous appelez Bug, et ils rectifient vos données. ce qui permet à chacun de garder la maîtrise de l’information". Un terreau forcément riche pour aborder ces questions là à travers notre expérimentation…














