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mai 30 2009

les 6 vidéos de "ma vie de ch’ti en 2040"

Billet publié par Romain Thévenet
Tags: Nord Pas de Calais , prospective , technologies de l’information , Vie quotidienne

Voici les 6 vidéos que nous avons produit pour la direction prospective du Nord-Pas de Calais

Scénario 1 : Maya, lycéenne à Tourcoing

Scénario 2 : Arnault, conducteur de D.E.R. à Arras

Scénario 3 : Oscar, Marin-cultivateur à Dunkerk

Scénario 4 : Léa, Retraitée à Maubeuge

Scénario 5 : Florian, Technicien Paysan à Lomme

Scénario 6 : Artoka, chef de projet à Roubaix

mai 29 2009

Avant-première du film UsNow le 22 juin

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Citoyenneté , Politique publique , Web2.0

ATTENTION, COMPLET AU 19 JUIN

"Plus qu’un documentaire sur le web 2.0, UsNow est surtout une réflexion sur la confiance qui s’instaure entre les internautes, et comment celle-ci transforme les relations entre le gens. Un film qui regarde la collaboration de masse non pas sous l’angle d’une simple participation agrégative, mais sous celle de collaborations profondes et transformatives. Tiens, le web 2.0 n’est toujours pas mort !"

Hubert Guillaud, InternetActu

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A l’invitation de la 27e Région, Ivo Gormley, vidéaste et anthropologue, présentera son film UsNow en avant-première parisienne le 22 juin à 17h à l’Assemblée Nationale (Inscription en ligne préalable indispensable avant le 19 juin)

Aidez-nous à co-traduire la version française d’UsNow en réseau !

Retrouvez-nous sur le site de traduction collaborative de sous-titres Dotsub pour terminer le sous-titrage d’UsNow avant le 22 juin !

Communiqué

mai 28 2009

Royaume Uni : le design du retour à l’emploi par Live work

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: capacitation , Design , Emploi , Europe , Innovation

Du chômage au marché du travail, il peut y avoir de nombreuses embuches : l’alcool, la présence d’une personne handicapée dans la famille, des problèmes conjugaux… Quand ces spécificités disparaissent sous les statistiques et les « cas moyens », les politiques publiques ont peu de chances d’être efficaces. C’est l’analyse de Live Work, une agence de design londonienne qui travaille pour le secteur public et le secteur privé, dans les domaines du transport, de la santé, du développement économique. L’agence a reçu la 27e région au cours de son voyage d’étude sur l’innovation sociale au Royaume-Uni. Ils nous ont exposé leur méthode : observer des cas réels, puis, sur cette base, dessiner des trajectoires d’individus, étape par étape, pour ensuite, proposer des services co-designés avec leurs utilisateurs, en réorganisant les services existants.

L’individu en première ligne

En 2007, un an durant, l’agence a travaillé avec la ville de Sunderland, au nord de l’Angleterre, où sévit un fort chômage. Sur les 37 000 demandeurs d’emplois que compte la ville, 5000 seulement cherchent activement de travail. L’objectif consistait donc à les rapprocher du marché du travail. Première étape, « nous avons travaillé avec les gens, pour comprendre leurs expériences. Nous ne voyons pas plus de quinze personnes. A partir de leur vécu, nous retraçons les étapes qu’ils doivent franchir pour pouvoir avoir une démarche vers l’emploi » explique Daniel Letts, consultant à l’agence. Exemple : améliorer la santé et remotiver une personne droguée. Le processus mixe entretiens et observations sur le terrain pour générer une véritable « cartographie » du parcours, qui permet à l’équipe de générer des idées de service.

Des services redesignés

L’agence travaille aussi avec les organismes qui gravitent autour des questions de l’emploi et, plus généralement, de l’insertion, la santé ou la drogue. « Nous avons observé qu’il existait plusieurs structures qui fournissaient des services, mais de manière non connectée, non compréhensibles pour les utilisateurs. » commente Daniel Letts. L’agence a donc organisé 5 événements avec ces services pour faire en sorte que les différentes étapes du parcours soient reliées, sur la base de documents qui « matérialisent » les parcours des individus. « Cela n’implique pas de grands moyens technologiques, c’est surtout du management entre les différentes structures qui doivent se coordonner » conclut Daniel Letts. Au terme du processus, l’équipe a proposé un modèle de fonctionnement, avec des spécifications sur la manière de l’implémenter et de le faire durer. Le projet a couté 250 000 livres. Au terme de l’année test, sur les 1370 personnes suivies, 276 ont retrouvé un emploi. Une opération rentable, au regard du coût économique et social d’un demandeur d’emploi, estime l’agence. Le programme devrait normalement être reconduit sur trois ans.

mai 28 2009

Les malades d’Alzheimer ouvrent les portes de l’espace public, avec Think Public

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: capacitation , Innovation , Santé

Mettre au point des services publics avec les usagers concernés : c’est l’un des principes fondamentaux de l’innovation sociale.Think Public, agence londonienne de design de services publiques, l’a suivi jusqu’au bout : elle l’a appliqué avec des personnes atteintes de démence (perte de mémoire, confusion, problèmes de compréhension.. ), symptômes souvent lié à la maladie d’ Alzheimer. L’équipe de l’agence a exposé ce projet à la 27e Région, venue faire un voyage d’études sur l’innovation sociale au Royaume-Uni. C’est « The Alzheimer’s Society », une association qui tente d’améliorer la vie des personnes atteintes de cette maladie et de leurs proches, qui a demandé à l’agence de trouver des idées pour améliorer le quotidien des malades, en 2007.

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Une chasse aux histoires autogérée

Première étape : L’équipe de Think public a commencé par une série d’entretiens avec des personnes de l’association pour mieux comprendre la maladie. Exemple, ils ont passé une journée avec un membre de l’association, pour regarder comment il planifie les activités et les événements avec les malades, sa façon de travailler avec eux. Exemples : par le chant, le récit, ou l’organisation d’évènements. Seconde étape : pour recueillir des récits de vie qui permettent d’identifier les voies d’amélioration, l’agence a développé un kit reportage (matériel photo, vidéo…) pour que l’entourage proche des malades, ou les malades eux mêmes puissent effectuer des interviews. Une journée de partage a permis à chacun de s’approprier la technique. Des consultants de l’agence ont rencontré eux même des familles victimes de la maladie. Un site internet a également été créé pour élargir la participation. Et un documentaire de 18 minutes a été notamment produit. En parallèle, l’équipe de l’agence s’est également rapprochée de la multitude des structures qui s’occupent de ces malades, des services de santé aux services sociaux. L’agence a dressé une cartographie des services, sur laquelle figure plus de 80 services, mettant en lumière la complexité de la situation face à laquelle se trouvent les malades et leurs accompagnants.

Un regard radicalement différent

Au final, l’agence a organisé une journée de « co design », où la parole des experts, malades et proches des malades était sur le même plan. Le but : produire des idées à mettre en place, sur la base d’une liste de sujets comme la prise de conscience de la maladie, l’accompagnement dans les première étapes, la situation des proches, la fin de vie…. Les participants indiquaient le thème sur lequel ils voulaient travailler en lançant un ballon bleu. Exemple de proposition issue de cette réunion : des « jardins d’errance », où les malades pourraient se promener de façon sure, et sans angoisse. Autre exemple : l’organisation de l’accessibilité de certains espaces publics à ces malades et à leurs proches, car l’un des problèmes majeur repéré est l’isolement social qui découle de la maladie. Si les résultats de cette démarche ne sont que ponctuellement appliqués, la méthode en elle même modifie radicalement le regard des parties prenantes sur le statut de malade, de proche du malade, et sur le rôle des services publics.

mai 24 2009

La 27e région organise le marathon londonien de l’innovation sociale

Billet publié par Anne Daubrée dans la catégorie 27e Région
Tags: Design , Innovation , social

C’est un véritable marathon de l’innovation sociale que nous avons mené à Londres, du 11 au 13 mai. Pour son premier voyage d’études, la 27e région, aidée de User Studio pour l’organisation du séjour, est partie à la rencontre des innovateurs sociaux britanniques. Objectif : découvrir principes et techniques novatrices de politique publique, pour nourrir nos propres réflexions. Lundi matin : Tout le monde se retrouve sur le quai de l’Eurostar, à Paris : avec nous, des représentants du Limousin, du Nord-Pas-de-Calais, de la Bourgogne, d’Aquitaine et Champagne Ardennes et aussi des membres de la Fing et d’une représentante d’Orange Lab et une étudiante de l’ École Nationale Supérieure de Création Industrielle. En tout, une vingtaine de personnes. 7h43, le train démarre, on se réveille en consultant le programme – dense - des trois jours à venir : treize rencontres avec les acteurs de l’innovation sociale. Le programme complet est ici.

Un accueil chaleureux

A Londres, c’est tout d’abord Catherine Fieschi, de Counterpoint, le think tank du British Council, organisme de "diplomatie culturelle » indépendant, et qui nous avait aidé à préparer ce voyage, qui nous accueille chaleureusement. Elle nous dresse un panorama de l’innovation sociale au Royaume –Uni : Après dix ans de Tatchérisme et de privatisation de services public, un gouvernement Blair qui a tenté de remettre en état les infrastructures publiques, Gordon Brown a initié un nouveau tournant, en 2001, donnant plus de moyens aux agences indépendantes. C’est l’avènement de l’innovation sociale, avec l’expérimentation de nouvelles méthodes pour répondre aux besoins sociaux.

Toutes les agences qui les pratiquent partagent des grands principes, comme la participation des individus à la définition des services qui les concernent, la nécessité d’avoir une démarche de design de service, et la conviction que les personnes doivent être « mis en capacité », rendus maitres de leurs décisions et acteurs dans leurs relations avec les organismes publics. Chacun nous exposera les détails de sa méthode, au fur et à mesure des rencontres. Sophie Parker nous parle de l’un des projets les plus aboutis, le Silk, laboratoire de politiques publiques qu’elle a fondé pour le comté du Kent, et qui attirait notre intérêt depuis longtemps. Direction ensuite le Design Council, agence nationale du design, chargé des sa promotion dans le domaine des services. Nous y apprendrons notamment qu’après l’opération DOTT07 (Design of the times 2007) organisé dans la Région du North East England, et qui avait un peu inspiré notre travail sur Territoires en Résidences, un DOTT09 est en préparation dans la Région des Cournouailles.

La mécanique de l’innovation au scalpel

Mardi et mercredi, nous rencontrons plusieurs de ces agences (sociétés privées, ou organismes à but non lucratif) et think thank qui pratiquent l’innovation sociale, comme Participle, Think public, Live work, Engine design service, ou encore In control et la Young Generation.

Le contact avec les équipes est toujours chaleureux. Elles décortiquent leurs projets, pour nous expliquer leurs méthodes. Certaines nous reçoivent dans leurs locaux : espaces de travail informel, touches d’humour et de créativité avec Playmobils à l’entrée, en guise en hôtesses d’accueil chez Engine Design service, et nounours déguisé en Bobbie chez Think public. Mais surtout, au mur, des photos de groupes de personnes entrain de discuter, de travailler ensemble. Envolée de ballons bleus, par exemple, sur les photos de Think public. Ce sont des « ballons de vote » lancés par des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. L’équipe de l’agence nous explique , comment elle a travaillé avec eux pour élaborer des services les concernant. Engine design service nous raconte, elle, comment elle a travaillé avec des agents de maisons de services publics, pour améliorer le fonctionnement de ces institutions. Live Work nous parlera de l’importance d’une approche par des cas individuels et de l’apport du design, dans son projet d’accompagnement des chômeurs très désocialisés vers une recherche d’emploi. Engine Design Service reviendra sur les suites données au projet "Our New School", dans lequel toute la communauté locale avait été associée à l’avenir du collège de la ville de Walker -voir l’interview que nous avons réalisée de Steve Lee, ci-après.

Rencontres à suivre

Geoff Mulgan, de la Young Generation, un think thank historique sur le sujet, ou Charles Leadbeater, pour l’agence Participle, nous ont eux plutôt livré leur analyse de ce qu’est l’innovation sociale, des conditions de la réussite des projets (par exemple, savoir faire le lien entre les autorités, qui peuvent initier des projets, et ceux qui ont la volonté de les porter, sur le terrain) et de leur diffusion : comment faire pour que l’innovation sociale devienne un projet politique global ? Des questions dont ils discutent aussi, car c’est loin d’être le cas aujourd’hui, même au Royaume-Uni. De fait, nos interlocuteurs étaient aussi très curieux de savoir ce qui se passait en France aussi, et avides de comparaison. Rencontrer des personnes, dont certaines étaient porteuses de projets que nous suivions déjà, comme le Social innovation camp et tisser des liens qui nous permettront de continuer à échanger de façon fructueuse. C’est l ‘un des grands apport de ces rencontres. Geoff Mulgan, par exemple, nous a signalé une rencontre internationale des innovateurs sociaux, qui se tiendra à Lisbonne en décembre prochain. Après quoi, nous sommes repartis au pas de course, direction la gare. Avec en tête, de nouveaux questionnements et de nouvelles idées.

Charles Leadbeater, comparant eBay à l’organisation des services publics...

En marge du voyage

* UsNow, un film d’un ethocinéaste, Ivo Gormley, était projeté en public, le 12 mai. Se basant sur différentes histoires comme celle d’un étudiant qui part voyager chez des inconnus rencontrés via internet, ou d’une équipe de foot gérée par des Internautes, ce film explore toutes les potentialités positives issues du développement de nouvelles relations entre les individus sur Internet. Avec un pari volontairement optimiste : celui d’une société de la confiance, dont le film analyse finement les mécanismes. Et une question : quelles évolutions pour nos démocraties ? Les hommes politiques interviewés dans le film sont bien en peine d’y répondre. La 27e région prévoit de projeter le film, le 9 juin, à Paris.

** Le Cabinet office, un service support du gouvernement, sur les processus publics, avait invité la 27e région à participer à une journée de réflexion sur la réforme des services publics. Le 14 mai, nous y avons rencontré le quasi homologue de la 27e région, le service design authority , rattaché au cabinet office.

La liste complète des participants . Francine BAVAY, vice-présidente , Région Ile-de-France , Claire BERNARD, Directrice des études , Association des Régions de France Sylvie DEPRAETERE, Assistante auprès de la délégation du SRADT , Région Nord-Pas de Calais Hubert GUILLAUD, Rédacteur en Chef , Internet Actu Pierre-Jean LORENS, Directeur développement durable, prospective, évaluation , Région Nord-Pas de Calais Thierry MARCOU, Chef de projet "Villes 2.0" , Fondation Internet Nouvelle Génération Matthew MARINO, Designer , UserStudio Muriel MARTIN-DUPRAY, Directrice générale adjointe , Région Champagne-Ardenne Sylvie CHAPPELET, Chargée de mission Économie Sociale et Solidaire , Région Limousin Céline COLUCCI , Lyons-Infocités Anne DAUBRÉE, Veille , la 27e Région Christian PAUL, Vice-Président , Région Bourgogne Denis PELLERIN, Designer , UserStudio Bertrand RIGAL, Chargé de mission TIC Région Champagne-Ardenne Carole-Anne RIVIÈRE, Chef de projet "Plus longue la vie" , Fondation Internet Nouvelle Génération Romain THÉVENET, Chargé de mission design de services , La 27e Région Sophie TROUILLET, Développement culturel , Grand Projet des Villes Bassens - Cenon - Floirac - Lormont Stéphane VINCENT, Directeur de projet , la 27e Région Mathilde SARRÉ-CHARRIER, Responsable de l’Objet Recherhce Futurology , Orange Labs Charlotte RAUTUREAU, Responsable Europe, la 27e Région Laura PANDELLE, étudiante , École Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) - les Ateliers

mai 21 2009

La prospective est-elle un exercice populaire ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Nord Pas de Calais , prospective , transport

C’est ce que l’on a envie de croire, en tout cas, lorsque que l’on voit la presse gratuite s’intéresser à l’expérience de prospective que nous avons mené avec le Collège de prospective de la Région Nord-Pas de Calais... en prenant le métro le 11 mai au matin, les habitants de Lille et de la région ont fait connaissance avec Arnault, pilote de Dirigeable Express Régional, ou Léa, mami ch’ti centenaire en 2039. Même France 3 Nord-Pas de Calais va diffuser un reportage complet dans son JT prochainement [C’est fait, on peut le voir ici]. Tiens, et si parler de l’avenir intéressait les gens ?

mise à jour 26 mai 2009 par Romain Thévenet

Voici l’article au complet :

mai 21 2009

Première conférence sur Second Life

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Italie , SecondLife , virtuel

Il fallait bien que ça arrive un jour... en attendant d’y élire domicile (nous n’y couperons pas, c’est évident), nous nous sommes un peu dégourdis les jambes sur Second Life à l’occasion d’une invitation lancée par Alberto Cottica, l’animateur du réseau italien Kublai, dont nous avions déjà parlé ici, nous demandant de présenter la 27e Région devant une douzaine de ses membres.

Grâce à Anne Daubrée aux commandes et à ses talents d’interprète (je ne parle pas un mot d’italien, et ma dernière incursion dans SL date d’il y a bien 1 an...), je me suis laissé surprendre par la qualité de la session, et le vrai protocole qui présidait à la réunion -l’avatar d’Alberto, qui se lève pour dire un mot en ouverture, moi qui ne sait pas si je dois parler assis ou debout, l’invitation à terminer la soirée dans le bar virtuel de Kublai - "on ne peut pas refuser, ça ne se fait pas !".

Un échange très intéressant, qui témoigne aussi de l’originalité de Kublai, communauté locale portée à titre expérimental par le ministère de l’économie italien. Jean-François Lucas, du Métalab3D était de passage, bel avatar extra-terrestre parfaitement à l’aise dans l’univers que son labo jardine et explore toute l’année, ainsi que Denis Pansu, responsable du Carrefour des Possibles à la Fing.

Bref, on ne voit pas bien comment la 27e Région pourrait encore longtemps se tenir absente de Second Life... toutes les idées et suggestions sont les bienvenues !

mai 18 2009

Rencontre avec la Cité du design

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Divers
Tags: Créativité , Design , Innovation , Rhône Alpes

Mardi 28 avril, de passage à St Etienne, j’en ai profité pour rencontrer les acteurs de la recherche en design au sein de la Cité du design à St Etienne.

Nous avons eu une riche discussion sur les possibilités de collaborations qui s’ouvraient à nous. Etaient présentes : Marie Haude Caraës, directrice de la recherche à la Cité, Caroline Goux, Camille Villain et Blandine Favier. Nous ont rejoint également Fanny Herbert et Julie Bernard, deux des résidentes pressenties pour la résidence au lycée Gabriel Fauré à Annecy.

des point communs

Ce qui nous a frappé d’abord a été la complémentarité de nos méthodes de recherche.

_Comme nous, la Cité du design organise des expériences de terrain dans différents programmes qu’elle met en place. Le projet "précarité énergétique" par exemple associe des binômes sociologue / designer ou architecte pour travailler en immersion au sein de différents foyers, et étudier les usages que les habitants font de l’énergie. Fanny Herbert intervient dans ce projet. Le programme se fait en trois temps qui durent d’une heure à une journée, répartis sur trois saisons afin d’avoir une vision de l’évolution dans le temps de cette consommation énergétique. L’analyse des résultats de cette immersion sera effectuée par la cité du design et différents designers travailleront ensuite sur des propositions de projets à partir de ces analyse. Un autre exemple : un workshop va être organisé dans le centre social "Henry Matisse" à Rive de Giers pour faire travailler en immersion des designers à l’aménagement de nouveaux locaux.

_La Cité met en place des programme de recherche qui recoupent des problématiques qui touchent les sujets que nous traitons. L’équipe de recherche coordonne différents recensement de projets et états des lieux sur des thématiques qui nous intéressent : la question énergétique, par exemple que nous serons probablement amenés à traiter à Poitiers. Une identification des projets de designer ou d’architectes en milieux scolaires est en cours aussi, pour laquelle nous pourrons apporter l’expérience de la résidence à Revin, et dont nous pourrons nous servir pour construire les prochaines résidences en lycées.

_Enfin, la cité coordonne la valorisation de ces travaux avec différentes publications, expositions et formations. Caroline Goux a par exemple proposé une formation autour de la découverte du design auprès de 80 enseignants pendant la Biennale. Ce qui fait naturellement écho au programmes de formation que nous voudrions mettre en œuvre pour les élus et techniciens régionaux.

Des possibilités d’échanges ou d’action commune

D’abord le croisement des expériences et des projets semblent bien sûr pertinents pour nous nourrir les uns les autres de nos travaux respectifs.

Caroline Goux ou Marie Haude Caraës pourrait intervenir dans le cadre des réunions interrésidences, pour nous apporter leur point de vue sur ces expériences, et tout particulièrement sur la résidence à Annecy.

L’idée d’une résidence à la gare de Carnot qui jouxte la Cité du design a également été évoquée rapidement.

_Certains projets conçus par la 27e Région pourraient également être exposés durant la Biennale du design 2010. Le sujet évoqué pour l’instant est la "téléportation". Les réflexions sur la téléprésence que nous menons avec nos collègues de la Fing pourraient s’inscrire dans cette exposition.

_Pourrait-on également aider la cité à transformer leurs expériences en enseignements politiques pour les élus, dans la logique de ce que nous faisons avec les résidences .

_Enfin, et ce n’est pas négligeable, la Cité du design croise et fait intervenir un grand nombre de designers, d’architectes, de sociologues… qui peuvent être des candidats potentiels à nos résidences.

En résumé, de nombreuses possibilités d’échanges et de constructions communes s’ouvrent à nous, dont nous devrions bientôt pouvoir voir le jour. L’idéal pour nous serait désormais de rencontrer l’ARDI à Lyon qui travaille également sur les questions de design en Rhône-Alpes afin de reboucler avec l’action régionale.

mai 17 2009

Quelle place donner à l’innovation sociale dans les politiques régionales ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: bourgogne , Innovation , social , solidarité

Marjorie Jouen (Notre Europe) et moi co-animions un atelier consacré à l’innovation sociale dans le cadre d’un séminaire organisé par la Région Bourgogne et la Commission européenne, le 15 mai dernier à Chalon sur Saône.

Comme l’ont montré les discussions en plénière et dans l’atelier, le phénomène de l’innovation sociale est encore mal compris par les acteurs publics -même si ceux-ci, comme la Commission européenne, prennent conscience d’un changement profond. Mais la plupart des Schémas Régionaux d’Innovation actuellement en préparation expriment essentiellement des visions technico-économiques de l’innovation. L’innovation sociale y est généralement très peu représentée, comme si elle n’agissait pas comme moteur de l’innovation régionale.

Pourtant, quel est le lien, entre le "pouvoir des foules" sur l’internet, le couchsurfing, les AMAP, l’entreprenariat social, la montée des réseaux sociaux sur internet, les 50 ans d’Adels, les barcamp, les collectifs d’artistes et d’intervention urbaine (le Bruit du Frigo, Didattica, Stalker...), la nouvelle génération de designers sociaux anglo-saxons (John Thackara, François Jégou, Ezio Menzini, le think tank Demos...), ou encore la montée en puissance des "tiers lieux" économiques et sociaux (la Cantine, la Ruche, la Maison ouverte, The Hub...), si ce n’est la rencontre programmée, depuis longtemps, entre des modes d’organisation inédits, résolument organisés autour des gens ? L’acteur public est-il contraint de donner un strapontin à ces mouvements durables, où ne devrait-il pas au contraire les inscrire au coeur de son action, et contribuer à donner une lecture commune de l’ensemble de ces initiatives ?

Pour témoigner de leur engagement en matière d’innovation sociale, nous avons pu débattre dans cet atelier avec :

  • Grégoire Japiot, organisateur du Ruralcamp de Dijon,
  • Frédéric Ménard, directeur de Zutique productions, qui travaille sur la création d’un lieu conçu pour l’accompagnement de musiciens en résidence, la sensibilisation des publics, l’action culturelle dans les quartiers (et organise les 11 et 12 juin à Dijon les Rencontres "Démarche artistique et régénération urbaine")
  • Sylvie Rochard, de l’association Active 71, qui intervient sur un ensemble de communes rurales en déclin démographique net. Elle y accompagne la création d’activités, se démarquant par une nouvelle manière d’« entreprendre ensemble » avec comme valeurs principales la solidarité, la citoyenneté,le droit à l’initiative pour tous (5 salariés et 10 accompagnateurs bénévoles, près de 300 activités installées)
  • Marie Fauvet, du "Pain sur la table", à Cluny : Créée au départ autour d’une poignée de partenaires que sont la MSA 71, un producteur bio, un boulanger bio, quelques particuliers et Marie Fauvet elle-même, la boulangerie réunit aujourd’hui aussi bien des institutionnels que des consommateurs. Tous ont en commun leur attachement au développement de l’agriculture biologique et à l’économie sociale et solidaire. Elle est organisée en SCIC : Société Coopérative d’Intérêt Collectif. II s’agit d’un nouveau statut permettant d’associer aussi bien des producteurs que les salariés de l’entreprise ou des consommateurs.
mai 11 2009

Le Danemark, ou le discours de la méthode... de l’innovation

Billet publié par Anne Daubrée dans la catégorie Modernisation administrative
Tag : Innovation

Un Etat amical (« friendly government ») : au Danemark, c’est ainsi que le Mindlab voit l’Etat de demain. Et les réformes qu’il accompagne en portent la marque. Créée en 2002, cette agence interne à l’Etat, aiguillon à l’innovation, travaille avec trois ministères, celui de l’Emploi, de l’Économie et des Impôts. Avec un principe fondateur «  l’innovation centrée sur l’utilisateur » . Le Mindlab a conçu sa propre méthodologie. « Nous nous sommes basés sur des méthodes américaines d’innovation dans les processus, en les adaptant aux problématiques du secteur public, car notre but n’est pas de gagner de l’argent » précise Christian Bason,Innovation Manager au Mindlab. Intégrer des utilisateurs (entreprises et individus) dans ces processus, suivre une méthodologie rigoureuse, se baser sur une approche qualitative et mobiliser des compétences issues des sciences sociales : tels sont quelques points forts du Mindlab, dont l’équipe, d’une petite dizaine de personnes, est composée d’ ethnologues, designers et spécialistes des sciences politiques.

La chasse aux lourdeurs administratives est ouverte

Exemple : le projet « Chasseurs de fardeau » ou « Burden Hunters » , est destiné à améliorer les relations entre l’administration et les entreprises privées, en faisant la chasse aux lourdeurs administratives et en proposant des initiatives afin de réduire les formalités. Le projet est mené avec les 3 ministères avec lesquelles collabore le Mindlab. Tout d’ abord, l’équipe du Mindlab compile l’information disponible sur le sujet. Puis, il l’affine en définissant une cible d’entreprises, et en répertoriant précisément l’ensemble des mesures et des règlements qui les impactent. Cette première étape permet de faire des hypothèses sur les chantiers d’amélioration des circuits administratifs à venir. Deuxième temps : trois personnes, dont un ethnologue et deux spécialistes de l’administration, passent une demi journée dans 24 entreprises. Elles mélangent observation des pratiques et interviews, suivant un schéma pré établi (personnes à interviewer, questions à poser… ). Les trois premières visites servent à affiner l’approche. Et un document complet est produit à l’issu de chaque visite. Suit une phase d’analyse qualitative du matériau recueilli, avec un logiciel d’analyse qualitative . Une matrice croise alors la liste des lourdeurs administratives auxquelles sont confrontées les entreprises, secteur par secteur, mais également, par les « ressentis » des entrepreneurs (inflexibilité, pas d’obligation réciproque, injustice…. ).. C’est sur cette base qu’a été organisé un workshop, destiné à identifier des solutions, dont l’évaluation est quantifiée. Dernière étape, à venir : soumettre les mesures aux entreprises, pour les affiner. Enfin, il reviendra aux ministères concernés de les mettre en application.

Un Etat « amical » en prospective

Parmi les autres chantiers du Mindlab, un projet pour l’amélioration de l’administration électronique, qui identifie les besoins et les projets des utilisateurs afin de les inciter à utiliser les services mis en place pour eux,, ou encore un autre vise à diminuer les inégalités entre homme et femmes dans le monde du travail. «  90% des projets que nous développons le sont pour le compte des Ministères. Globalement il y a entre dix et quinze projets principaux en cours chaque année. Ils peuvent durer de deux mois, à plus d’un an. Nous disposons d’un budget annuel d’environ un million d’euros environ » explique Christian Bason. Mais, poursuit il, « nous proposons également nos propres projets, par exemple, pour imaginer la future relation au public, dans un exercice de prospective. Pour cela, nous avons fait des interviews avec les citoyens, et étudié leur relation avec l’administration les cent dernières années. C’est ainsi que nous avons développé la notion « d’état amical » attentif au citoyen et à ses besoins ». Pour finir, le Mindlab organise également des workinglab sur l’innovation, comme par exemple celui consacré à l’intervention des artistes dans les politiques publiques, en décembre 2008. Les activités du Mindlab sont en expansion. Né avec le ministère de l’Économie, il collabore depuis 2007 avec deux autres ministères. Un quatrième devrait normalement les rejoindre prochainement .

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