A télécharger : Vers une citoyenneté augmentée, bilan d’une résidence conduite à Rennes
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Créativité , Innovation , Quartier , technologies de l’information , Territoires en résidences
Que faire des réseaux sociaux ? Dans la jungle des Facebook et autres Twitter, y a t-il de la place pour des usages collectifs et sociaux, utiles à la société ? C’était le thème d’une nouvelle résidence conduite avec la Région Bretagne, l’association Bug et en complicité avec la Ville de Rennes. Aux commandes : une équipe constituée de Jacky Foucher, designer, agence créative Grrr, Pierre Cahurel, designer, agence créative Grrr, Catherine Jourdan, artiste, collectif La Glacière, et Margot Lebrin, designer-stagiaire, agence créative Grrr.
Aujourd’hui, environ 1 600 rennais sont inscrits à laruche.org, le réseau social concocté par l’association Bug. Quelle alternative citoyenne est possible, à côté des réseaux sociaux à vocation commerciale et publicitaire ? Après une série d’ateliers, de visites et d’entretiens, l’équipe a proposé que la réflexion s’articule autour de quatre axes : une représentation de la communauté accessible à tous, un contenu à la fois informatif et sensible, un responsable identifié et force de propositions et une présence dans l’espace physique.
Au final, trois expériences ont été tentées. La première concernait l’affichage de la carte de « la Ruche » dans le réel, sur des panneaux urbains et bientôt dans le magazine municipal. La seconde a porté sur le « partage de souvenirs » : avec la complicité des agents municipaux, les premières phrases de récits écrits par les habitants ont été imprimées sur le bitume, dans quelques quartiers ; chacun peut ainsi lire la suite en allant sur le réseau social. Un service de co-voiturage a été également testé et des panneaux d’information plantés aux abords de lieux de stationnement sauvage. Par ailleurs, quatre autres projets ont été maquettés, intitulés respectivement : ma bulle publique, le calendrier commun, le label Ruche et des groupes « vraiment » publics.
Tous les projets menés dans le cadre de Territoires en Résidences peuvent être suivi en temps réels sur ce blog, et donnent lieu à une publication. Notre première résidence menée au Lycée Jean Moulin de Revin a donné lieu à un premier livret, et d’autres sont sur le point d’être publiés.
Demain, les espaces publics numériques
Billet publié par Stéphane VincentTags: Espace public , technologies de l’information
Plus de 15 ans après la création des premiers espaces publics d’accès à internet, ils sont plusieurs milliers à s’être installés, bon an mal an, dans le paysage des équipements devenus indispensables pour les français -avec une fréquentation de 2 millions de personnes rien que dans les 800 lieux labellisés Cyber-Base avec la Caisse des Dépôts.
Alors dans 10, 15 ans, à quoi pourraient-ils ressembler ? A l’invitation de la Caisse des Dépôts et à l’occasion des rencontres Cyber-Base 2009, nous avons tenté de répondre avec 6 scénarios créatifs. Rien de bien sérieux ni de radicalement prospectif, mais l’occasion d’ouvrir la réflexion.
Innovation technologique et erreurs médicales : regard d’un sociologue
Billet publié par Bertrand RigalTags: Innovation , Santé , technologies de l’information
C’est le titre de la conférence du sociologue Ross KOPPEL, professeur à l’université de Pennsylvanie, qui a eu lieu il y a quelques mois à l’Ecole de Paris du management. Il relate le résultat de ses recherches sur les erreurs médicales, menées dans cinq grand hôpitaux américains : comment les TIC (technologies de l’information et de la communication), présentées comme la solution absolue pour résoudre un grand nombre d’erreurs médicales, génèrent elles-même des dysfonctionnements.
Au-delà de l’intérêt sectoriel pratique (et alarmant), sa contribution est particulièrement riche d’enseignement.
Un modèle qui rend mieux compte des interactions TIC-système social
R. KOPPEL part d’un modèle conceptuel courant en sociologie pour comprendre l’impact d’une nouvelle TIC introduite dans un environnement social donné. Ce modèle est basé sur quatre réalités (le système social, la TIC, l’usage effectif de la TIC, et l’infrastructure technique et physique) et trois voies d’interactions entre elles (cf. schéma). R. KOPPEL l’a complété pour prendre en compte deux rétroactions (4 et 5) : d’une part, de l’usage effectif de la TIC vers le système social (l’usage modifie le système social) et, d’autre part, de l’usage effectif de la TIC vers la nouvelle TIC (le retour d’expérience conduit ses concepteurs à en modifier les caractéristiques).

Ainsi de ces cinq interactions peuvent émerger des conséquences inattendues et indésirables, lors de l’introduction d’une nouvelle TIC dans un environnement : notamment des comportements de contournement (pour éviter des contraintes d’usage, une mauvaise ergonomie, l’inadaptation à l’organisation, par ex.) et, au final, des erreurs.
Autrement dit, les résultats d’une innovation technologique dans la santé ne peuvent jamais être complètement déterminés par la technologie. Les interactions socio-techniques sont dynamiques, émergentes, difficiles à comprendre et souvent surprenantes. C’est d’ailleurs ce qui caractérise les systèmes adaptatifs complexes.
Moins de foi en la technologie et plus d’observation de l’usage réel !
Le propos de R. KOPPEL n’est pas de critiquer les TIC, mais de dénoncer une foi exagérée dans la technologie et les corollaires d’une telle foi :
- la difficulté à conserver un esprit critique à l’égard d’une nouvelle TIC, dans un contexte social intrinsèquement favorable aux TIC et à l’innovation,
- la certitude a priori de leur effet bénéfique (les tests d’usage mis en avant par les vendeurs sont effectués dans des circonstances idéales), empêchant les décideurs de percevoir les dysfonctionnements éventuellement rencontrés lors de leur mise en œuvre.
Avec des recommandations essentielles, à la clef, pour les fournisseurs et les manageurs :
- être conscients que l’introduction d’un nouvelle technologie dans une organisation existante est toujours susceptible de générer des effets indésirables,
- observer avec attention (de manière continue ou par de fréquentes évaluations) ce qui se passe réellement sur le terrain, pour repérer les éventuels dysfonctionnements induits et améliorer ainsi la technologie.
Une politique antidrogue virtuelle bien concrète
Billet publié par Anne DaubréeTags: drogue , jeunes , Royaume-Uni , technologies de l’information
CrazyHolz et Jay discutent cannabis dans un bus virtuel. C’est le lieu choisi le gouvernement du Royaume-Uni pour sensibiliser et informer les jeunes des méfaits de la drogue. Les « bus anti drogue » sillonnaient déjà les rues des villes anglaises, dans le cadre d’un programme étatique très complet, surnommé « Frank ». Depuis 2005, leur pendant numérique s’est garé dans Habbo Hotel, un monde virtuel très fréquenté par les pré-ados, (11-14 ans). Une population que le gouvernement veut particulièrement sensibiliser et informer des méfaits des drogues.
Bus en ligne Trois fois par semaine, une heure durant, les animateurs du « bus virtuel » enchainent des discussions d’une vingtaine de minutes avec une dizaine d’Internautes. Les animateurs sont les mêmes qui discutent habituellement avec les ados par téléphone ou par mail. Ils ont simplement été formés aux techniques de communication spécifiques aux mondes virtuels. Résultat : les ados font la queue pour accéder aux sessions organisées par le bus, et 20% des internautes qui y ont participé reviennent au moins quatre fois. De plus, l’outil sert à faire connaître la ligne téléphonique dédiée. Sur le même principe, le programme s’adresse aux jeunes sur leur téléphone portable. Un partenariat a été noué avec l’opérateur British Telecom, qui donne une visibilité aux infos anti-drogue sur son kiosque internet accessible via mobile. A la base, un constat : le téléphone mobile est un lieu très personnel, où les ados ne sentent surveillés par personne. Un site internet, talktofrank.com, mis en place depuis 2002, fait également partie du dispositif qui utilise aussi des moyens de communication traditionnels comme les spots TV. C’est ce que rapporte le bilan du programme porté par Home Office, le Ministère de la santé et celui de l’éducation.
Une relation enrichie Mais construire une relation interactive avec les jeunes constitue un véritable objectif pour le programme. A ce titre, « l’activité on line a permis à Frank d’engager une conversation directe avec les jeunes, offrant des informations fiables, et une assurance forte d’anonymat » note le rapport. « Utiliser des médias en ligne est très important pour nous. Cela donne aux utilisateurs une relation personnalisée avec Frank. Ils sont très à l’aise avec l’utilisation de l’Internet. Et cela procure une relation plus intense qu’un simple spot télévisé. C’est une expérience directe de Frank, dans les lieux qui leur sont propres » complète Matthew Mitchell, un porte-parole du Home office.
Un Frank « cache Etat » Au total, dans ce programme, aller dans les mondes virtuels, et plus généralement, investir les moyens de communication interactifs, constitue le moyen de s’adresser aux jeunes là où ils sont, avec leur langage. Et cette démarche ouvre des possibilités de dialogue inédites, puisque les Internautes peuvent à la fois discuter avec l’animateur, et avec d’autres jeunes, dans une relation de confiance, mais anonyme. L’opération « Frank » soulève par ailleurs un autre questionnement : à la base, en effet, un concept très particulier : Frank est une « marque », une sorte de conseiller anonyme, une référence fiable en matière de drogue. Il doit maintenir constamment un équilibre entre deux pôles contradictoires : gagner la sympathie et la confiance des ados, notamment en utilisant l’humour, et garder en même temps assez de crédibilité pour apparaître sérieux auprès des parents. Une démarche qui va loin : « nous essayons de ne pas faire le lien entre Frank et le gouvernement pour maintenir la crédibilité auprès des jeunes. La majorité d’entre eux n’est pas conscient du fait qu’il s’agit d’une campagne officielle » témoigne le porte-parole. Il s’agit toutefois là d’un choix appliqué à l’ensemble de la stratégie de communication avec les jeunes, et pas seulement aux médias interactifs.
Les barrios tentent la voie du projet collaboratif, version 2.0
Billet publié par Anne DaubréeTags: Aménagement , Démocratie , Développement local , légalité , technologies de l’information
Comment mener un projet de politique publique dans des territoires où l’urbanisme et l’économie se sont développés de façon complètement anarchique ? Le 11 juin, à la bibliothèque francophone de Second Life, Sylvain Maire et Simon Sarazin, deux bénévoles français ont raconté « Colibri » le projet qu’ils mènent depuis deux ans dans les Barrios de Caracas, au Venezuela. Le projet Colibri est mené avec l’association Colombbus, qui implante des centres de formation aux technologies de l’information dans ces quartiers. Le principe : mettre en place une plate forme informatique collaborative de politique publique, où, par exemple, le plan cadastral ou le recensement se feraient avec les habitants, qui seuls, détiennent ces connaissances. « C’est un projet en prise directe avec la population et avec leurs représentants les plus proches les conseils de communes, qui sont des anciens, implantés dans le territoire » insistent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Etape successive, Colibri deviendrait l’outil « qui permettrait aux structures locales de présenter leurs projets au ministère concerné, et obtenir les financements nécessaires ». Cela dit, de l’état des lieux à la réalisation, il y a un monde, reconnaît l’équipe de Colibri.

- Réunion au couleurs de Colibri, sur SL
Légalité et implication Les questions liées à la collecte des données personnelles, vu des barrios, semblent pour l’instant presque surréalistes, même si l’équipe de Colibri entend y prêter attention. « Le problème des barrios, c’est celui du silence qui s’abat sur eux ». Exemples : la police qui n’intervient pas, le flou sur la légalité …. Connaître le territoire, ce sera mettre à jour toute l’économie illégale qui y sévit. « Tout le monde sait qu’il y a une occupation illégale des sols. Il s’agira de les rendre visibles, pour rendre les parcelles légales pour ceux qui les occupent depuis longtemps. C’est tout l’intérêt d’avoir un cadastre ce que permet de faire Colibri, le gouvernement avait voulu le faire » soulignent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Autre aspect – non négligeable » du projet, le développement de projets qui répondent réellement aux besoins des habitants, et l’implication de ces derniers, rassurés quant à la réalité des projets : Colibri « permet à la population de suivre et de vérifier l’avancée des projets, de se sentir impliquée » expliquent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Colibri pourrait aussi servir à développer d’autres pratiques comme les systèmes d’échanges de services entre les habitants, suggèrent les participants à la réunion.
Un projet pour tous ? Pour l’instant, l’équipe cherche 40 000 euros, pour le déploiement de la plate-forme, ainsi que des compétences, notamment sur les mécanismes de la participation. Le gouvernement vénézuélien s’est montré « encourageant », mais n’a pas fourni de financements. La plate forme Colibri pourrait être adaptées à d’autres endroits, notamment en Amérique latine, d’après ses concepteurs. Il pourrait se révéler également extrêmement riche en enseignements pour les autres territoires, plus développés. Paradoxalement, la faiblesse de la structure publique dans ce pays pourrait permettre un déploiement maximal du potentiel de transparence et de participation des tics, donnant naissance à des formes de gouvernance inédites.
les 6 vidéos de "ma vie de ch’ti en 2030"
Billet publié par Romain ThévenetTags: Nord Pas de Calais , prospective , technologies de l’information , Vie quotidienne
Voici les 6 vidéos que nous avons produit pour la direction prospective du Nord-Pas de Calais
Scénario 1 : Maya, lycéenne à Tourcoing
Scénario 2 : Arnault, conducteur de D.E.R. à Arras
Scénario 3 : Oscar, Marin-cultivateur à Dunkerk
Scénario 4 : Léa, Retraitée à Maubeuge
Scénario 5 : Florian, Technicien Paysan à Lomme
Scénario 6 : Artoka, chef de projet à Roubaix











