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Jan 22 2010

Régions 2028 : la 27e Région fait son off (2/2)

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural

Suite et fin de notre billet consacré à l’exercice de prospective en "backcasting" que nous avions organisé à l’occasion du 5e Congrès des Régions en décembre dernier. La vidéaste Marguerite Fouletier en a tiré cette vidéo, qui reprend les meilleurs moments de cette journée et du Off.

Pour revivre également cette journée et les projets qui en sont sortis, on peut aussi télécharger ce document qui décrit en détail les 24 projets, du « new deal interrégional » aux « fabriques de l’innovation citoyenne ». Et pour arriver au chiffre de 27, l’équipe de la 27ème Région a concocté en exclusivité trois projets supplémentaires ! Dans une seconde partie, la méthode prospective et créative utilisée lors de cette journée est décrite en détails, accompagnée de notre appréciation sur le déroulement de l’exercice. Cette journée « Off » du congrès des Régions » a été conçue avec l’aide du bureau Strategic Design Scenarios.

Déc 21 2009

Régions 2028 : la 27e Région fait son off (1/2)

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural

En marge du Congrès des Régions de Marseille, élus, agents et créatifs inventent les outils de la politique publique de demain, et une nouvelle méthode de travail pour tout de suite...

Une soixantaine d’élus, agents, designers, architectes, chercheurs… se retrouvent à l’hôtel Vertigo, à Marseille, le mardi 8 décembre au soir. La 27e Région les a invité à participer à la journée de travail créatif qui se tient le lendemain. Mais, ce soir, c’est d’abord l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler, en particulier sur le programme "Territoires en résidences". Tour à tour, les équipes présentent rapidement les résidences. Il y en a 7, plus une… celle du « Laboratorio per l’innovazione », que Maurizio Giambalvo va présenter, venu spécialement de Palerme. Un livret de présentation des résidences est diffusé aux participants (librement téléchargeable ici). La soirée se poursuit par des discussions, dans une ambiance tranquille et conviviale. La preuve en photos.

Sortie en Boate

Mercredi 9 décembre. A 9 h, les participants se retrouvent à la Boate, ce tiers lieu marseillais, à quelques pas du vieux port. Après le café, tout le monde se rassemble au fond de la salle, dans la pièce libérée de ses meubles. On s’assied par terre et assiste à une revue de presse du 9 décembre...2028. Les infos défilent, sur fond d’images bricolées : Gros titre : «  Les élus du Grand Paris partent en voyage d’étude sur le plateau de Millevache,” pour s’inspirer de leur maniere de vivre ensemble. Autre info : on fête le 10e anniversaire du pôle alimentaire multimodal, qui marque la fin d’une époque où les AMAP étaient considérés comme une curiosité….

A travers ces histoires inventées (qu’on pourra retrouver en détails sur Flickr), différents défis et enjeux sociétaux auxquels sont confrontées les régions sont abordés : énergie, éducation, gouvernance, alimentation, usages des technologies, créativité, participation… mais on ne va pas regarder des vidéos toute la journée ! Stéphane Vincent, Romain Thévenet et François Jégou présentent les règles du jeu. L’objectif : imaginer comment cet avenir "souhaitable" est-il arrivé, quels projets, quelles politiques publiques, quelles étapes ont été nécessaires pour l’atteindre...

Huit groupes sont constitués, avec, pour chacun, un expert, un designer, et six autres personnes qui vont remuer ensemble leurs méninges toute la journée. Chaque groupe part s’installer dans une îlot créatif, composé de murs de papier, conçu par le designer Jean Couvreur. Au centre, une table. Dessus, un rouleau déroulant de paper-board. Stylos et post-it multicolores complètent l’équipement… C’est parti.

Pause créative ?

“La pause créative”, qu’est ce que cela évoque pour vous ? “pause café”, “ moment de détente”… le premier mur de l’îlot se recouvre de post-it. Ce groupe a été invité à réagir à un article qui relate le succès des “ pauses creatives” dans la société. Qu’apportent ces pauses ? Qu’est ce qui les limite ? Un autre mur se recouvre de post-it. Autour de la table, on renverse le sujet. Un concensus se forme : le concept de “pause créative” n’a pas vraiment de sens dans une culture où la créativité n’est pas vraiment reconnue. C’est plutôt à la façon d’irriger la société de créativité qu’il faut réfléchir… Dans l’îlot voisin, on s’interroge sur la manière de gérer au mieux l’omniprésence des technologies dans la vie quotidienne. “ A Angers, un bailleur social a mis en place un système qui permet aux locataires de mesurer leur consommation d’énergie”. “Ailleurs, tel système a été abandonné, car il n’était pas adapté”. Jacques-François Marchandise, directeur de développement à la Fing, recadre la discussion “ On est là pour trouver comment se déconnecter”. On continue de chercher…

De la discussion au projet

Les échanges se poursuivent, dans une ambiance concentrée mais détendue. Il est 11h, et, au pied de la table consacrée à l’alimentation et animé par John Thackara et Adèle Seyrig, trainent déjà deux mètres de papier. Ils sont parsemés de mots clés et de dessins. “Les abattoirs sont très centralisés. Ce système est cher et complexe pour les éleveurs” explique Benoît Lacroix , animateur au Pays Nivernais Morvan, qui propose de remettre en place des structures de proximité. “Il faut aussi penser à la culture de céréales, pour rester dans des circuits courts” ajoute Adèle Seyrig, designer. Isabelle matthieu, d’Alliance Provence, un réseau d’AMAP, évoque un projet autour de la fête de l’Aïd à Marseille, occasion de rapprocher les producteurs et les consommateurs de moutons. John Thackara intervient “ il est temps de formuler des propositions”. Car l’aiguille tourne. Il est presque 13h.

A l’autre bout de la Boate,” un compagnonage de l’élu", qui partirait en résidence dans d’autres collectivités durant une partie de son mandat, pour en ramener des “trésors” a été imaginé à la table Energie. Un dispositif comprend des “réunions tricot” pour parler l’énergie entre habitants, des “prospecteurs” qui vont sur le terrain identifier les potentielles actions d’économie ou de gestion alternative de l’énergie, et un service civil qui mobilise des compétences pour mettre en oeuvre des projets. Le tout est financé par un “ énergiton” -qui sera finalement abandonné. Faut il promettre du “sang et des larmes”, ou compter sur le volontarisme des individus pour faire face au défi énergétique ? Le débat est vif autour de la table.

Les concepts en image

Le temps d’un risotto poulet, et d’un coup d”oeil sur le coin librairie, tenu par les responsables de la Librairie des Territoires, que Stéphane Vincent a rencontré quelques jours auparavant : il faut dire qu’une demi-douzaine d’auteurs sont dans la salle. Les travaux reprennent : il ne reste qu’une heure et demie pour fignoler les idées, préciser les concepts. Au cours de l’après-midi, les élus présents, Jean-François Caron, élu au Conseil Régional de Nord-Pas de Calais, et Christian Paul, élu au Conseil Régional de Bourgogne, passent de table en table. Ils ont accepté la délicate mission de présenter leur sélection, à partir des 24 projets imaginés par les équipes, en fin d’après-midi. Les équipes leur exposent leurs projets. Ecoute, discussions, critiques… On passe à la synthèse. Aux murs, sont affichées les images produites par les groupes. Les designers ont bricolé des montages qui illustrent les projets. Un plan de ville orné de carrés jaunes : ce sont des lieux de stockage de quartier, destinés à limiter les déplacements de marchandise (projet du groupe énergie) , un bus londonien siglé “polybus” (projet du groupe vivre ensemble) le passeport d’un citoyen inter-régional (projet du groupe New Deal).

Présentation des élus

Les deux élus se succèdent pour présenter les projets. Certains sont des “boites à outil” quasiment prêtes à l’emploi. D’autres, plus vastes, interrogent le long terme. Par exemple, le groupe qui a travaillé sur la gouvernance a notamment imaginé un “forum de débat public” permanent, composé de citoyens volontaires. Il participe au débat sur l’avenir et pourrait jouer un rôle dans la gestion d’une partie du budget. “Une nouvelle façon d’inventer une fiscalité régionale ? “ s’interroge Christian Paul, rapporteur du groupe new deal 2028, qui a également réfléchi à une nouvelle citoyenneté interrégionale. Aileurs, le groupe "vivre ensemble" a conçu une “pépinière de nouveaux habitants” qui accueille des nouveaux arrivants dans un lieu rural qui a besoin d’être dynamisé. Accompagnement, remboursement du déménagement en cas d’échec, avec, en contrepartie, un engagement dans la communauté. “ Ce projet est intéressant, car il est souple. Il pourrait fonctionner aussi pour les territoires urbains en difficulté” commente Jean-François Caron.

Mise en réseau et éducation

Dans le groupe éducation, on a fait sauter les cloisons entre les lycées et les universités. En 2028, les régions dotées de nouvelles compétences, gèrent les deux. Les internats ont été améliorés, pour permettre à chaque lycéen d’enrichir son parcours, en fréquentant successivement différents établissements, qui développent des dominantes différentes. Enrichissement des individus par la multiplication de leurs expériences, hybridation des lieux, échanges entre structures, importance de la formation… ces thèmes traversent l’ensemble des projets, du réseau des “fabriques d’innovation citoyenne” du groupe “citoyen”, à l’intégration d’activités créatives dans des lieux divers, du groupe “ pause créative”, en passant par les “ espaces de deloguement” , qui habritent différentes activités, du groupe “ technologies”. Impossible d’approfondir chacun des sujets dans le temps imparti. . ..“ Ce travail sera mis en forme et diffusé” promet Stéphane Vincent. Une journée qui a permis aux représentants de collectivités de s’imprégner des méthodes créatives, et aux acteurs créatifs, de mieux comprendre les besoins des élus. Bref, pour tous, d’apprendre à travailler ensemble, différemment et entamer de nouveaux projets.

Dans un prochain billet : la présentation complète des 24 projets conçus par les équipes.

Toutes les photos du Off sont ici.

La liste des participants :

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Avr 5 2009

Le territoire, en création permanente

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Créativité , Développement local , Innovation , prospective , rural

Petite balade du côté de la Plaine Saint-Denis ce samedi 4 avril. Je croise des gens qui convergent vers le stade de France (où Clermont va l’emporter de peu au rugby contre le Stade français, 21 à 19), et je passe de l’autre côté de la station RER ; je vais assister à l’après-midi de clôture d’un colloque sur la création et les territoires (Ethique et mythes de la création, du 2 au 4 avril) organisé dans le cadre de l’année européenne de l’innovation et de la créativité par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord et par le Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines.

La journée est animée par Léa Longeot (directrice de Didattica, que nous recevons le 21 avril à la Cantine) et par l’infatigable Jacky Denieul (Institut Atlantique d’Aménagement des Territoires).

Dans cette drôle de journée, dans un contexte un peu inhabituel pour moi, pleins de choses surprenantes et passionnantes.

Laboratoire communal, en Poitou Charentes.

Tout d’abord, je peux enfin mettre un visage sur Gabriel Lucas, directeur du Nombril du Monde, qui se tient tous les deux ans à Pougne-Hérisson, commune microscopique (mais Ô combien centrale, comme son nom l’indique !) des Deux-Sèvres. Il vient présenter le travail qu’il conduit dans le cadre de ce festival, né de la rencontre d’un artiste et d’une population il y a une vingtaine d’années. « Il faut le croire pour le voir », tel est l’adage du projet et un des fondements du projet artistique, considérant que, au delà des choses en elle-même, le plus important est le regard que l’on porte dessus.

(Au passage, toujours en Poitou Charentes mais sur un registre totalement différement, Christine Dion du service Economique de la Région Poitou Charentes, me rappelle que c’est aussi en Poitou Charentes, à Mouthiers sur Boëme, que deux frères industriels, font parler d’eux après avoir créé une webschool en interne, en partie pour maintenir le nombre de salariés, en partie pour l’aider à se former à des usages innovants sur internet. Jean-Michel Billaut rédigé un billet sur cette entreprise, Lippi.)

L’utopie est réalisée, elle se trouve en Picardie.

Il est toujours bon de s’entendre rappeler que rien n’est vraiment nouveau, et que les idées les plus audacieuses ont déjà été mises en oeuvre. Dans un brillant plaidoyer pour "modéliser la révolution", Emile Noël, président du festival des Hivernales et vice-président de l’Institut Charles Cros, a rapidement évoqué le projet du familistère de Guise, né du cerveau génial du patron des usines Gaudin. Insensé mais passionnant.

Ca bouge du côté des méthodes

Décidément, il se passe vraiment quelque chose du côté des méthodes et de l’ingénierie des projets publics. Hugues Bazin et Elise Macaire vont finir de m’en convaincre.

Hugues Bazin est chercheur indépendant en sciences sociales depuis 1993, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en anthropologie et en sociologie. Les expressions qu’il emploie dans son travail de recherche action sur les territoires me rappelle furieusement nos premières expérimentations en résidence : il travaille sur des "parcours d’expériences", parle "d’espace réflexif", "nouvelle cartographie des lieux et des ressources humaines", "un autre rapport entre local et global, proximité et distance, public et privé, particulier et universel".

Dans sa volonté farouche de redonner la main aux habitants sur les questions architecturales et urbanistiques, Elise Macaire (Didattica) résume merveilleusement ce qu’elle nomme "l’écosophie" : "Des associations regroupant des architectes avec notamment des sociologues, des géographes, des urbanistes et des artistes (comédiens, plasticiens,…) mettent en avant des démarches alternatives au processus traditionnel d’élaboration du projet architectural ou urbain. Elles privilégient des interventions sur les petites échelles permettant une maîtrise plus importante des habitants sur le projet. Ces collectifs réalisent un idéal de pratique démocratique qui s’appuie à la fois sur une économie des savoirs fondée sur la transversalité comme méthode d’intervention et à la fois sur une écosophie, une sagesse de l’habiter prise dans des bricolages processuels et des espaces relationnels."

Sylvie Dallet, fondatrice de l’Institut Charles Cros, rappellera quelques invariants de l’approche créative : la culture du risque, le refus du mode binaire, l’expérience née de la rencontre, se changer en échangeant avec les autres...

Pour finir, visite de l’exposiition "Rroms : entre stéréotypes et connaissances", et chants en grec ancien... décidément, une drôle de journée...

Les surnoms donnés aux rroms dans le monde

Mar 29 2009

Ruralcamp à Dijon : de quoi sera faite la ruralité bourguignonne en 2040 ?

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Aménagement
Tags: Barcamp , bourgogne , Développement local , Innovation , rural , Web2.0

Aujourd’hui, samedi, direction Dijon pour le premier RuralCamp, barcamp dédié au monde rural. Une initiative menée par Grégoire Japiot, fin connaisseur des barcamps et membre (entre autres) des Explorcamps.

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Euh, oui, il s’agissait bien d’un barcamp dédié au rural...la preuve, ça se tenait à l’Enesad, l’école des ingénieurs de l’agriculture !

Un peu timides au début, les participants ont fini par remplir (pas entièrement !) le programme : réseaux sociaux et ruralité, wine 2.0 (on est quand même en Bourgogne !), mais aussi nouvelles monnaies virtuelles (dont les Twollars), de prospective et pour couvrir l’actualité, Hadopi.

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Tout le monde écoute sagement Grégoire Japiot, maître de cérémonie

Environ 50-60 participants se sont retrouvés, et le plus étonnant est que l’on n’a pas parlé que d’internet, d’open source et de web 2.0 dans cette journée, la preuve avec cet atelier qui lorgnait sur la Bourgogne de demain, disons...2040.

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Il manque encore des propositions d’ateliers...allez, un effort !

Alors, pour les participants, de quoi est faite la Région Bourgogne dans 30 ans ?

Une région de transports et de grandes mobilités

La Bourgogne, c’est d’abord de grands espaces. Dans tous les scénarios prospectifs bourguignons (en particulier ceux imaginés dans le tout récent Schéma régional de l’aménagement et du développement du territoire bourguignon, auquel la 27e Région a pris part), la question de la mobilité et des transports est essentielle : que son futur soit d’abord tiré par Lyon et Paris, ou plutôt par Dijon, ou bien davantage réparti entre les pôles urbains, dans tous les cas la question des transports individuels et collectifs est centrale dans la Bourgogne de demain. Pour Charles Burriel, de l’Enesad, « dans 30 ans, une solution énergétique valable aura été trouvée et on aura réglé le problème du véhicule individuel et des transports collectifs ; c’est maintenant que le problème est posé, pour les 10 ans qui viennent ».

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Séance de décryptage de la loi Hadopi

Les signes alarmants du « péri-urbain lointain »

Des ruralités très différentes co-existent en Bourgogne, nous rappelle Yannick Sencébé, sociologue à l’Enesad. Toutes appellent des besoins en sociabilités différentes. Par cercles concentriques, la tendance est à un éclatement entre des centres villes riches, le départ des classes moyennes vers le péri-urbain (les agglomérations immédiates de Dijon, Châlon, etc), puis une tendance à la relégation vers un péri-urbain lointain, puis seulement le rural lointain. Le péri-urbain lointain est celui qui présente le plus de signes inquiétants. Le rural lointain correspond de plus en plus à des aménités paysagères, à des choix personnels, tandis que le péri-urbain lointain est davantage subit par des classes ouvrières qui désespèrent de trouver leurs marques, en formes de « HLM horizontal », entre désir de culture urbaine et réalité de la campagne profonde. L’autre risque criant est celui de la « campagne banale », celle qui n’a rien à offrir d’original, sur le plan culturel, identitaire, paysager.

D’accord pour des réseaux, mais il nous faut des « hubs humains »

Dans le contexte d’une Bourgogne qui n’a pas gagné en habitants (contrairement à la plupart des campagnes françaises ces dernières années), les réseaux sont nécessaires, mais pas suffisants. « Si dans 30 ans, on peut travailler de n’importe où, on va fuir la bourgogne ! qu’est ce qui va encourager à venir rester en Bourgogne ? ». Tout le monde est d’accord pour reconnaître que l’accès aux réseaux (de transports, culturels, sociaux, internet) est essentiel ; mais c’est de « hubs » humains et socianx dont la Bourgogne en réseaux a besoin : des tiers-lieux, lieux d’un nouveau genre qui provoquent les rencontres imprévues, libèrent des énergies créatrices, (re)socialisent les gens et recréent du lien, de la culture, de l’innovation, etc. La Bourgogne a besoin de nouvelles formes de médiations, entre les gens, les territoires.

Quels seront les hubs, les lieux et nouvelles formes de médiation en Bourgogne demain ?

Toute la famille des tiers lieux est ainsi convoquée : en vrac, la Cantine et les living labs dans le champ économique, les cafés de Pays et les bars associatifs dans le champ culturel et social, la Maison ouverte dans le champ du vieillissement, etc. Mais comment naissent ces lieux ? l’acteur public doit-il les créer lui-même, ou leur démultiplication passe t-elle par un vaste soutien à ces initiatives, mais aussi à leur mise en réseau ? L’acteur public de demain doit-il davantage créer les conditions de la création de ces projets, et moins les porter lui-même ? Il faut refonder l’intérêt général à partir des gens, de leur pratiques quotidiennes, et combiner numérique et médiation humaine.

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Déjà prêt pour le prochain barcamp...

Mar 18 2009

Les espaces publics numériques, laboratoires de l’action publique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Développement local , Espace public , Formation , Innovation , Intergénérationnel , Politique publique , Quartier , rural

Avec d’autres collègues, je participais en tant que grand témoin (ciel !) aux rencontres UNIS (Usages nouveaux de l’internet social) organisées sous l’égide de la Région Provence Alpes Côte d’Azur à Draguignan, ce mardi 17 mars. Voici ma conclusion sous forme de rapport d’étonnement, au terme de cette journée réellement réjouissante, dans une salle bien remplie et avec des intervenants de très grande qualité.

Une conviction, tout d’abord : les espaces publics numériques (en Paca, les ERIC) sont devenus de véritables laboratoires de l’action publique sur lesquels les acteurs publics « traditionnels » feraient bien de se pencher plus sérieusement… Je m’explique. En 10 ans d’existence, les milliers d’espaces publics initialement conçus par les collectivités locales et les associations pour « réduire la fracture numérique » ont depuis longtemps quitté la simple sphère de la sensibilisation à l’internet : sans cesser de peaufiner des méthodes d’apprentissage du numérique toujours plus originales, ils ont peu ou prou dû endosser le rôle d’auxiliaire de toutes les grandes politiques publiques dites « nobles » : emploi, formation, culture, citoyenneté, lutte contre l’exclusion, etc. Prenons l’emploi, par exemple. Aujourd’hui, où un chômeur va t-il le plus facilement se mettre en quête d’un travail : dans un Point Emploi ou au sein d’un espace multimédia ? Les acteurs traditionnels ne sont le plus souvent pas équipés pour le nouveau monde de l’emploi, qui a massivement franchi les frontières numériques, où gravitent dorénavant des centaines de sites de recherche d’emploi privés, de « job boards », blogs et autres réseaux sociaux devenus indispensables pour créer son existence professionnelle, quelle que soit sa qualification. Là où l’internet allait provoquer une transformation majeure –dans la façon de trouver un travail, de s’informer, de socialiser, de vivre- les acteurs traditionnels n’y ont souvent vu qu’un nouveau support à investir, de nouveaux sites web à créer. Ils se sont dotés d’outils plus ou moins performants, mais n’ont rien changé à leur façon de faire. Erreur. Les grands acteurs publics étant déficients, les espaces publics « font le boulot », imaginent eux-mêmes des partenariats, inventent de nouvelles méthodes, réinventent la médiation, co-construisent des solutions avec les gens, sans subir le poids des dogmes ni des cultures administratives.

En corollaire, une interrogation. Bon an, mal an, les espaces numériques ont traversé et traversent les crises, les réductions de crédits publics, les situations précaires depuis des années sans voire leur légitimité se réduire. Il a bien des abandons, mais la plupart des équipes se renouvellent, et chaque jour de nouveaux lieux sont créés avec une motivation toujours aussi forte. Pour autant, faut-il se satisfaire de ce statut de « strapontin de l’action publique » ? Pourquoi ces initiatives sont-elles si peu présentes au sein des grandes politiques de la ville (programmes Anru, par exemple), des politiques du logement, de l’emploi et de l’économie, de la culture, des services, de la famille, de la lutte contre l’exclusion, de la citoyenneté ? On pourrait objecter qu’il est plus facile d’avancer de « l’extérieur », débarrassé du poids des politiques publiques, à partir de la seule énergie associative et ascendante… mais c’est oublier que même une faible part des crédits alloués à ces grandes politiques –même en réduction constante- suffirait à décupler les moyens des espaces numériques. Dit autrement : vaut-il mieux espérer un énième grand plan en faveur de l’e-inclusion, ou en irriguer chacune des grandes politiques publiques ?

Une suggestion, enfin. Puisqu’il est communément admis que les questions d’e-inclusion sont durablement devant nous, et qu’elles vont s’amplifier au rythme incessant des technologiques (à l’internet vont s’ajouter les « machines communicantes », les nanotechnologies, etc), pourquoi ne pas s’adonner à un salutaire exercice de prospective créative à 5, 10 ou 15 ans ? A quoi aimerions-nous que ressemblent les espaces numériques demain ? Que deviendront-ils en tant que lieux ? les fonctions qu’ils assurent auront-elles intégré les structures ? quels nouveaux métiers auront vu le jour ? Quels seront alors les pratiques et attentes des usagers ? Un tel travail aurait le mérite de créer un regain d’intérêts chez les élus, de prendre une option sur l’avenir. On a sincèrement hâte de lire les propositions que seraient capables de produire collectivement les centaines d’animateurs, médiateurs, responsables de Paca et d’ailleurs. Alors, chiche ?

Fév 1er 2009

Une nouvelle vie pour les cabines téléphoniques

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Développement durable
Tags: Design , Innovation , rural , Télécoms , transport

Les Cabines Résologiques, un service basé sur le réseau de cabines téléphoniques existant : le magnifique projet de diplôme de Pierre Charrié (pierre.charrie [at] gmail.com), Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, Novembre 2008.

La cabine téléphonique est un objet singulier, à la fois trés technique et profondément social. Avec l’usage intense du téléphone portable, les cabines se font moins nombreuses, mais la mission de service public qui leur incombe leur permet encore d’assurer un maillage homogène du territoire, en ville comme à la campagne.

La cabine comme outil de mise en relation et comme point d’embarquement pour le covoiturage spontané

Les Cabines Résologiques est un projet visant à réactiver le parc de cabines existant, il s’adapte sur l’infrastructure et les technologies déjà en place. A travers ce service et grâce à leur nature géolocale et réticulaire, ainsi qu’à leur implantation privilégiée, les cabines jouent un rôle de balise dans l’espace public.

Une interface vocale et une recherche par mot-clé

Elles deviennent une articulation entre les réseaux d’informations et les réseaux de transports en communs, fournissant en temps réel des données contextualisées et constituant des points d’embarquements pour des trajets partagés.

Des annonces sur les événements locaux et les différents trajets sont diffusés dans la cabine

Dans la pratique, les informations sont actualisées par un serveur centralisant les informations des sites des différents acteurs : moteurs de recherche, société de transports, sites de covoiturage, conseil général, et la commune elle-même. Les temps d’attente dans les cabines sont calculés grâce à la triangulation du GSM des usagers, inscrits sur des sites de covoiturage partenaires.

Aménagement circonstantiel d’une zone d’embarquement aux abords de la cabine

Pour chaque recherche, la cabine propose des résultats en fonction de leur proximité et calcule les différents trajets et modes de transports possibles. La sonorisation de la cabine se fait grâce à un simple haut-parleur placé dans le faux plafond. Il se déclenche quand quelqu’un pénètre dans la cabine.

Ce projet nous séduit beaucoup : le réseau des cabines téléphoniques situées en zone rurale occupe une dimension symbolique forte. Vieillissant, en déshérence, il incarne aux yeux des populations locales la fragilité des services publics en zone rurale. Même après l’explosion du mobile, la cabine téléphonique conserve une utilité sociale. En transformant radicalement leurs usages, Pierre Charrié réactive le réseau, lui redonne un avenir, en un mot, le réanchante...il reste néanmoins à s’assurer qu’il n’est pas déjà trop tard : l’opérateur historique n’est pas pressé de maintenir en état les cabines les plus rurales, et déjà une partie du réseau a disparu. Avec la révision du service universel prévue cette année, on devrait en savoir plus sur l’évolution de leur statut. Quoiqu’il en soit, cette démarche montre que les possibilités de réinventer l’existant sont sans limite, et qu’innover en zone rurale est à portée de main.

Déc 23 2008

Comment valoriser ensemble son patrimoine ?

Billet publié par Anne Daubrée dans la catégorie 27e Région
Tags: Développement local , Design , rural , Territoires en résidences

Projets coûteux, isolés, et donc, inefficaces, manque de coordination entre les initiatives locales, insuffisance de compétences en interne pour évaluer les projets mirobolants des consultants… Les écueils sont nombreux dans la politique de valorisation du patrimoine. Le sujet est d’autant plus complexe que “le patrimoine n’est pas une compétence clairement attribuée à une collectivité. Et les limites du patrimoine ne correspondent pas forcément aux découpages administratifs. C’est pourquoi il faut apprendre à travailler à plusieurs, sur des stratégies globales” explique Murielle Bousquet, chef de projet pour la « plateforme patrimoine et territoires », portée par l’association La Source, centre de ressources sur le patrimoine et le tourisme rural.

Réinventer la gouvernance Le site internet récence les actions menés avec les acteurs locaux, pour établir des synergies entre leurs politiques. L’initiative est soutenue par la Diact et la Caisse des dépôts, et la 27e région y apporte son expertise. « Nous souhaitons donner un manuel de bonne approche de ces projets » explique Murielle Bousquet. La méthode : réunir les acteurs porteurs de projets sur un territoire, (site remarquable du goût, pole d’excellence rurale, pole économique du patrimoine….), pour définir une stratégie commune, nourrie de l’apport d’une « résidence en territoire », organisée avec la 27e région. Ce dispositif «  permet de dépasser les solutions standard, en proposant des solutions alternatives, visualisables avec des maquettes, et entre lesquelles on peut choisir »juge Murielle Bousquet. Trois démarches ont déjà été entamées, avec la phase diagnostic, accompagnée par une designer de la 27e région, dans le pays d’Auge, le pays Sambre-Avesnois ainsi que les Hautes vallées de Savoie. Et des régions, qui seraient la bonne échelle pour une stratégie globale, envisagent d’adopter cette démarche. C’est notamment le cas du Languedoc Roussillon et de Champagne Ardennes. Cette dernière a déjà un site remarquable du goût, et souhaite en développer d’autres, dans le cadre d’une stratégie globale qui tienne compte des enjeux touristiques, économiques, et de développement durable.

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Réunion de travail en Pays d’Auge, 24 et 25 novembre
Déc 19 2008

Comprendre et repenser l’emploi en milieu rural

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Agriculture
Tags: Développement local , rural

Dans le cadre de Territoires en Résidences, nous préparons plusieurs expérimentations dans le champ de la valorisation du patrimoine gastronomique -par exemple sur le thème du Maroilles, dans l’Avesnois. Ce travail est mené avec l’association Sources, qui mène depuis longtemps un travail de fond dans le soutien des activités en milieu rural.

Nous avions envie de faire le point avec eux sur les enseignements du programme Equal-DEPART, fruit de quatre ans d’études sur l’emploi en milieu rural, financée par EQUAL : le programme du fond social européen pour lutter contre les discriminations, et animée par l’association Source, centre national de ressources du tourisme et du patrimoine rural en France.

Cette opération visait à mettre en place des actions pour développer l’emploi dans le patrimoine rural et sur les territoires. Le projet a aboutit à de nombreuses productions, notamment à une étude sur l’importance du rôle des femmes dans la professionalisation d’activités en milieu rural, des études apportant de nouveaux regards sur l’insertion ou encore une exposition présentant l’ensemble de ces recherches.

l’exposition et l’outil marguerite

Cette exposition, présentée début octobre à La Bourboule en Auvergne, montrait à la fois le sujet de l’étude : comprendre les différents types d’emplois en milieu rural, mais aussi la démarche pour mener cette étude. Par exemple, l’outil de la marguerite permet à chacun de construire une représentation de son activité professionnelle. Ce mode de représentation permet de se rendre compte que deux agricultrices qui partagent le même type d’activité ne se définissent pas de la même manière, que de nombreuses activités se télescopent et que toutes ces activités et compétences n’appartiennent pas qu’au seul champ professionnel. Ces constats faisaient naturellement échos aux réflexions produites lors de notre journée sur l’emploi, l’orientation et la formation.

20 préconisations

Toute cette réflexion a permis de produire un document de 20 préconisations pour "développer l’emploi dans le patrimoine rural et sur les territoires". Parmi ces préconisation, l’importance "d’oser mélanger les torchons et les serviettes", nécessaire au décloisonnement ce type de réflexions.

la réunion de clôture du projet" Dans le cadre du partenariat avec la Plate-forme Patrimoines et Territoires, coordonnée par Murielle Bousquet, nous avons assisté à la réunion de clôture du projet.

des enseignements pour la 27e Région

Les partenaires ont exprimé leur difficultés devant les délais de paiements des financeurs qui ont faillit mettre un terme aux projets à quelques reprises. Ce qui nous conforte dans l’idée d’innover dans les modes de financement publics. Un petit regret aussi quant à l’image graphique générale du projet qui ne donne pas la visibilité de toutes les qualités de ce projet. Ces deux petites remarques mises à part, cette démarche est à la fois innovante, expérimentale et transversale. Elle a produit une exposition et un site internet qui communiquent au grand public leurs réflexions à l’aide de témoignages, de vidéos... ce qui permet réellement d’incarner le projet et de pousser ces réflexions au delà d’une simple étude administrative. Et surtout elle aura produit des recommandations pour se saisir de problématiques qui intéressent les régions. Tout cela dans l’idée de produire du mieux et de faire avancer ces questions de façon plus globale, un très bon exemple de ce qu’essaie d’être la 27ème Région.

Oct 28 2008

Un dessein : sortir de l’isolement rural

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: bourgogne , Politique publique , rural , social , solidarité

Comment lutter contre l’isolement en milieu rural ? Dans le canton de Lormes, dans la Nièvre, on n’a pas inventé la potion magique, mais peut être bien trouvé une méthode efficace : faciliter la mise en relation des habitants, quel que soit leur statut, pour qu’ils puissent s’échanger des services. C’est « faire compagnie », Un tel projet ne pouvait naître que d’une démarche très qualitative et proche du terrain. Elle a été menée par Romain Thévenet, dans le cadre de son diplôme sur le design en milieu rural. Avec un présupposé : c’est en interrogeant les usages réellement existants que l’on conçoit des services efficaces. Au début de l’année, l’étudiant a donc passé deux semaines « en résidence » dans le canton, pour rencontrer ses habitants, après avoir discuté avec des élus, Fabien Bazin, maire de Lormes et conseiller général du canton, et Jean Sébastien Halliez, directeur du pays nivernais.

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Entretien informel avec une habitante

Dans un premier temps, Romain Thévenet a cartographié la société locale à travers le prisme de l’isolement : qui sont les personnes isolées, quelles sont leurs relations entre elles et le reste de la société, du centre d’aide sociale au boulanger ? Qui sont les acteurs institutionnels, associatifs et économiques qui participent de cette dynamique ? Cette cartographie est le fruit de discussions avec les acteurs institutionnels et associatifs qui luttent contre l’isolement. Deuxième étape : Une conversation approfondie avec une douzaine de personnes isolées, si possible à leur domicile, pour bien comprendre leurs usages, et, donc, leurs besoins ou leurs éventuelles propositions pour sortir de l’isolement. Le mode de vie des personnes très actives dans la communauté a également été pris en compte. Au final Romain Thévenet propose donc un outil de mise en relation, accessible depuis Internet et par téléphone, qui s’emploie à répondre à des besoins précisément identifiés chez les individus, en exploitant au mieux le potentiel existant sur le territoire

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Quelles idées, pour quels besoins ?

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