Régions 2028 : la 27e Région fait son off (2/2)
Billet publié par Stéphane VincentTags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural
Suite et fin de notre billet consacré à l’exercice de prospective en "backcasting" que nous avions organisé à l’occasion du 5e Congrès des Régions en décembre dernier. La vidéaste Marguerite Fouletier en a tiré cette vidéo, qui reprend les meilleurs moments de cette journée et du Off.
Pour revivre également cette journée et les projets qui en sont sortis, on peut aussi télécharger ce document qui décrit en détail les 24 projets, du « new deal interrégional » aux « fabriques de l’innovation citoyenne ». Et pour arriver au chiffre de 27, l’équipe de la 27ème Région a concocté en exclusivité trois projets supplémentaires ! Dans une seconde partie, la méthode prospective et créative utilisée lors de cette journée est décrite en détails, accompagnée de notre appréciation sur le déroulement de l’exercice. Cette journée « Off » du congrès des Régions » a été conçue avec l’aide du bureau Strategic Design Scenarios.
Régions 2028 : la 27e Région fait son off (1/2)
Billet publié par Anne DaubréeTags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural
En marge du Congrès des Régions de Marseille, élus, agents et créatifs inventent les outils de la politique publique de demain, et une nouvelle méthode de travail pour tout de suite...
Une soixantaine d’élus, agents, designers, architectes, chercheurs… se retrouvent à l’hôtel Vertigo, à Marseille, le mardi 8 décembre au soir. La 27e Région les a invité à participer à la journée de travail créatif qui se tient le lendemain. Mais, ce soir, c’est d’abord l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler, en particulier sur le programme "Territoires en résidences". Tour à tour, les équipes présentent rapidement les résidences. Il y en a 7, plus une… celle du « Laboratorio per l’innovazione », que Maurizio Giambalvo va présenter, venu spécialement de Palerme. Un livret de présentation des résidences est diffusé aux participants (librement téléchargeable ici). La soirée se poursuit par des discussions, dans une ambiance tranquille et conviviale. La preuve en photos.

Sortie en Boate
Mercredi 9 décembre. A 9 h, les participants se retrouvent à la Boate, ce tiers lieu marseillais, à quelques pas du vieux port. Après le café, tout le monde se rassemble au fond de la salle, dans la pièce libérée de ses meubles. On s’assied par terre et assiste à une revue de presse du 9 décembre...2028. Les infos défilent, sur fond d’images bricolées : Gros titre : « Les élus du Grand Paris partent en voyage d’étude sur le plateau de Millevache,” pour s’inspirer de leur maniere de vivre ensemble. Autre info : on fête le 10e anniversaire du pôle alimentaire multimodal, qui marque la fin d’une époque où les AMAP étaient considérés comme une curiosité….
A travers ces histoires inventées (qu’on pourra retrouver en détails sur Flickr), différents défis et enjeux sociétaux auxquels sont confrontées les régions sont abordés : énergie, éducation, gouvernance, alimentation, usages des technologies, créativité, participation… mais on ne va pas regarder des vidéos toute la journée ! Stéphane Vincent, Romain Thévenet et François Jégou présentent les règles du jeu. L’objectif : imaginer comment cet avenir "souhaitable" est-il arrivé, quels projets, quelles politiques publiques, quelles étapes ont été nécessaires pour l’atteindre...
Huit groupes sont constitués, avec, pour chacun, un expert, un designer, et six autres personnes qui vont remuer ensemble leurs méninges toute la journée. Chaque groupe part s’installer dans une îlot créatif, composé de murs de papier, conçu par le designer Jean Couvreur. Au centre, une table. Dessus, un rouleau déroulant de paper-board. Stylos et post-it multicolores complètent l’équipement… C’est parti.
Pause créative ?
“La pause créative”, qu’est ce que cela évoque pour vous ? “pause café”, “ moment de détente”… le premier mur de l’îlot se recouvre de post-it. Ce groupe a été invité à réagir à un article qui relate le succès des “ pauses creatives” dans la société. Qu’apportent ces pauses ? Qu’est ce qui les limite ? Un autre mur se recouvre de post-it. Autour de la table, on renverse le sujet. Un concensus se forme : le concept de “pause créative” n’a pas vraiment de sens dans une culture où la créativité n’est pas vraiment reconnue. C’est plutôt à la façon d’irriger la société de créativité qu’il faut réfléchir… Dans l’îlot voisin, on s’interroge sur la manière de gérer au mieux l’omniprésence des technologies dans la vie quotidienne. “ A Angers, un bailleur social a mis en place un système qui permet aux locataires de mesurer leur consommation d’énergie”. “Ailleurs, tel système a été abandonné, car il n’était pas adapté”. Jacques-François Marchandise, directeur de développement à la Fing, recadre la discussion “ On est là pour trouver comment se déconnecter”. On continue de chercher…

De la discussion au projet
Les échanges se poursuivent, dans une ambiance concentrée mais détendue. Il est 11h, et, au pied de la table consacrée à l’alimentation et animé par John Thackara et Adèle Seyrig, trainent déjà deux mètres de papier. Ils sont parsemés de mots clés et de dessins. “Les abattoirs sont très centralisés. Ce système est cher et complexe pour les éleveurs” explique Benoît Lacroix , animateur au Pays Nivernais Morvan, qui propose de remettre en place des structures de proximité. “Il faut aussi penser à la culture de céréales, pour rester dans des circuits courts” ajoute Adèle Seyrig, designer. Isabelle matthieu, d’Alliance Provence, un réseau d’AMAP, évoque un projet autour de la fête de l’Aïd à Marseille, occasion de rapprocher les producteurs et les consommateurs de moutons. John Thackara intervient “ il est temps de formuler des propositions”. Car l’aiguille tourne. Il est presque 13h.

A l’autre bout de la Boate,” un compagnonage de l’élu", qui partirait en résidence dans d’autres collectivités durant une partie de son mandat, pour en ramener des “trésors” a été imaginé à la table Energie. Un dispositif comprend des “réunions tricot” pour parler l’énergie entre habitants, des “prospecteurs” qui vont sur le terrain identifier les potentielles actions d’économie ou de gestion alternative de l’énergie, et un service civil qui mobilise des compétences pour mettre en oeuvre des projets. Le tout est financé par un “ énergiton” -qui sera finalement abandonné. Faut il promettre du “sang et des larmes”, ou compter sur le volontarisme des individus pour faire face au défi énergétique ? Le débat est vif autour de la table.

Les concepts en image
Le temps d’un risotto poulet, et d’un coup d”oeil sur le coin librairie, tenu par les responsables de la Librairie des Territoires, que Stéphane Vincent a rencontré quelques jours auparavant : il faut dire qu’une demi-douzaine d’auteurs sont dans la salle. Les travaux reprennent : il ne reste qu’une heure et demie pour fignoler les idées, préciser les concepts. Au cours de l’après-midi, les élus présents, Jean-François Caron, élu au Conseil Régional de Nord-Pas de Calais, et Christian Paul, élu au Conseil Régional de Bourgogne, passent de table en table. Ils ont accepté la délicate mission de présenter leur sélection, à partir des 24 projets imaginés par les équipes, en fin d’après-midi. Les équipes leur exposent leurs projets. Ecoute, discussions, critiques… On passe à la synthèse. Aux murs, sont affichées les images produites par les groupes. Les designers ont bricolé des montages qui illustrent les projets. Un plan de ville orné de carrés jaunes : ce sont des lieux de stockage de quartier, destinés à limiter les déplacements de marchandise (projet du groupe énergie) , un bus londonien siglé “polybus” (projet du groupe vivre ensemble) le passeport d’un citoyen inter-régional (projet du groupe New Deal).

Présentation des élus
Les deux élus se succèdent pour présenter les projets. Certains sont des “boites à outil” quasiment prêtes à l’emploi. D’autres, plus vastes, interrogent le long terme. Par exemple, le groupe qui a travaillé sur la gouvernance a notamment imaginé un “forum de débat public” permanent, composé de citoyens volontaires. Il participe au débat sur l’avenir et pourrait jouer un rôle dans la gestion d’une partie du budget. “Une nouvelle façon d’inventer une fiscalité régionale ? “ s’interroge Christian Paul, rapporteur du groupe new deal 2028, qui a également réfléchi à une nouvelle citoyenneté interrégionale. Aileurs, le groupe "vivre ensemble" a conçu une “pépinière de nouveaux habitants” qui accueille des nouveaux arrivants dans un lieu rural qui a besoin d’être dynamisé. Accompagnement, remboursement du déménagement en cas d’échec, avec, en contrepartie, un engagement dans la communauté. “ Ce projet est intéressant, car il est souple. Il pourrait fonctionner aussi pour les territoires urbains en difficulté” commente Jean-François Caron.
Mise en réseau et éducation
Dans le groupe éducation, on a fait sauter les cloisons entre les lycées et les universités. En 2028, les régions dotées de nouvelles compétences, gèrent les deux. Les internats ont été améliorés, pour permettre à chaque lycéen d’enrichir son parcours, en fréquentant successivement différents établissements, qui développent des dominantes différentes. Enrichissement des individus par la multiplication de leurs expériences, hybridation des lieux, échanges entre structures, importance de la formation… ces thèmes traversent l’ensemble des projets, du réseau des “fabriques d’innovation citoyenne” du groupe “citoyen”, à l’intégration d’activités créatives dans des lieux divers, du groupe “ pause créative”, en passant par les “ espaces de deloguement” , qui habritent différentes activités, du groupe “ technologies”. Impossible d’approfondir chacun des sujets dans le temps imparti. . ..“ Ce travail sera mis en forme et diffusé” promet Stéphane Vincent. Une journée qui a permis aux représentants de collectivités de s’imprégner des méthodes créatives, et aux acteurs créatifs, de mieux comprendre les besoins des élus. Bref, pour tous, d’apprendre à travailler ensemble, différemment et entamer de nouveaux projets.
Dans un prochain billet : la présentation complète des 24 projets conçus par les équipes.
Toutes les photos du Off sont ici.
La liste des participants :
Off 2009 du congrès des Régions : le programme
Billet publié par Stéphane VincentTags: prospective , Provence Alpes Cote d’Azur

La 27e Région fait chauffer la machine à voyager dans le temps et prépare les élections régionales... 2028.
Journée rétro-créative
Le 9 décembre, à Marseille, de 9h à 18h, 60 participants (élus, agents de collectivités, créatifs, designers, chercheurs) se retrouveront à la Bo(a)te pour une journée rétro-créative destinée à imaginer ce qui aura dû être accompli en presque 20 ans pour réussir la région durable... et désirable. Voir le "mode d’emploi" de cette journée plus bas.
Soirée spéciale "Territoires en Résidences"
La veille, le 8 décembre au soir, à partir de 19h, à l’hôtel Vertigo, nous fêterons les résidences actuellement menées en Provence-Alpes Côte d’Azur, Auvergne, Nord-Pas de Calais, Champagne-Ardenne, Aquitaine...
Congrès des Régions, les 10 et 11 décembre
Les propositions les plus originales du "off" seront présentées dans le cadre du Congrès des Régions, qui se tiendra au Parc Chanot, où la 27e Région disposera d’un stand.
Téléchargez le "mode d’emploi" détaillé de la journée du 9 décembre :
L’innovation, côté jardin
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Ile-de-France , Innovation , prospective , Territoires en résidences
La démarche d’immersion proposée dans le cadre de Territoires en Résidences n’intéresse pas seulement les Régions. La ville de Paris nous a contacté il y a quelques temps, en la personne de Bruno Gouyette, de la Direction des espaces verts et de l’environnement. Nous le rencontrions le 31 juillet au sein-même de l’Ecole du Breuil, l’école d’horticulture de la Ville de Paris située aux abords du Bois de Vincennes, en compagnie de Catherine Evrard-Smagghe, ingénieur en chef et directrice de l’école. J’étais accompagné d’Adrien Demay, designer issu de l’Ensci et co-fondateur d’une offre de services en design auprès des territoires.
L’Ecole du Breuil est un site exceptionnel : créée en 1867 par Haussmann pour fleurir Paris, elle forme plus de 200 ouvriers et techniciens dans les techniques du paysage, mais dispense aussi des cours de jardinage pour les amateurs. Elle a un statut d’école privée sous contrat avec le ministère de l’Agriculture et propose une scolarité mixte et gratuite. L’école s’étend sur 25 hectares, la plus grande surface pour l’enseignement horticole en France. Elle propose un arboretum ouvert au public avec 800 essences différentes, un verger, un fruticetum, une roseraie, un jardin de plantes vivaces et un autre de plantes médicinales. L’élue parisienne en charge des espaces verts, et donc de l’Ecole du Breuil, est Fabienne Giboudeaux, adjointe au maire de Paris.

Comment envisager l’avenir avec un tel patrimoine ?
Une réflexion est en cours pour les dix prochaines années. Hormis la consolidation des formations actuelles, l’une des hypothèses serait de faire évoluer l’école vers un centre de formation reconnu à l’échelle nationale et internationale, et d’en faire un outil de recherche appliquée et d’expérimentation, à l’heure où les enjeux climatiques et d’économie d’énergie imposent de repenser le rôle du végétal dans la ville. Institut du végétal au service des collectivités ? centre d’expérimentations et de transfert de savoir-faire vers les professionnels ? L’idée d’un tel positionnement dans le champ de l’horticulture urbaine est très tentante, surtout si ce positionnement couvre non seulement l’innovation technologique, mais aussi l’innovation sociale et les nouveaux comportements urbains -par exemple l’explosion des jardins partagés mais aussi sauvages, comme le Bois Dormoy en plein 18e, ou du "Guerilla gardening" à Londres, ou encore les travaux de paysagistes et de designers, tel Damien Roffat, et son "Jardinons", espace vert participatif. Des rapprochements sont déjà envisagés avec l’Institut des villes durables, une idée de pépinière d’entreprises touchant au végétal, ainsi que le nouveau laboratoire Paris Région Innovation.

Co-construire une nouveau récit pour l’école
Quelle que soit l’hypothèse retenue, la direction de l’école du Breuil pressent que pour atteindre un objectif aussi innovant, il faudra également appliquer des méthodes innovantes. "Il s’agit nécessairement d’un projet collectif, explique Bruno Gouyette. Nous devons trouver une manière d’associer directement élèves, jardiniers et personnes extérieures, sur un registre moins administratif et institutionnel". L’objectif n’est pas d’allonger la liste des rapports, mais de donner à voir aux décideurs des scénarios possibles et "sensibles", co-conçus avec la communauté de l’école. L’exploration de terrain, l’immersion, le travail de "designers ethnologues" peuvent également être un moyen de mieux envisager l’inscription de l’école dans ce territoire, et de lui faire jouer un rôle comme "porte de Joinville".
La discussion avec l’Ecole du Breuil se poursuivra à la rentrée. L’école du Breuil n’entrant pas au premier chef dans les compétences régionales (elle est sous contrat avec le Ministère de l’Agriculture), il n’est pas certain que nous puissions y conduire un projet dans le cadre de Territoires en Résidences, mais si nous sommes utiles, nous trouverons assurément les formes d’un partenariat avec la mairie de Paris, pour ce projet qui s’annonce passionnant...
Interview de Christian Bason, du MindLab
Billet publié par Stéphane VincentTags: Créativité , Innovation , prospective , social
L’innovation sociale préfère généralement cultiver son indépendance vis-à-vis du système... Par conséquent, peu nombreux sont les laboratoires d’innovation sociale "embarqués" au sein même des administrations, des gouvernements ou des collectivités locales. Le SILK (Social Innovation Laboratory of Kent), dirigé par Sophia Parker au sein du Comté du Kent, est l’un d’eux. A l’échelle gouvernementale, nous avions déjà identifié le MindLab, une cellule d’une quinzaine de personnes placée au sein même du ministère de l’emploi, de l’économie et des impôts danois. Je rencontrai pour la première fois Christian Bason, qui le dirige depuis 7 ans, au Social Innovation Exchange organisé par la Young Foundation à Lisbonne. Comme le SILK, le MindLab mobilise le "social design" pour améliorer des dispositifs et des services publics, mais il est également actif en termes de prospective. Je voulais l’interroger à ce sujet.

L’expression "friendly-government"revient souvent dans les publications du MindLab. Faut-il vraiment qu’un gouvernement soit "amical" ?
L’idée du "gouvernement amical" renvoie à l’idée d’un gouvernement qui serait capable de penser l’utilisateur en termes d’empathie, de collaboration, d’équité. C’est l’idée d’une relation mature, totalement renouvelée avec les gens, les utilisateurs, les administrés. Mais pour être franc, je sors tout juste d’un atelier dans lequel nous venons de faire évoluer cette notion... Je dois moi-même admettre que l’amitié n’est pas le sentiment premier lorsque le gouvernement me demande de payer mes impôts ou d’obéir à la police ! Obtenir le "meaningful government" [un gouvernement sensé, ou de bon sens ?] serait déjà une vraie victoire... si j’oublie de remplir une ligne de formulaire ou de joindre un document, je dois pouvoir m’attendre à une réaction moins obtue de la part d’une administration.
Le MindLab associe les agents à des démarches de prospective -notamment à l’approche dite de "backcasting". De quoi s’agit-il au juste ?
Dans les méthodes prospectives habituelles, on pratique le "forecasting" : on prolonge les tendances du passé pour mieux imaginer ce qui pourrait se passer. Au contraire, le backcasting consiste à partir d’un futur souhaité, celui que l’on souhaiterait atteindre. C’est une méthode qui fonctionne assez bien avec les décideurs et les élus, car ils aiment raisonner ainsi. Nous l’avons récemment appliqué à la question de l’investissement responsable dans les "technologies vertes". Sur une journée, nous avons réuni les principaux protagonistes, ceux en mesure d’influer sur la question posée : en premier lieu, des banquiers, des patrons de grandes entreprises, des élus et hauts fonctionnaires, des responsables syndicaux, des experts, des syndicats. L’important était que parmi eux, certains fassent de toute évidence partie de la solution. La première partie de la journée consistait à leur faire décrire une vision "idéale", de façon détaillée : combien faudrait-il investir au minimum pour atteindre l’objectif visé ? ça produirait quoi, concrètement, à la fin ? L’étape suivante consiste à définir, dans le temps, les étapes pour y parvenir : signer un protocole d’accord en 2014, par exemple. A ce stade ils devaient aussi décrire quelle serait leur contribution respective pour atteindre l’objectif visé. L’avantage de cette démarche est qu’elle représente déjà une forme d’engagement réciproque. Au terme de la journée, nous avons ainsi produit un vision commune, nourrie et informée par chacun des protagonistes, et un "blueprint", une ébauche de plan d’action. Les outils et les modes d’animation de cette session sont assez simples : nous étions deux animateurs, nous avions quelques outils pour stimuler le "remue-méninges" et illustrer la vision. Et surtout, la personne responsable de toute cette démarche était de façon explicite le fonctionnaire en charge du projet ; c’est lui qui assurait la direction de la démarche, et le MindLab était à la manoeuvre.
Dans quels cas le backcasting est-il adapté ?
Le backcasting est pertinent lorsqu’il s’agit de lancer une nouvelle politique ambitieuse, sur laquelle de nouveaux moyens sont programmés. Mais il nous arrive d’utiliser le forecasting sur certains projets. Récemment, ce fut le cas sur le "futur de l’économie créative". Nous utilisons alors des méthodes classiques de "scenario planning", inspirée des méthodes de Shell, dans les années 60. On suppose alors que le futur est trop incertain, mais qu’il y a des forces connues en jeu. On produit alors plusieurs scénarios.
Le MindLab met actuellement en oeuvre des méthodes pour créer plus de transversalité entre les ministères. Quelles sont ces méthodes ?
Pour parvenir à faire travailler des directions ou des ministères qui se sentent souvent en compétition, la clé est de faire oublier "qui est qui"... Un exemple : nous organisions un atelier auquel étaient associés, entre autres, une direction du changement climatique, une autre sur les sciences et les technologies. L’idée était tout d’abord de les réunir dans un endroit neutre -en l’occurrence le MindLab. Ensuite, l’objectif consistait à ce que chacun puisse contribuer sans jamais savoir de qui venait la proposition. Chacun disposait d’un ordinateur, et nous utilisions un logiciel en ligne appelé "Think tank" [voir la démo de l’éditeur Groupsystems sur Youtube], qui permet à chacun de s’exprimer anonymement, mais aussi de classer, produire des commentaires et d’étoffer les contributions des autres. Les contributions sont projetées à l’écran. Le temps d’un atelier, nous avions ainsi recréé au sein d’un groupe les principes d’un blog participatif : c’est la qualité des contributions qui est valorisée, pas le statut ni l’identité de ceux qui en sont à l’origine.
La prospective est-elle un exercice populaire ? (suite)
Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie 27e RégionTags: Créativité , Nord Pas de Calais , prospective
Comme nous l’avions annoncé dans le précédent article du même nom, une équipe de France 3 est venue nous filmer lors de notre passage au Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais pour le debriefing de notre opération "Ma vie de Ch’tis en 2030".

Vous pouvez regarder le reportage diffusé le 25 mai 2009 :
Enfin, nous présenterons à nouveau ces vidéos du 18 au 20 juin à Marseille dans le cadre de l’évènement LIFT, organisé par nos collègues de la Fing.
les 6 vidéos de "ma vie de ch’ti en 2030"
Billet publié par Romain ThévenetTags: Nord Pas de Calais , prospective , technologies de l’information , Vie quotidienne
Voici les 6 vidéos que nous avons produit pour la direction prospective du Nord-Pas de Calais
Scénario 1 : Maya, lycéenne à Tourcoing
Scénario 2 : Arnault, conducteur de D.E.R. à Arras
Scénario 3 : Oscar, Marin-cultivateur à Dunkerk
Scénario 4 : Léa, Retraitée à Maubeuge
Scénario 5 : Florian, Technicien Paysan à Lomme
Scénario 6 : Artoka, chef de projet à Roubaix
La prospective est-elle un exercice populaire ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Nord Pas de Calais , prospective , transport
C’est ce que l’on a envie de croire, en tout cas, lorsque que l’on voit la presse gratuite s’intéresser à l’expérience de prospective que nous avons mené avec le Collège de prospective de la Région Nord-Pas de Calais... en prenant le métro le 11 mai au matin, les habitants de Lille et de la région ont fait connaissance avec Arnault, pilote de Dirigeable Express Régional, ou Léa, mami ch’ti centenaire en 2039. Même France 3 Nord-Pas de Calais va diffuser un reportage complet dans son JT prochainement [C’est fait, on peut le voir ici]. Tiens, et si parler de l’avenir intéressait les gens ?

mise à jour 26 mai 2009 par Romain Thévenet
Voici l’article au complet :
Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville
Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...
2040 : la vie de 6 ch’tis en images
Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?
Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale
Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.
Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

Le Metalab 3D explore les territoires de demain
Billet publié par Anne DaubréeTags: Formation , Innovation , Politique publique , prospective , technologie
100 millions d’ados sont inscrits à Habbo Hotel un univers virtuel qui leur est consacré. Des entreprises, comme le Crédit Agricole, dans le Sud-Ouest, organisent des conférences sur Second life, un autre monde virtuel. Une université belge, celle de Bruxelles, y donne régulièrement des conférences. Or, passée l’effervescence médiatique, l’intérêt pour les mondes virtuels s’est dissipé. Pourtant, les enjeux pour les pouvoirs publics sont très importants, notamment en terme de formation, d’urbanisme ou encore de participation. Pour Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la ville de Rennes, et l’un des piliers duMetalab 3D, Il y a là un nouvel espace qui ajoute une dimension aux territoires, avec des modes d’interaction nouveaux qui se constituent.
Coup d’arrêt au statique En juillet 2007, l’Artesi Ile de France, l’agence régionale des technologies et de la société de l’information, et la ville de Rennes, ont mis en place le Metalab 3D, un dispositif de veille et d’expérimentation destiné à permettre aux acteurs publics à trouver leur rôle dans ces nouveaux espaces. Elles ont été rejointes par d’autres partenaires. L’ile achetée par l’Artesi sur Second life, l’un de ces mondes virtuels, a deux vocations : d’une part, mettre à disposition des parcelles pour héberger des initiatives portées par les acteurs publics, et, d’autre part, se servir d’un espace commun pour mener des expérimentations qui impliquent différents acteurs, des rencontres. Au bout de plus d’un an, Hugues Aubin apporte un premier constat : « les projets quasi statiques ne fonctionnent pas ». Ainsi, par exemple, l’office du tourisme virtuel de la région Midi-Pyrénées, a cessé ses animations. L’internaute était supposé découvrir les ressources de la région, mais les évènements n’étaient pas suffisants.
Des opérations avec les acteurs du territoire En revanche, les espaces communs abritent de plus en plus d’évènements. Exemple : pour la seconde année consécutive, les rencontres d’Autrans, qui réunissent des acteurs publics qui se mobilisent sur les enjeux de l’Internet, ont intégré de nouveaux participants, via Second life. Ces individus, simplement connectés à Internet, étaient présents sur l’ile du Metalab 3D sous la forme d’un avatar. Ils ont assisté aux débats (la vidéo était projetée en direct sur l’ile) et ont participé en envoyant des messages écrits aux personnes réunies à Autrans. Leurs textes étaient vidéo-projetés sur un écran de la salle de conférence physique. Autre exemple, les Transmusicales de Rennes se sont déroulées aussi sur Second Life. Le projet était porté par l’organisateur du festival et la ville de Rennes. Dans les deux cas, ils ont permis d’expérimenter des nouvelles formes de rencontres, où monde physique et monde virtuel s’interpénètrent. « Les évènements qui se déroulent sur l’ile du Metalab sont plus souvent portés par des acteurs du territoire, et non par les territoires eux mêmes. Cela peut fonctionner, quand un territoire fait savoir à ces acteurs qu’ils ont cette possibilité. Sauf, bien sûr, pour les villes pionnières qui assument complètement cette dimension, comme Stockholm. » analyse Hugues Aubin.
Veille et constitution d’un réseau Autre volet de la mission du Metalab 3D : la veille internationale sur les initiatives liées aux territoires, qui se déroulent dans les mondes virtuels. On les retrouve sur le blog, nourri notamment par Jean-François Lucas, doctorant en Sociologie à l’Université de Rennes 2, où il effectue des recherches sur les villes numériquement augmentées. « A l’étranger, certaines collectivités ont déjà investi ce champ, par exemple dans l’urbanisme, ou dans l’enseignement supérieur. Cette veille nous permet à la fois de repérer les projets, et d’être en contact avec des personnes qui ont déjà acquis de l’expérience dans ce domaine » remarque Hugues Aubin. Et c’est également ce que permettent les expérimentations qui se déroulent sur l’ile du Metalab 3D : tisser un réseau entre des individus, qui, dispersés dans les administrations et sur le territoire, s’investissent personnellement et expérimentent ces nouvelles pratiques basées sur la collaboration. Outre à constituer un vivier de compétences, ce réseau est déjà précieux : les contributions des volontaires s’ajoutent à des ressources du Metalab 3D, limitées à l’ile sur Second Life, et à du temps de disponibilité de Loïc Haÿ,pour l’Artesi , et à du temps de disponibilité de Hugues Aubin, pour la municipalité de Rennes.











