Les barrios tentent la voie du projet collaboratif, version 2.0
Billet publié par Anne DaubréeTags: Aménagement , Démocratie , Développement local , légalité , technologies de l’information
Comment mener un projet de politique publique dans des territoires où l’urbanisme et l’économie se sont développés de façon complètement anarchique ? Le 11 juin, à la bibliothèque francophone de Second Life, Sylvain Maire et Simon Sarazin, deux bénévoles français ont raconté « Colibri » le projet qu’ils mènent depuis deux ans dans les Barrios de Caracas, au Venezuela. Le projet Colibri est mené avec l’association Colombbus, qui implante des centres de formation aux technologies de l’information dans ces quartiers. Le principe : mettre en place une plate forme informatique collaborative de politique publique, où, par exemple, le plan cadastral ou le recensement se feraient avec les habitants, qui seuls, détiennent ces connaissances. « C’est un projet en prise directe avec la population et avec leurs représentants les plus proches les conseils de communes, qui sont des anciens, implantés dans le territoire » insistent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Etape successive, Colibri deviendrait l’outil « qui permettrait aux structures locales de présenter leurs projets au ministère concerné, et obtenir les financements nécessaires ». Cela dit, de l’état des lieux à la réalisation, il y a un monde, reconnaît l’équipe de Colibri.

- Réunion au couleurs de Colibri, sur SL
Légalité et implication Les questions liées à la collecte des données personnelles, vu des barrios, semblent pour l’instant presque surréalistes, même si l’équipe de Colibri entend y prêter attention. « Le problème des barrios, c’est celui du silence qui s’abat sur eux ». Exemples : la police qui n’intervient pas, le flou sur la légalité …. Connaître le territoire, ce sera mettre à jour toute l’économie illégale qui y sévit. « Tout le monde sait qu’il y a une occupation illégale des sols. Il s’agira de les rendre visibles, pour rendre les parcelles légales pour ceux qui les occupent depuis longtemps. C’est tout l’intérêt d’avoir un cadastre ce que permet de faire Colibri, le gouvernement avait voulu le faire » soulignent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Autre aspect – non négligeable » du projet, le développement de projets qui répondent réellement aux besoins des habitants, et l’implication de ces derniers, rassurés quant à la réalité des projets : Colibri « permet à la population de suivre et de vérifier l’avancée des projets, de se sentir impliquée » expliquent Sylvain Maire et Simon Sarazin. Colibri pourrait aussi servir à développer d’autres pratiques comme les systèmes d’échanges de services entre les habitants, suggèrent les participants à la réunion.
Un projet pour tous ? Pour l’instant, l’équipe cherche 40 000 euros, pour le déploiement de la plate-forme, ainsi que des compétences, notamment sur les mécanismes de la participation. Le gouvernement vénézuélien s’est montré « encourageant », mais n’a pas fourni de financements. La plate forme Colibri pourrait être adaptées à d’autres endroits, notamment en Amérique latine, d’après ses concepteurs. Il pourrait se révéler également extrêmement riche en enseignements pour les autres territoires, plus développés. Paradoxalement, la faiblesse de la structure publique dans ce pays pourrait permettre un déploiement maximal du potentiel de transparence et de participation des tics, donnant naissance à des formes de gouvernance inédites.










