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Jui 23 2010

Comment habiter le lycée ?

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Citoyenneté , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences

De mars à mai dernier, nous avons mené une résidence passionnante au sein du lycée Gabriel Fauré à Annecy, en partenariat avec la Région Rhône Alpes. Parti de la citoyenneté, thème cher à la Région, le sujet a rapidement évolué vers un thème corollaire, quasi-préalable : pour se sentir citoyen, comment se sentir d’abord habitant du lycée ? L’équipe était constituée de Jacky Foucher et Jean-Sébastien Poncet, tous deux designers, respectivement au sein de l’agence Grrr à Nantes et du Collectif DE à Saint-Etienne, ainsi que Camille Pène, doctorante en histoire de l’art et David Masson, étudiant aux Beaux-Arts d’Annecy.. A l’issue de trois mois de résidence, l’équipe a produit 5 projets, qu’on retrouvera en détail dans le livret ci-joint. Un kit de speed dating lycéen pour permettre aux élèves de faire plus vite connaissance lorsqu’ils arrivent, au sein du lycée et entre lycées ; Un projet de signalétique poétique et critique, pour remettre du sensible dans l’organisation du lycée et renforcer le sentiment d’appropriation du lieu ; le trombinoscope géant, afin de "rendre visibles les invisibles" (les élèves que l’on connaît moins, le personnel du lycée, les agents d’entretien...) ; le micro lycéen, relié à la sonorisation du bâtiment et conçu pour donner la parole aux lycéens ; le projet d’aménagement du foyer, visant à privilégier un mode opératoire à une déco ou une organisation finale. Au delà des projets, de nombreux enseignements sont à tirer de cette résidence : sur la prise de conscience des "invisibles", sur la question de l’information au lycée, sur le foyer, trou noir d’un grand nombre de lycées, sur la question de l’expérimentation au sein du lycée. La direction du lycée a perçu la résidence comme un projet sur-marketé ; trois mois, c’est court... mais comment faire mieux percevoir la valeur de la créativité collective ? Comment faire comprendre l’intérêt de produire des projets semi-finis, afin que chacun puisse s’en emparer ? A noter que David Masson, étudiant aux Beaux Arts et membre de l’équipe, partait dès le lendemain de la résidence présenter la démarche en Espagne, en Région Estremadure, dans la cadre de l’opération Express IT (Cross European social innovation project).

mai 24 2010

Comment libérer les données numériques locales ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: aquitaine , Innovation , Territoires en résidences , Web2.0

Pendant 3 mois, une équipe interdisciplinaire s’est immergée dans un quartier de Cenon, sur la rive droite de Bordeaux, dans le cadre du programme "Territoires en résidences". Menée en partenariat avec le Grand Projet de Ville Bassens-Cenon-Floirac-Lormont, la Cyberbase de Cenon et la Région Aquitaine, l’objectif de cette résidence était d’étudier les pratiques des habitants en matière de production de données numériques, et d’imaginer comme tirer parti de ce capital immatériel en termes de nouveaux services collaboratifs et de proximité. L’équipe, à géométrie variable selon les semaines, était composée de Matthieu Savary, Denis Pellerin, Antoine Boilevin, Laura Pandelle, tous designers de services, de Fanny Herbert, sociologue, Hubert Guillaud, journaliste et rédacteur en chef d’InternetActu. La publication décrit en détails comment l’équipe s’est d’abord livrée à un travail de "carottage numérique" à l’échelle du quartier, puis a organisé des ateliers créatifs et de prototypage rapide pour produire des outils -carte des observations, boîte à idées, mixer de champs lexicaux- puis des projets : agenda collaboratif territorial, Greffe à idées, Open territoire ou encore Nuage local. Retrouvez également le blog du journal de bord quotidien du projet, tenu jour après jour par l’équipe.

Deux posters proposent une version détaillée de deux projets : la bourse aux projets, et le moteur de recherche local.

mai 24 2010

Design territorial : 3 jours d’échanges à Malmö et Copenhague

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Design , Europe , Innovation , Territoires en résidences

Du 1e au 3 juin, la 27e Région et DESIS (Design for Social Innovation and Sustainability) organisent "(Re)designing the regions", 3 jours de présentations, de visites et d’ateliers à Malmö et Copenhague à l’attention des élus et des agents de régions et collectivités locales.

Est-il possible d’imaginer un autre type de développement, plus soutenable et mobilisant davantage les capacités des habitants ? Dans de nombreux territoires européens, des administrations et des collectivités travaillent avec la société civile pour explorer des méthodes différentes, issues du design thinking, de l’innovation sociale et de la créativité. Ces approches laissent entrevoir de nouvelles formes de co-conception des politiques publiques, et la possibilité d’un développement raisonné des territoires, dans une logique d’écologie territoriale.

  • Parmi les participants : la Commission européenne, le Medea Living Lab (SW), le MindLab (DK), le MidtLab (DK), le Politecnico di Milano (IT), Kaos Pilots (DK), Iniciativa Joven, Région Estremadure (ESP), Imagination Lancaster (GB), University of Blekinge (SW), Design Wales (GB), Young Foundation (GB), les Pays de Galles (GB), etc.
  • Les participants français : la 27e Région (FR), la Fondation Internet Nouvelle Génération (FR), les Régions Ile-de-France, la Région Champagne-Ardenne, la Communauté d’agglomération de la Rochelle, la Communauté urbaine de Bordeaux, le CHU de Strasbourg, ETD (Entreprises, Territoires et Développement), l’agence User Studio, Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle.

Hors programme, la journée du 4 juin, en format plus restreint, sera consacrée au programme PERL (Partnership for Education and Research for responsible Living).

Un compte-rendu complet des interventions sera publié courant juin sur notre blog. Ce déplacement est co-financé par le programme Europ’Act.

Programme détaillé en français :

Programme résumé en anglais :

Mar 19 2010

Ma vie d’élu

Billet publié par Romain Thévenet
Tags: admninistration , Nord Pas de Calais , Politique publique , Territoires en résidences

Le troisième livret de fin de résidence, autour de l’environnement de travail de l’élu, est disponible en ligne. Vous pouvez le télécharger via votre navigateur (8,6 Mo) ou bien ici sous Slideshare :

D’autre part, un documentaire sort en salle ces jours-ci. Luc Decaster,, réalisateur, a suivi pendant un an une élue du Conseil général de Loire Atlantique, Françoise Verchère.

Vous pouvez retrouver une interview du réalisateur sur Télénantes :

Ce film permet de se plonger dans les questions personnelles et les difficultés d’un élu d’aujourd’hui. Parfois trop sentimental dans son approche du sujet, ce documentaire fait néanmoins la lumière sur la crise personnelle qui touche parfois les élus, leurs difficultés à cohabiter avec la technostructure, leur doutes, et leurs solitude dans l’exercice de leurs fonctions.

Jan 13 2010

A télécharger : Vers une citoyenneté augmentée, bilan d’une résidence conduite à Rennes

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Créativité , Innovation , Quartier , technologies de l’information , Territoires en résidences

Que faire des réseaux sociaux ? Dans la jungle des Facebook et autres Twitter, y a t-il de la place pour des usages collectifs et sociaux, utiles à la société ? C’était le thème d’une nouvelle résidence conduite avec la Région Bretagne, l’association Bug et en complicité avec la Ville de Rennes. Aux commandes : une équipe constituée de Jacky Foucher, designer, agence créative Grrr, Pierre Cahurel, designer, agence créative Grrr, Catherine Jourdan, artiste, collectif La Glacière, et Margot Lebrin, designer-stagiaire, agence créative Grrr.

Aujourd’hui, environ 1 600 rennais sont inscrits à laruche.org, le réseau social concocté par l’association Bug. Quelle alternative citoyenne est possible, à côté des réseaux sociaux à vocation commerciale et publicitaire ? Après une série d’ateliers, de visites et d’entretiens, l’équipe a proposé que la réflexion s’articule autour de quatre axes : une représentation de la communauté accessible à tous, un contenu à la fois informatif et sensible, un responsable identifié et force de propositions et une présence dans l’espace physique.

Au final, trois expériences ont été tentées. La première concernait l’affichage de la carte de « la Ruche » dans le réel, sur des panneaux urbains et bientôt dans le magazine municipal. La seconde a porté sur le « partage de souvenirs » : avec la complicité des agents municipaux, les premières phrases de récits écrits par les habitants ont été imprimées sur le bitume, dans quelques quartiers ; chacun peut ainsi lire la suite en allant sur le réseau social. Un service de co-voiturage a été également testé et des panneaux d’information plantés aux abords de lieux de stationnement sauvage. Par ailleurs, quatre autres projets ont été maquettés, intitulés respectivement : ma bulle publique, le calendrier commun, le label Ruche et des groupes « vraiment » publics.

Tous les projets menés dans le cadre de Territoires en Résidences peuvent être suivi en temps réels sur ce blog, et donnent lieu à une publication. Notre première résidence menée au Lycée Jean Moulin de Revin a donné lieu à un premier livret, et d’autres sont sur le point d’être publiés.

Déc 15 2009

Des résidences à mi-parcours

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: aquitaine , Auvergne , Bretagne , Champagne-Ardennes , Innovation , Provence Alpes Cote d’Azur , Territoires en résidences

Décembre 2009 : c’est l’heure du bilan d’étape pour Territoires en Résidences, le programme d’expérimentations soutenu par la Commission européenne, que nous avons lancé début 2009, et qui se terminera fin 2010. Déjà 7 résidences auront été menées fin 2009, mobilisant une vingtaine de designers, innovateurs sociaux, architectes, chercheurs, sociologues, et plusieurs centaines d’habitants d’Auvergne, Provence-Alpes Côte d’Azur, Champagne Ardenne, Bretagne et Aquitaine. Avec, en invité d’honneur, le Laboratorio per l’Innovazione, projet d’innovation sociale localisé à Palerme.

A télécharger ou à consulter en ligne ici :

Nov 13 2009

Le lycée, entre ultra-consumérisme et citoyenneté

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences

Nous préparons depuis quelques temps une résidence au sein du lycée Gabriel Fauré, à Annecy (voir ce billet). Nouveau déplacement ce mardi 10 novembre pour revoir le proviseur et ses équipes, vérifier l’intérêt de la Région Rhône Alpes pour cette expérimentation, et approfondir le thème choisi. Voici les notes de Julie Bernard, architecte à Lyon, avec qui je faisais la visite.

Notre première visite en Mars dernier avait permis de saisir les sensations d’un lycée trop exigu, avec de petits espaces mal conçus, et une exploitation non-optimum des lieux. Lors de cette seconde visite, le proviseur nous le répète dès notre arrivée, « on manque de place ». Malgré tout, il ne manque pas de la place pour tout, mais majoritairement pour créer, se rassembler, échanger, communiquer en dehors des heures de cours.

Plus largement, la question posée est celle de la citoyenneté au lycée. Comment le lycée peut-il accompagner chaque individu à devenir un citoyen autonome, responsable et créatif ? Quelles identités pour le lycée Fauré ? La citoyenneté est la valeur que souhaite notamment faire partager la Région Rhône Alpes. Mais comment la faire vivre face à la réalité du terrain ?

La culture citoyenne

« Les lycéens viennent consommer de l’heure de cours » dit rapidement le proviseur. Ils viennent consommer leur 10 de moyenne » précise Emmanuel Delessert. Ce dernier définit la citoyenneté comme étant essentiellement une question de culture. La citoyenneté permet aussi de s’émanciper. Il faudrait que du lycée, sortent des hommes et des femmes « en capacité » ? Comment le lycée favorise-t-il alors le goût pour l’intérêt collectif, et les projets de manière générale ? Et comment se protège-t-il du consumérisme des lycéens d’une part, mais aussi celui des profs et du personnel administratif ?

La citoyenneté

Nous notons pendant cette journée que les mots de la citoyenneté ne sont pas évidents, et qu’ils « ne parlent peut être pas beaucoup ». Comment les rendre lisibles, compréhensibles ? Ne pourrions nous pas inventer une nouvelle représentation de ces mots ?

La continuité

Le lycée Gabriel Fauré, comme tout les autres lycées, voient se succéder les lycéens d’une année sur l’autre. Il semble donc difficile de faire perdurer une énergie. Emmanuel Delessert nous explique que « Tout dépend de l’énergie des profs motivés. L’année où l’on est fatigué, il se passe moins de chose ». Au lycée Fauré, certains projets ont fleuri. Il y a la journée Kulte, fin Avril. Mais « la journée Kulte n’est pas un du », et pour qu’elle continue d’exister, il faut de l’investissement. Il y a aussi la vente des petits pains qui permettent, entre autre, à une classe de financer en parti leur voyage en Pologne. Mais parfois la dynamique s’épuise et là encore il semble que certains lycéens ne saisissent pas la persévérance que cela impose. Se pose alors la question de la pérennité des projets. Comment peuvent-ils être portés sur le long terme, alors même que les lycéens se renouvellent chaque année ?

La responsabilisation

Quelques lycéens agissent. « Ils sont très peu nombreux mais très actifs » nous raconte Emmanuel Delessert. Pour autant, monter un projet sous entend une part de confiance accordé aux lycéens mobilisés, et même aux profs les accompagnant. « Il est difficile d’avoir certaines autorisations ». Les législations ne semblent pas faites pour porter les dynamiques créatives de vie lycéenne. La question de la sécurité (horaires inflexibles, lieux non appropriables…) génère de l’inertie dans les prises de décision. Ces comportements contribuent à plonger le lycée dans un rôle fonctionnaliste, d’accueil des élèves en classe.

Une résidence en préparation pour début 2010

Date est prise pour une résidence sur ces thèmes début 2010, sous réserve de l’octroi d’un budget par le lycée et par la Région Rhône Alpes. D’ici là sont prévus deux journées de pré-visites mi-janvier, et si la résidence est confirmée, elle se déroulera de mars à mai prochain.

Sep 14 2009

A télécharger : le bilan de notre première résidence

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Créativité , Innovation , Lycée , Territoires en résidences

Depuis la création (récente) de la 27e Région, nous défendons l’idée selon laquelle les acteurs publics devrait mobiliser des formes d’ingénierie radicalement différentes, plus qualitatives et mobilisant davantage la créativité des citoyens. C’est dans cet esprit qu’en janvier 2009, nous avons lancé "Territoires en Résidences". En quelques mois, ce programme est devenu pour nous et pour quelques dizaines d’innovateurs, designers, sociologues, anthropologues, vidéastes, chercheurs de tout poil, une façon de tester concrètement ces méthodes au sein des régions. Aujourd’hui, nous sommes fiers de revenir sur la première des résidences que nous avons conduit de mars à mai 2009, au lycée Jean Moulin de Revin, en Région Champagne-Ardenne. Réalisé par les résidents (Merci à toute l’équipe de User Studio et à François Jégou), le document "Revin - Vers un campus ouvert" décrit fidèlement les différentes étapes, les outils créatifs utilisés, les projets qui ont vu le jour, et les enseignements qui peuvent intéresser les établissements scolaires, les Régions et l’Education nationale.

(pour le télécharger, cliquez sur le document et une fois dans Slideshare, cliquez sur "get file")

Aou 2 2009

L’innovation, côté jardin

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Créativité , Ile-de-France , Innovation , prospective , Territoires en résidences

La démarche d’immersion proposée dans le cadre de Territoires en Résidences n’intéresse pas seulement les Régions. La ville de Paris nous a contacté il y a quelques temps, en la personne de Bruno Gouyette, de la Direction des espaces verts et de l’environnement. Nous le rencontrions le 31 juillet au sein-même de l’Ecole du Breuil, l’école d’horticulture de la Ville de Paris située aux abords du Bois de Vincennes, en compagnie de Catherine Evrard-Smagghe, ingénieur en chef et directrice de l’école. J’étais accompagné d’Adrien Demay, designer issu de l’Ensci et co-fondateur d’une offre de services en design auprès des territoires.

L’Ecole du Breuil est un site exceptionnel : créée en 1867 par Haussmann pour fleurir Paris, elle forme plus de 200 ouvriers et techniciens dans les techniques du paysage, mais dispense aussi des cours de jardinage pour les amateurs. Elle a un statut d’école privée sous contrat avec le ministère de l’Agriculture et propose une scolarité mixte et gratuite. L’école s’étend sur 25 hectares, la plus grande surface pour l’enseignement horticole en France. Elle propose un arboretum ouvert au public avec 800 essences différentes, un verger, un fruticetum, une roseraie, un jardin de plantes vivaces et un autre de plantes médicinales. L’élue parisienne en charge des espaces verts, et donc de l’Ecole du Breuil, est Fabienne Giboudeaux, adjointe au maire de Paris.

Comment envisager l’avenir avec un tel patrimoine ?

Une réflexion est en cours pour les dix prochaines années. Hormis la consolidation des formations actuelles, l’une des hypothèses serait de faire évoluer l’école vers un centre de formation reconnu à l’échelle nationale et internationale, et d’en faire un outil de recherche appliquée et d’expérimentation, à l’heure où les enjeux climatiques et d’économie d’énergie imposent de repenser le rôle du végétal dans la ville. Institut du végétal au service des collectivités ? centre d’expérimentations et de transfert de savoir-faire vers les professionnels ? L’idée d’un tel positionnement dans le champ de l’horticulture urbaine est très tentante, surtout si ce positionnement couvre non seulement l’innovation technologique, mais aussi l’innovation sociale et les nouveaux comportements urbains -par exemple l’explosion des jardins partagés mais aussi sauvages, comme le Bois Dormoy en plein 18e, ou du "Guerilla gardening" à Londres, ou encore les travaux de paysagistes et de designers, tel Damien Roffat, et son "Jardinons", espace vert participatif. Des rapprochements sont déjà envisagés avec l’Institut des villes durables, une idée de pépinière d’entreprises touchant au végétal, ainsi que le nouveau laboratoire Paris Région Innovation.

Co-construire une nouveau récit pour l’école

Quelle que soit l’hypothèse retenue, la direction de l’école du Breuil pressent que pour atteindre un objectif aussi innovant, il faudra également appliquer des méthodes innovantes. "Il s’agit nécessairement d’un projet collectif, explique Bruno Gouyette. Nous devons trouver une manière d’associer directement élèves, jardiniers et personnes extérieures, sur un registre moins administratif et institutionnel". L’objectif n’est pas d’allonger la liste des rapports, mais de donner à voir aux décideurs des scénarios possibles et "sensibles", co-conçus avec la communauté de l’école. L’exploration de terrain, l’immersion, le travail de "designers ethnologues" peuvent également être un moyen de mieux envisager l’inscription de l’école dans ce territoire, et de lui faire jouer un rôle comme "porte de Joinville".

La discussion avec l’Ecole du Breuil se poursuivra à la rentrée. L’école du Breuil n’entrant pas au premier chef dans les compétences régionales (elle est sous contrat avec le Ministère de l’Agriculture), il n’est pas certain que nous puissions y conduire un projet dans le cadre de Territoires en Résidences, mais si nous sommes utiles, nous trouverons assurément les formes d’un partenariat avec la mairie de Paris, pour ce projet qui s’annonce passionnant...

Jui 11 2009

La Corse et le "pouvoir des foules"

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie 27e Région
Tags: corse , Territoires en résidences

Qui se souvient que jusqu’en 70, la Corse était rattachée à Provence Alpes Côte d’Azur ? C’est ensuite en 91, que la Corse a acquis le statut de "collectivité territoriale de la République", lui allouant plus de pouvoir que celui de Région.

A l’invitation d’Eric Ferrari, directeur de la MITIC (la MIssion des Technologie de l’lnformation pour la Corse) j’ai passé deux jours sur l’Île de Beauté, pour un séjour très studieux.

Jeudi matin, j’animais une discussion autour du film Us Now, (qu’on ne présente plus…) dans le cadre de la "Route des territoires". Un premier exercice intéressant, mais pas facile. Etaient présents beaucoup (trop ?) d’intervenants représentant les entreprises, l’université, les collectivités locales, la caisse des dépôts… avec des intérêts aussi divers que le web 2.0, la participation dans l’action publique, ou les problématiques d’infrastructures. Le grand écart était flagrant, mais la discussion d’autant plus riche.

Je retiens surtout la pertinence encore une fois des questions posées par Ivo Gormley dans son film. Les acteurs n’étaient pas tous prêts à envisager ce virage participatif, mais même les réticents n’étaient pas insensibles à ces questions. La démocratie grecque a été invoquée, comme premier lieu historique de cette participation. La nécessité d’ancrer ces usages dans une participation dans le monde physique. Quand à moi j’essayais de rebondir aux mieux sur ces différentes présentation un peu figées.

Quelques exemples locaux ont pu être présentés comme le site de la communauté de commune d’Ajaccio qui se met tranquillement à des usages souples, en publiant ses diaporamas sur slideshare ou ses publications sur Caméléo… ou encore le site de"corsica diaspora" qui essaie de fédérer les acteurs corses, à l’intérieur et à l’extérieur de l’île, autour de différents projets.

Enfin je retiens la leçon : une table ronde sur une estrade après ce film sur la participation, "ça fait un peu mauvais genre". j’aurai dû plus insister auprès des organisateurs pour donner la parole à la salle en premier…


J’ai passé la journée du vendredi au sein de la MITIC. Les discussions avec Eric Ferrari et Jean Marc Devismes ont permis d’imaginer quelques résidences possibles autour de 3 sujets :

  • Le CREPS de Corse, Centre Régionale d’Education Physique et Sportive, est une structure qui va être décentralisée en 2009, et dont la gestion va être désormais assurée par la Collectivité Territoriale de Corse. Comment, dans ce transfert de compétences, imaginer de nouvelles actions ?
  • Enfin le lycée reste une possibilité intéressante. Reste à définir lequel serait prêt à nous accueillir.

Nous allons organiser avec Eric Ferrari, deux jours de visites dans ces différents lieux à la rentrée. D’ici là je tire déjà quelques leçons en prévision de ces résidences : On le savait déjà, mais la Corse est un territoire dont la somme des spécificités en fait un territoire d’expérimentation très particulier. Les problématiques insulaires, rurales, d’appartenances sont ici plus fortes qu’ailleurs, et la préparation avec les résidents et les lieux d’accueil devra être d’autant plus importante. La résidence corse ne pourra démarrer probablement que début 2010, mais il faut dès à présent préparer le terrain et trouver les "relais" sur place pour nous aider dans la préparation de cette immersion. Pour le reste, l’hospitalité corse légendaire, que j’ai pu apprécié lors de ce séjour facilitera probablement cette construction.

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