Comment habiter le lycée ?
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Citoyenneté , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences
De mars à mai dernier, nous avons mené une résidence passionnante au sein du lycée Gabriel Fauré à Annecy, en partenariat avec la Région Rhône Alpes. Parti de la citoyenneté, thème cher à la Région, le sujet a rapidement évolué vers un thème corollaire, quasi-préalable : pour se sentir citoyen, comment se sentir d’abord habitant du lycée ? L’équipe était constituée de Jacky Foucher et Jean-Sébastien Poncet, tous deux designers, respectivement au sein de l’agence Grrr à Nantes et du Collectif DE à Saint-Etienne, ainsi que Camille Pène, doctorante en histoire de l’art et David Masson, étudiant aux Beaux-Arts d’Annecy.. A l’issue de trois mois de résidence, l’équipe a produit 5 projets, qu’on retrouvera en détail dans le livret ci-joint. Un kit de speed dating lycéen pour permettre aux élèves de faire plus vite connaissance lorsqu’ils arrivent, au sein du lycée et entre lycées ; Un projet de signalétique poétique et critique, pour remettre du sensible dans l’organisation du lycée et renforcer le sentiment d’appropriation du lieu ; le trombinoscope géant, afin de "rendre visibles les invisibles" (les élèves que l’on connaît moins, le personnel du lycée, les agents d’entretien...) ; le micro lycéen, relié à la sonorisation du bâtiment et conçu pour donner la parole aux lycéens ; le projet d’aménagement du foyer, visant à privilégier un mode opératoire à une déco ou une organisation finale. Au delà des projets, de nombreux enseignements sont à tirer de cette résidence : sur la prise de conscience des "invisibles", sur la question de l’information au lycée, sur le foyer, trou noir d’un grand nombre de lycées, sur la question de l’expérimentation au sein du lycée. La direction du lycée a perçu la résidence comme un projet sur-marketé ; trois mois, c’est court... mais comment faire mieux percevoir la valeur de la créativité collective ? Comment faire comprendre l’intérêt de produire des projets semi-finis, afin que chacun puisse s’en emparer ? A noter que David Masson, étudiant aux Beaux Arts et membre de l’équipe, partait dès le lendemain de la résidence présenter la démarche en Espagne, en Région Estremadure, dans la cadre de l’opération Express IT (Cross European social innovation project).
Régions 2028 : la 27e Région fait son off (2/2)
Billet publié par Stéphane VincentTags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural
Suite et fin de notre billet consacré à l’exercice de prospective en "backcasting" que nous avions organisé à l’occasion du 5e Congrès des Régions en décembre dernier. La vidéaste Marguerite Fouletier en a tiré cette vidéo, qui reprend les meilleurs moments de cette journée et du Off.
Pour revivre également cette journée et les projets qui en sont sortis, on peut aussi télécharger ce document qui décrit en détail les 24 projets, du « new deal interrégional » aux « fabriques de l’innovation citoyenne ». Et pour arriver au chiffre de 27, l’équipe de la 27ème Région a concocté en exclusivité trois projets supplémentaires ! Dans une seconde partie, la méthode prospective et créative utilisée lors de cette journée est décrite en détails, accompagnée de notre appréciation sur le déroulement de l’exercice. Cette journée « Off » du congrès des Régions » a été conçue avec l’aide du bureau Strategic Design Scenarios.
Régions 2028 : la 27e Région fait son off (1/2)
Billet publié par Anne DaubréeTags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural
En marge du Congrès des Régions de Marseille, élus, agents et créatifs inventent les outils de la politique publique de demain, et une nouvelle méthode de travail pour tout de suite...
Une soixantaine d’élus, agents, designers, architectes, chercheurs… se retrouvent à l’hôtel Vertigo, à Marseille, le mardi 8 décembre au soir. La 27e Région les a invité à participer à la journée de travail créatif qui se tient le lendemain. Mais, ce soir, c’est d’abord l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler, en particulier sur le programme "Territoires en résidences". Tour à tour, les équipes présentent rapidement les résidences. Il y en a 7, plus une… celle du « Laboratorio per l’innovazione », que Maurizio Giambalvo va présenter, venu spécialement de Palerme. Un livret de présentation des résidences est diffusé aux participants (librement téléchargeable ici). La soirée se poursuit par des discussions, dans une ambiance tranquille et conviviale. La preuve en photos.

Sortie en Boate
Mercredi 9 décembre. A 9 h, les participants se retrouvent à la Boate, ce tiers lieu marseillais, à quelques pas du vieux port. Après le café, tout le monde se rassemble au fond de la salle, dans la pièce libérée de ses meubles. On s’assied par terre et assiste à une revue de presse du 9 décembre...2028. Les infos défilent, sur fond d’images bricolées : Gros titre : « Les élus du Grand Paris partent en voyage d’étude sur le plateau de Millevache,” pour s’inspirer de leur maniere de vivre ensemble. Autre info : on fête le 10e anniversaire du pôle alimentaire multimodal, qui marque la fin d’une époque où les AMAP étaient considérés comme une curiosité….
A travers ces histoires inventées (qu’on pourra retrouver en détails sur Flickr), différents défis et enjeux sociétaux auxquels sont confrontées les régions sont abordés : énergie, éducation, gouvernance, alimentation, usages des technologies, créativité, participation… mais on ne va pas regarder des vidéos toute la journée ! Stéphane Vincent, Romain Thévenet et François Jégou présentent les règles du jeu. L’objectif : imaginer comment cet avenir "souhaitable" est-il arrivé, quels projets, quelles politiques publiques, quelles étapes ont été nécessaires pour l’atteindre...
Huit groupes sont constitués, avec, pour chacun, un expert, un designer, et six autres personnes qui vont remuer ensemble leurs méninges toute la journée. Chaque groupe part s’installer dans une îlot créatif, composé de murs de papier, conçu par le designer Jean Couvreur. Au centre, une table. Dessus, un rouleau déroulant de paper-board. Stylos et post-it multicolores complètent l’équipement… C’est parti.
Pause créative ?
“La pause créative”, qu’est ce que cela évoque pour vous ? “pause café”, “ moment de détente”… le premier mur de l’îlot se recouvre de post-it. Ce groupe a été invité à réagir à un article qui relate le succès des “ pauses creatives” dans la société. Qu’apportent ces pauses ? Qu’est ce qui les limite ? Un autre mur se recouvre de post-it. Autour de la table, on renverse le sujet. Un concensus se forme : le concept de “pause créative” n’a pas vraiment de sens dans une culture où la créativité n’est pas vraiment reconnue. C’est plutôt à la façon d’irriger la société de créativité qu’il faut réfléchir… Dans l’îlot voisin, on s’interroge sur la manière de gérer au mieux l’omniprésence des technologies dans la vie quotidienne. “ A Angers, un bailleur social a mis en place un système qui permet aux locataires de mesurer leur consommation d’énergie”. “Ailleurs, tel système a été abandonné, car il n’était pas adapté”. Jacques-François Marchandise, directeur de développement à la Fing, recadre la discussion “ On est là pour trouver comment se déconnecter”. On continue de chercher…

De la discussion au projet
Les échanges se poursuivent, dans une ambiance concentrée mais détendue. Il est 11h, et, au pied de la table consacrée à l’alimentation et animé par John Thackara et Adèle Seyrig, trainent déjà deux mètres de papier. Ils sont parsemés de mots clés et de dessins. “Les abattoirs sont très centralisés. Ce système est cher et complexe pour les éleveurs” explique Benoît Lacroix , animateur au Pays Nivernais Morvan, qui propose de remettre en place des structures de proximité. “Il faut aussi penser à la culture de céréales, pour rester dans des circuits courts” ajoute Adèle Seyrig, designer. Isabelle matthieu, d’Alliance Provence, un réseau d’AMAP, évoque un projet autour de la fête de l’Aïd à Marseille, occasion de rapprocher les producteurs et les consommateurs de moutons. John Thackara intervient “ il est temps de formuler des propositions”. Car l’aiguille tourne. Il est presque 13h.

A l’autre bout de la Boate,” un compagnonage de l’élu", qui partirait en résidence dans d’autres collectivités durant une partie de son mandat, pour en ramener des “trésors” a été imaginé à la table Energie. Un dispositif comprend des “réunions tricot” pour parler l’énergie entre habitants, des “prospecteurs” qui vont sur le terrain identifier les potentielles actions d’économie ou de gestion alternative de l’énergie, et un service civil qui mobilise des compétences pour mettre en oeuvre des projets. Le tout est financé par un “ énergiton” -qui sera finalement abandonné. Faut il promettre du “sang et des larmes”, ou compter sur le volontarisme des individus pour faire face au défi énergétique ? Le débat est vif autour de la table.

Les concepts en image
Le temps d’un risotto poulet, et d’un coup d”oeil sur le coin librairie, tenu par les responsables de la Librairie des Territoires, que Stéphane Vincent a rencontré quelques jours auparavant : il faut dire qu’une demi-douzaine d’auteurs sont dans la salle. Les travaux reprennent : il ne reste qu’une heure et demie pour fignoler les idées, préciser les concepts. Au cours de l’après-midi, les élus présents, Jean-François Caron, élu au Conseil Régional de Nord-Pas de Calais, et Christian Paul, élu au Conseil Régional de Bourgogne, passent de table en table. Ils ont accepté la délicate mission de présenter leur sélection, à partir des 24 projets imaginés par les équipes, en fin d’après-midi. Les équipes leur exposent leurs projets. Ecoute, discussions, critiques… On passe à la synthèse. Aux murs, sont affichées les images produites par les groupes. Les designers ont bricolé des montages qui illustrent les projets. Un plan de ville orné de carrés jaunes : ce sont des lieux de stockage de quartier, destinés à limiter les déplacements de marchandise (projet du groupe énergie) , un bus londonien siglé “polybus” (projet du groupe vivre ensemble) le passeport d’un citoyen inter-régional (projet du groupe New Deal).

Présentation des élus
Les deux élus se succèdent pour présenter les projets. Certains sont des “boites à outil” quasiment prêtes à l’emploi. D’autres, plus vastes, interrogent le long terme. Par exemple, le groupe qui a travaillé sur la gouvernance a notamment imaginé un “forum de débat public” permanent, composé de citoyens volontaires. Il participe au débat sur l’avenir et pourrait jouer un rôle dans la gestion d’une partie du budget. “Une nouvelle façon d’inventer une fiscalité régionale ? “ s’interroge Christian Paul, rapporteur du groupe new deal 2028, qui a également réfléchi à une nouvelle citoyenneté interrégionale. Aileurs, le groupe "vivre ensemble" a conçu une “pépinière de nouveaux habitants” qui accueille des nouveaux arrivants dans un lieu rural qui a besoin d’être dynamisé. Accompagnement, remboursement du déménagement en cas d’échec, avec, en contrepartie, un engagement dans la communauté. “ Ce projet est intéressant, car il est souple. Il pourrait fonctionner aussi pour les territoires urbains en difficulté” commente Jean-François Caron.
Mise en réseau et éducation
Dans le groupe éducation, on a fait sauter les cloisons entre les lycées et les universités. En 2028, les régions dotées de nouvelles compétences, gèrent les deux. Les internats ont été améliorés, pour permettre à chaque lycéen d’enrichir son parcours, en fréquentant successivement différents établissements, qui développent des dominantes différentes. Enrichissement des individus par la multiplication de leurs expériences, hybridation des lieux, échanges entre structures, importance de la formation… ces thèmes traversent l’ensemble des projets, du réseau des “fabriques d’innovation citoyenne” du groupe “citoyen”, à l’intégration d’activités créatives dans des lieux divers, du groupe “ pause créative”, en passant par les “ espaces de deloguement” , qui habritent différentes activités, du groupe “ technologies”. Impossible d’approfondir chacun des sujets dans le temps imparti. . ..“ Ce travail sera mis en forme et diffusé” promet Stéphane Vincent. Une journée qui a permis aux représentants de collectivités de s’imprégner des méthodes créatives, et aux acteurs créatifs, de mieux comprendre les besoins des élus. Bref, pour tous, d’apprendre à travailler ensemble, différemment et entamer de nouveaux projets.
Dans un prochain billet : la présentation complète des 24 projets conçus par les équipes.
Toutes les photos du Off sont ici.
La liste des participants :
Le lycée, entre ultra-consumérisme et citoyenneté
Billet publié par Stéphane VincentTags: Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences

Nous préparons depuis quelques temps une résidence au sein du lycée Gabriel Fauré, à Annecy (voir ce billet). Nouveau déplacement ce mardi 10 novembre pour revoir le proviseur et ses équipes, vérifier l’intérêt de la Région Rhône Alpes pour cette expérimentation, et approfondir le thème choisi. Voici les notes de Julie Bernard, architecte à Lyon, avec qui je faisais la visite.
Notre première visite en Mars dernier avait permis de saisir les sensations d’un lycée trop exigu, avec de petits espaces mal conçus, et une exploitation non-optimum des lieux. Lors de cette seconde visite, le proviseur nous le répète dès notre arrivée, « on manque de place ». Malgré tout, il ne manque pas de la place pour tout, mais majoritairement pour créer, se rassembler, échanger, communiquer en dehors des heures de cours.
Plus largement, la question posée est celle de la citoyenneté au lycée. Comment le lycée peut-il accompagner chaque individu à devenir un citoyen autonome, responsable et créatif ? Quelles identités pour le lycée Fauré ? La citoyenneté est la valeur que souhaite notamment faire partager la Région Rhône Alpes. Mais comment la faire vivre face à la réalité du terrain ?

La culture citoyenne
« Les lycéens viennent consommer de l’heure de cours » dit rapidement le proviseur. Ils viennent consommer leur 10 de moyenne » précise Emmanuel Delessert. Ce dernier définit la citoyenneté comme étant essentiellement une question de culture. La citoyenneté permet aussi de s’émanciper. Il faudrait que du lycée, sortent des hommes et des femmes « en capacité » ? Comment le lycée favorise-t-il alors le goût pour l’intérêt collectif, et les projets de manière générale ? Et comment se protège-t-il du consumérisme des lycéens d’une part, mais aussi celui des profs et du personnel administratif ?
La citoyenneté
Nous notons pendant cette journée que les mots de la citoyenneté ne sont pas évidents, et qu’ils « ne parlent peut être pas beaucoup ». Comment les rendre lisibles, compréhensibles ? Ne pourrions nous pas inventer une nouvelle représentation de ces mots ?
La continuité
Le lycée Gabriel Fauré, comme tout les autres lycées, voient se succéder les lycéens d’une année sur l’autre. Il semble donc difficile de faire perdurer une énergie. Emmanuel Delessert nous explique que « Tout dépend de l’énergie des profs motivés. L’année où l’on est fatigué, il se passe moins de chose ». Au lycée Fauré, certains projets ont fleuri. Il y a la journée Kulte, fin Avril. Mais « la journée Kulte n’est pas un du », et pour qu’elle continue d’exister, il faut de l’investissement. Il y a aussi la vente des petits pains qui permettent, entre autre, à une classe de financer en parti leur voyage en Pologne. Mais parfois la dynamique s’épuise et là encore il semble que certains lycéens ne saisissent pas la persévérance que cela impose. Se pose alors la question de la pérennité des projets. Comment peuvent-ils être portés sur le long terme, alors même que les lycéens se renouvellent chaque année ?
La responsabilisation
Quelques lycéens agissent. « Ils sont très peu nombreux mais très actifs » nous raconte Emmanuel Delessert. Pour autant, monter un projet sous entend une part de confiance accordé aux lycéens mobilisés, et même aux profs les accompagnant. « Il est difficile d’avoir certaines autorisations ». Les législations ne semblent pas faites pour porter les dynamiques créatives de vie lycéenne. La question de la sécurité (horaires inflexibles, lieux non appropriables…) génère de l’inertie dans les prises de décision. Ces comportements contribuent à plonger le lycée dans un rôle fonctionnaliste, d’accueil des élèves en classe.
Une résidence en préparation pour début 2010
Date est prise pour une résidence sur ces thèmes début 2010, sous réserve de l’octroi d’un budget par le lycée et par la Région Rhône Alpes. D’ici là sont prévus deux journées de pré-visites mi-janvier, et si la résidence est confirmée, elle se déroulera de mars à mai prochain.
A télécharger : le bilan de notre première résidence
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e RégionTags: Créativité , Innovation , Lycée , Territoires en résidences
Depuis la création (récente) de la 27e Région, nous défendons l’idée selon laquelle les acteurs publics devrait mobiliser des formes d’ingénierie radicalement différentes, plus qualitatives et mobilisant davantage la créativité des citoyens. C’est dans cet esprit qu’en janvier 2009, nous avons lancé "Territoires en Résidences". En quelques mois, ce programme est devenu pour nous et pour quelques dizaines d’innovateurs, designers, sociologues, anthropologues, vidéastes, chercheurs de tout poil, une façon de tester concrètement ces méthodes au sein des régions. Aujourd’hui, nous sommes fiers de revenir sur la première des résidences que nous avons conduit de mars à mai 2009, au lycée Jean Moulin de Revin, en Région Champagne-Ardenne. Réalisé par les résidents (Merci à toute l’équipe de User Studio et à François Jégou), le document "Revin - Vers un campus ouvert" décrit fidèlement les différentes étapes, les outils créatifs utilisés, les projets qui ont vu le jour, et les enseignements qui peuvent intéresser les établissements scolaires, les Régions et l’Education nationale.
(pour le télécharger, cliquez sur le document et une fois dans Slideshare, cliquez sur "get file")
Visite du lycée professionnel la Croix-Cordier, à Tinqueux
Billet publié par Stéphane VincentTags: Champagne-Ardennes , Lycée
Visite le 12 juin du lycée professionnel la Croix-Cordier, à Tinqueux en Région Champagne Ardenne, en compagnie de Sylvain Petit, chargé du fonctionnement des lycées, et Bertrand Rigal, chargé du numérique à la Région. La Région Champagne Ardenne et le lycée souhaiteraient y accueillir une résidence.
La journée était organisée autour d’un dialogue avec la direction du lycée, de quelques professeurs et du personnel technique, et d’une visite de l’établissement. M. Pipino, l’actuel proviseur du lycée, en a profité pour nous présenter Philippe Lounges, actuel principal adjoint de collège et qui va lui succéder à la rentrée.
Le lycée a été créé en 1964, à partir de bâtiments préfabriqués. C’est aujourd’hui un lycée à taille humaine, aux bâtiments récents. Au fil d’une discussion assez riche, nous avons exploré des points d’entrées possibles. Le mot d’ordre commun : mobiliser les lycéens eux-mêmes. Voici ces pistes, sans hiérarchie particulière :
Le lycée du nouvel arrivant
Que se passe t-il dans la tête d’un lycéen, d’un enseignant, d’un agent, lorsqu’il arrive au lycée ? tantôt voulue, tantôt subie (50 élèves au moins viennent au lycée sans avoir le brevet des collèges), les premières semaines au lycée sont décisives. Un sujet d’autant plus pertinent, qu’une partie de la direction vient elle-même de changer -en l’occurrence, le proviseur et le CPE.
Le lycée culturel
"Comment créer de l’ouverture d’esprit, de la curiosité, montrer de nouveaux horizons dans ce lycée ?", nous disent les professeurs. Ouverture d’esprit, curiosité, nouveaux horizons. La participation du lycée aux Flâneries Musicales est dans les esprits. « Pourquoi pas un lieu où faire de la musique ? »
Le lycée durable
Derrière l’emploi de ce mot "valise", il y a bel et bien une démarche durable amorcée dans ce lycée. Les lycéens se sont eux-mêmes mobilisés pour poser des cellules photovoltaïques sur le toit d’un hangar, et surtout, un bâtiment-témoin, destiné à devenir le foyer des lycéens, est en projet.
Le lycée lieu de vie
Comment se sentir bien dans un lycée ? "les gens sortent dès qu’ils le peuvent". "Les élèves n’ont pas de lieu pour communiquer". "Dès qu’il pleut, les lycées se retrouvent dans un endroit trop petit, la promiscuité crée les tensions, pas de personnel pour être là". Fait notable pour un lycée : une cellule de veille suit les situations difficiles, les personnes en difficulté.
L’accès au lycée
La question des transports rejaillit sur le reste, notamment l’absenthéisme : « De l’internat au lycée il faut prendre 2 bus différents ; il est facile de rater le deuxième… ». « Aucun élève ne vient de moins de 5 minutes de ce quartier »
Le lycée miroir
Comment changer l’image d’un lycée professionnel ? Comme beaucoup de lycées professionnels, le lycée de la Croix-Cordier a une piètre image auprès des jeunes, lorsqu’ils en parlent entre eux. « On dit souvent : va à Cordier, il y aura toujours de la place pour toi ! ». Les médias n’ont, semble t-il, pas souvent contribué à en améliorer l’image. Pourtant, c’est un lycée à taille humaine, où il fait bon vivre. Les enseignants et la direction font cause commune, visent dans la même direction. Le lycée est à l’initiative de nombreux projets : des lycéens participent avec succès aux olympiades, participent à des formations sur les énergies renouvelables, participent à "l’école agit", au salon Sabine ("bâtiment et innovation"), organisent des sorties avec la Marine -où beaucoup trouvent des débouchés- participent à des projets sur l’arbitrage, etc. "Tout ça n’est pas assez mis en valeur, ça manque de communication", nous dit un professeur.
Quel numérique au lycée ? Cité pour mémoire, ce thème n’a néanmoins pas été suggéré par les participants.
En attendant de choisir le thème de la résidence, les professeurs suggèrent de débuter fin octobre, lorsque la rentrée sera passée. Suite à la rentrée !
Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville
Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...
2040 : la vie de 6 ch’tis en images
Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?
Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale
Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.
Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

Pays de la loire : des lycées différents, à penser différemment
Billet publié par Stéphane VincentTags: Architecture , Design , Innovation , Lycée , Pays de la loire , prospective , Territoires en résidences
Réunion de travail très intéressante ce mardi 31 mars avec la Région Pays de la Loire, au sujet des lycées. Les participants étaient Dominique Roynette, directrice de la communication, Marion Laporte, chargée de mission Design, Jean-Charles Ringard, directeur de l’Education, Romain Thévenet, chargé de mission design à la 27e Région, et moi-même. Nous examinions ensemble la possibilité de mener une première expérience en résidence, à l’image de celle que nous conduisons déjà au lycée Jean Moulin à Revin, avec la Région Champagne Ardennes.

Comme dans toutes les régions, la question des lycées est essentielle ; c’est, de plus, l’un des plus importants budgets des Régions (400 millions d’euros en Pays de la Loire de 2006 à 2010).
Un lycée différent, à penser différemment
A son arrivée en 2004, la nouvelle majorité a proposé de réviser en profondeur la façon dont la création ou la rénovation des lycées était conçues. Jean-Charles Ringard a du totalement revoir le fonctionnement en vigueur. Pas de changement sans concertation, tout d’abord : un groupe de suivi des usagers, réunissant 15 à 20 personnes représentant la communauté éducative, est dorénavant mis en place le temps du projet, et il suit les travaux. Un comité de pilotage est constitué pour tous les chantiers "lourds". Création d’un schéma directeur fonctionnel, ensuite : l’idée consiste à voir le lycée comme un processus complexe, qu’il faut penser dans son ensemble (quelle est l’incidence de la rénovation d’un internat sur le reste de l’établissement, par exemple ? comment repartir de la façon dont vivent les internes pour repenser l’impact sur le fonctionnement du lycée ?). La définition de priorité en matière de rénovations, également : en l’occurrence, les élus souhaitent dorénavant privilégier le lycée professionnel, mettre l’accent sur la vie sociale des jeunes, sur la place de l’internet dans l’établissement, sur les conditions de vie des enseignements et des agents, ou encore sur le développement durable et les enjeux énergétiques. Enfin, la Région souhaite une bonne concertation avec le Rectorat, avec le corps enseignants, les architectes des services de l’Etat, etc.
Si l’objectif central demeure d’améliorer la réussite scolaire des lycéens, les enjeux qui traversent le lycée sont de plus en plus nombreux : Comment amener le lycée à l’éco-responsabilité ? (Fin octobre prochain, il est prévu de lancer une démarche visant à tester des premières démarches en janvier 2010 et à proposer un accompagnement, facteur clé d’un tel projet ; à noter que les CFA devraient également être l’objet d’Agendas 21) ; Comment penser les fonctions du lycée aujourd’hui et demain ? l’accueil, l’internat, le CDI, un pôle scientifique, un positionnement international, etc ?
En fait, le lycée est la partie visible d’un processus complexe, dans lequel l’architecture et l’aménagement des espaces sont essentiels (et souvent en échec), mais pas suffisants pour saisir la vie au lycée du point de vue de l’expérience du lycéen, du professeur, du parent d’élève... c’est cette expérience globale qu’il faut comprendre, du moment où l’élève prend le bus jusqu’à son retour à la maison, des dimensions physiques aux dimensions immatérielles, culturelles et sociales, du fonctionnement du lycée jusqu’à son insertion dans la ville et la société, etc.

De nouveaux lycées programmés
La Région Pays de la Loire va devoir traiter de tous ces enjeux et de bien d’autres encore dans quatre nouveaux lycées programmés : l’un est en pré-programme à Pornic, et trois autres projets vont être lancés, en particulier à à Clisson en 2013, à Beaupréau en 2014 et sur l’île de Nantes en septembre 2014. Toutes ont des résonances territoriales fortes : Clisson accueillera 600 lycéens en enseignement professionnel, bâtiment respectant les normes d’éco-construction, etc ; l’établissement de Beaupréau, qui passe par un travail intensif avec la communauté de communes et dont le rôle en termes d’aménagement du territoire sera important ; l’établissement prévu sur l’île de Nantes, enfin, particulièrement emblématique : un projet à 66 millions d’euros, 1 400 élèves, avec un effort tout particulier en matière de handicap, à vocation tertiaire et tout spécialement tourné vers l’international (BTS trilingue, internat ouvert toute l’année, etc)
Alors, que pourrions-nous faire ensemble ? Les propositions sont nombreuses et tout à fait réjouissantes. Jean-Charles Ringard nous propose d’expérimenter un travail d’immersion dans l’un ou plusieurs de ces projets dans le cadre de Territoires en Résidences, mais aussi de prendre part à un séminaire de prospective sur le lycée du XXIe siècle, qui devrait notamment associer l’Ecole de Design Nantes Atlantique, ou encore le GERS. L’objectif donné à ce groupe est de faire le "saut créatif" afin d’imaginer les scénarios les plus innovants. Il s’agit aussi d’imaginer les conséquences de ces nouvelles approches sur les cahiers des charges, et sur la façon de faire évoluer les critères d’évaluation des projets de nouveaux établissements ou de rénovation.
Prochaine étape : la commission Education de la Région Pays de la Loire, ou nous serons invités à présenter nos expériences au sein des lycées.
Visite guidée au lycée Gabriel Fauré à Annecy
Billet publié par Stéphane VincentTags: Ecole , Espace public , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences , Vie quotidienne
Direction Annecy, ce lundi 30 mars, pour visiter le lycée Gabriel Fauré, guidés par Emmanuel Delessert, professeur de philosophie, le proviseur Jacques Gaucher, accompagnés de nombreux professeurs et lycéens. Dans notre équipe il y avait Julie Bernard, architecte, Fanny Herbert, sociologue, Jean-Sébatien Poncet, designer du collectif Pomme Z, et moi-même. Nous étions là pour préfigurer un projet de résidence au sein du lycée.

Annecy, c’est 200 000 habitants avec sa périphérie, une ville aisée qui fleure bon les pique-niques au bord du lac et les balades en bordure de canal... C’est en plein centre ville que se trouve le lycée Gabriel Fauré, récemment rénové par la Région Rhône Alpes, à 5 minutes à pied de la gare et à 10 minutes du lac. 1800 élèves (dont 286 en internat) et 300 apprentis en CFA de coiffure, 92% de réussite au bac, 62% de filles, et il faut le dire, une certaine "paix sociale", comme le concèdent rapidement les enseignants.
Autant le dire d’emblée : Gabriel Fauré n’est pas un lycée à problèmes, selon les critères habituels des acteurs publics ou des parents d’élèves. Bon nombre d’établissements de la banlieue lyonnaise ou de la ruralité profonde souffrent de bien d’autres soucis. Alors oui, les espaces sont mal conçus, comme dans la plupart des établissements. Et la communication ne passe pas, comme on l’entend souvent dan la bouche des élèves. Pour autant, le lycée Gabriel Fauré n’a t-il vraiment que des "problèmes de riches" ? Nous n’avions qu’une journée pour en juger, mais nous avons tout de même essayé de lever le voile sur les "vrais problèmes" du lycée Gabriel Fauré...

Des problèmes de circulation et de stationnement
"On manque de place", "on a des problèmes d’espaces", "il n’y pas de lieu de vie bien précis", "on ne sait pas où se poser"... il faut bien dire que quand la sonnerie retentit, même lors de cette journée relativement calme, les couloirs et les escaliers forment subitement des goulots d’étranglement, et l’espace principal se remplit subitement tel un hall de gare les jours de forte affluence. Avec les récréations, c’est à l’heure du déjeuner que le rush est le plus fort, d’autant que le réfectoire du lycée accueille les élèves des établissements voisins : 1200 repas sont servis entre 12 et 14h. Aux étages, les salles de classe sont mal insonorisées : Quand le calme revient dans les espaces communs, profs et élèves peuvent facilement s’agacer d’un rire trop bruyant venu déranger le cours, d’un groupe d’élèves stationnant trop longtemps dans un des longs couloirs.
Dans ce grand vaisseau, il y a à la fois des impasses, et des lieux refuges. Certains espaces sont inaccessibles car situés de l’autre côté de l’internat, fermé aux heures de cours. D’autres espaces sont inexploités, comme cet auditorium assez bien équipé, qui ne sert que 4 fois par an. A l’inverse, le vaste CDI sert de zone de délestage pour les lycéens lorsqu’ils ne savent pas vraiment où stationner : il faut alors y faire cohabiter une population venue travailler, et d’autres venues tout simplement se détendre, trouver un espace calme et des équipements pour se poser, lire une revue, parler avec quelques personnes loin de la foule du grand hall. Il y a aussi l’espace Faure, le foyer des élèves en cours de rénovation à l’initiative de quelques élèves du Foyer Socio-Educatif ; mais il n’est pas chauffé pendant l’hiver, et pour des raisons de sécurité, il est interdit d’en ouvrir les deux grandes portes à battants, ce qui donnerait pourtant un peu d’attrait au lieu à l’approche du printemps. Et puis comment résister à l’appel du centre-ville ? les snacks du quartier l’ont bien compris, et certains ne prennent pas la peine d’ouvrir durant les vacances scolaires.
Les lycéens n’ont pas de difficulté à exprimer toutes les petites choses qui clochent selon eux. Quand l’on donne une caméra à un groupe d’élèves, ils shootent l’affiche un peu fatigué des panneaux du hall, des rangements jugées inutiles dans le CDI, les verrous cassés des WC, les serviettes usagées, le dispositif de sonnerie jugé strident, la porte trop lourde de l’entrée principale, ou encore le baby-foot en sale état...
Le rapport d’étonnement réalisé suite à la visite par Julie Bernard, architecte, et Fanny Herbert, sociologue :
L’info circule mal
Second grand classique, le sentiment que l’échange est difficile, et que l’information ne circule pas : avec et entre les élèves, les profs, l’équipe administrative, etc. Alors il y a bien trois moniteurs (dont l’un est en panne) pour diffuser des messages dans le hall et à l’étage, mais les lycéens n’y ont guère accès les messages sont d’abord descendants. Les panneaux d’affichages un peu fatigués n’attirent guère, et quelques affiches datées seulement y sont encore punaisées. Au fond, c’est à l’occasion d’événements comme la journée Kult (cette année 28 avril), la journée Performance (12 mars) ou la soirée théatre (19 mai) qu’une partie de cette population se rencontre. Lycéens et profs plébiscitent en particulier la journée KULT, moment fort de la vie du lycée, qui mobilise un grand nombre de volontés. Aux commandes de KULT, il y a le FSE, où les lycéens les plus motivés mobilisent toute leur énergie. "La journée porte ouverte ? ah oui, il y a ça aussi..." La journée ouverte concerne surtout les nouveaux lycéens, c’est un peu l’exercie obligé. Et en tout cas, réussir un événement est tout un art. Le vendredi, il n’y aura personne, les gens rentrent chez eux : le mardi est beaucoup mieux.
L’informatique, comme dans beaucoup d’établissements, et dans un "entre deux" : deux salles informatiques sont équipées de 18 ordinateurs chacune, 10 sont au CDI, 5 à l’internat, quelques stations dans les salles de classe... mais il est difficile d’utiliser son propre ordinateur, de trouver de la connexion (pas de Wifi pour l’instant, mais deux prises ethernet à l’espace Faure) et aucune salle n’est officiellement en véritable libre service, faute de médiation ou d’accompagnement, semble t-il.

Comment sortir du "lycée consumériste" ?
Au fond, on a envie de relire les problèmes d’espaces, de communication, ou d’autres encore à la lumière d’un phénomène beaucoup plus profond : le consumérisme adolescent d’aujourd’hui, "qui pousse le lycéen et son entourage a consommer de l’heure de cours, de l’espace, les outils qu’on leur propose, comme on consomme de la télévision ou n’importe quel bien de consommation", comme l’explique Emmanuel Delessert. On peut ainsi obtenir son bac et ses examens sans véritablement se construire en tant qu’individu ni comme citoyen, sans s’engager avec le collectif, sans devenir autonome. Proposer de nouveaux projets ou de nouveaux moyens doit toujours être interrogé à la lumière de cette question, sous peine de satisfaire le seul confort individuel. L’inscription au Foyer Social Educatif pourrait être un levier intéressant... sauf qu’elle est quasiment tacite, étant automatique à l’inscription. Sur les 1400 élèves inscrits, quelques dizaines seulement sont actifs au FSE. Les propositions qui viennent de l’institution se soldent souvent par des échecs : 2 ou 3 élèves se déclarent intéressés par un apprentissage à la BD ; le club lecture s’avère être un échec. Mais comme le signale une professeur de cinéma, accepter de rendre les gens autonomes suppose que l’institution et les profs assument la prise de risque qui va avec : "quand je laisse les lycéens se promener avec la caméra à 5000 euros dans l’établissement, je dois accepter le risque de la casse !".
Quel que soit le thème que nous serions amenés à traiter en résidence au lycée Gabriel Fauré, quel valeur lui attriburions-nous ? Ethique, autonomie ? C’est à ce stade qu’un partenariat avec la Région Rhône Alpes pourrait nous être utile, lorsqu’elle porte comme priorités pour les lycées, la qualité du lycée comme lieu de vie collective (c’est la "Région citoyenne", telle qu’elle s’intitule elle-même), le développement durable, et la conversion des cantines au bio. La Région a également engagé un audit des internats. Tout ceci devrait nous aider à dégager une priorité "exigeante" pour le lycée Gabriel Fauré...à suivre !
100 enseignants tissent le réseau de l’innovation
Billet publié par Anne DaubréeTags: Ecole , Innovation , Intergénérationnel , Lycée , Nord Pas de Calais , Politique publique
Cette année, le « Forum des enseignants innovants et de l’innovation éducative » a refusé du monde. Cette deuxième édition qui s’est tenu à Roubaix, le 27 et 28 mars, était organisée par le Café pédagogique, la Ligue de l’enseignement, Cap canal, et des associations d’enseignants. Et l’événement était soutenu par des acteurs aussi divers que, par exemple, le ministère de l’Education, la région Nord-Pas-de-Calais, ou encore Microsoft. L’ambiance était effervescente, durant des deux jours de rencontres, à en lire le blog du forum. Et, par rapport à la première année, c’était plus de projets présentés, plus d’associations organisatrices et plus de demandes pour assister à ces deux journées : la question de l’innovation dans l’éducation mobilise, en dépit du contexte politique particulièrement bousculé.
Identification des projets innovants A Roubaix, une centaine d’enseignants (dont une dizaine qui venait de Belgique),a présenté des projets innovants, sur des enjeux strictement pédagogiques mais aussi sociaux. Un jury, composé uniquement d’enseignants, et présidé par Philippe Meirieu, chercheur et enseignant en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2 a décerné différents prix. Le projet « Intergénér@tions » a décroché l’un d’eux : les collégiens d’une classe relais de Brest animent des ateliers d’initiation aux technologies de l’information, dans une maison de retraite. Auparavant, ils sont formés à l’Internet et à la formation. « Les projets innovants, ce sont des projets qui sont centrés sur l’élève tel qu’il existe, qui sont liés à des objectifs de connaissance, mais aussi de société, et qui sont transférables. Plus de la moitié d’entre eux exploitent les technologies de l’information, car elles bousculent l’école et font évoluer la relation professeurs élèves », commente François Jarraud, l’un des organisateurs du Forum, et rédacteur en chef du Café pédagogique.

- Ambiance, au Forum, à Roubaix-( photo : le café pédagagique)
Durant ces deux journées, en plus des projets novateurs, des conférences ont présenté des expériences pédagogiques dont l’efficacité a été éprouvée sur le long terme. Exemple : Yves Reuter, enseignant chercheur à l’université de Lille III, a exposé les résultats de l’application de la méthode Freinet dans une école de Mons en Bareuil, située dans un quartier difficile. Cette méthode entend notamment favoriser l’appropriation des savoirs par les élèves en s’appuyant sur le désir d’apprendre et sur la prise de conscience de la démarche d’apprentissage : une méthode qui redéfinit le rôle de l’enseignant.
Amorce de réseau de diffusion Et après ? Que faire pour que ces énergies continuent de fructifier, et que ces projets innovants ne demeurent pas des cas isolés ? Pour François Jarraud, la diffusion de l’innovation dans l’enseignement passe « forcément par la base, même si cela prend du temps et si nous n’avons pas les mêmes moyens que l’institution. On ne fera pas bouger l’école par le haut . L’essentiel de l’événement, c’est que les enseignants tissent des liens entre eux. Ils repartent regonflés, et avec un carnet d’adresse de personnes avec lesquelles ils ont envie de travailler ». Y compris avec l’étranger, éventuellement via des programmes européens comme Comenius. L’enthousiasme était au rendez vous, les outils (liste de diffusion, site internet à nourrir) sont disponibles. Les modalités de leur utilisation, à inventer, sont à présent entre les mains des participants.











