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Avr 1er 2009

100 enseignants tissent le réseau de l’innovation

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: Ecole , Innovation , Intergénérationnel , Lycée , Nord Pas de Calais , Politique publique

Cette année, le « Forum des enseignants innovants et de l’innovation éducative » a refusé du monde. Cette deuxième édition qui s’est tenu à Roubaix, le 27 et 28 mars, était organisée par le Café pédagogique, la Ligue de l’enseignement, Cap canal, et des associations d’enseignants. Et l’événement était soutenu par des acteurs aussi divers que, par exemple, le ministère de l’Education, la région Nord-Pas-de-Calais, ou encore Microsoft. L’ambiance était effervescente, durant des deux jours de rencontres, à en lire le blog du forum. Et, par rapport à la première année, c’était plus de projets présentés, plus d’associations organisatrices et plus de demandes pour assister à ces deux journées : la question de l’innovation dans l’éducation mobilise, en dépit du contexte politique particulièrement bousculé.

Identification des projets innovants A Roubaix, une centaine d’enseignants (dont une dizaine qui venait de Belgique),a présenté des projets innovants, sur des enjeux strictement pédagogiques mais aussi sociaux. Un jury, composé uniquement d’enseignants, et présidé par Philippe Meirieu, chercheur et enseignant en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2 a décerné différents prix. Le projet « Intergénér@tions » a décroché l’un d’eux : les collégiens d’une classe relais de Brest animent des ateliers d’initiation aux technologies de l’information, dans une maison de retraite. Auparavant, ils sont formés à l’Internet et à la formation. « Les projets innovants, ce sont des projets qui sont centrés sur l’élève tel qu’il existe, qui sont liés à des objectifs de connaissance, mais aussi de société, et qui sont transférables. Plus de la moitié d’entre eux exploitent les technologies de l’information, car elles bousculent l’école et font évoluer la relation professeurs élèves », commente François Jarraud, l’un des organisateurs du Forum, et rédacteur en chef du Café pédagogique.

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Ambiance, au Forum, à Roubaix-( photo : le café pédagagique)

Durant ces deux journées, en plus des projets novateurs, des conférences ont présenté des expériences pédagogiques dont l’efficacité a été éprouvée sur le long terme. Exemple : Yves Reuter, enseignant chercheur à l’université de Lille III, a exposé les résultats de l’application de la méthode Freinet dans une école de Mons en Bareuil, située dans un quartier difficile. Cette méthode entend notamment favoriser l’appropriation des savoirs par les élèves en s’appuyant sur le désir d’apprendre et sur la prise de conscience de la démarche d’apprentissage : une méthode qui redéfinit le rôle de l’enseignant.

Amorce de réseau de diffusion Et après ? Que faire pour que ces énergies continuent de fructifier, et que ces projets innovants ne demeurent pas des cas isolés ? Pour François Jarraud, la diffusion de l’innovation dans l’enseignement passe « forcément par la base, même si cela prend du temps et si nous n’avons pas les mêmes moyens que l’institution. On ne fera pas bouger l’école par le haut . L’essentiel de l’événement, c’est que les enseignants tissent des liens entre eux. Ils repartent regonflés, et avec un carnet d’adresse de personnes avec lesquelles ils ont envie de travailler ». Y compris avec l’étranger, éventuellement via des programmes européens comme Comenius. L’enthousiasme était au rendez vous, les outils (liste de diffusion, site internet à nourrir) sont disponibles. Les modalités de leur utilisation, à inventer, sont à présent entre les mains des participants.

Mar 18 2009

Les espaces publics numériques, laboratoires de l’action publique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Développement local , Espace public , Formation , Innovation , Intergénérationnel , Politique publique , Quartier , rural

Avec d’autres collègues, je participais en tant que grand témoin (ciel !) aux rencontres UNIS (Usages nouveaux de l’internet social) organisées sous l’égide de la Région Provence Alpes Côte d’Azur à Draguignan, ce mardi 17 mars. Voici ma conclusion sous forme de rapport d’étonnement, au terme de cette journée réellement réjouissante, dans une salle bien remplie et avec des intervenants de très grande qualité.

Une conviction, tout d’abord : les espaces publics numériques (en Paca, les ERIC) sont devenus de véritables laboratoires de l’action publique sur lesquels les acteurs publics « traditionnels » feraient bien de se pencher plus sérieusement… Je m’explique. En 10 ans d’existence, les milliers d’espaces publics initialement conçus par les collectivités locales et les associations pour « réduire la fracture numérique » ont depuis longtemps quitté la simple sphère de la sensibilisation à l’internet : sans cesser de peaufiner des méthodes d’apprentissage du numérique toujours plus originales, ils ont peu ou prou dû endosser le rôle d’auxiliaire de toutes les grandes politiques publiques dites « nobles » : emploi, formation, culture, citoyenneté, lutte contre l’exclusion, etc. Prenons l’emploi, par exemple. Aujourd’hui, où un chômeur va t-il le plus facilement se mettre en quête d’un travail : dans un Point Emploi ou au sein d’un espace multimédia ? Les acteurs traditionnels ne sont le plus souvent pas équipés pour le nouveau monde de l’emploi, qui a massivement franchi les frontières numériques, où gravitent dorénavant des centaines de sites de recherche d’emploi privés, de « job boards », blogs et autres réseaux sociaux devenus indispensables pour créer son existence professionnelle, quelle que soit sa qualification. Là où l’internet allait provoquer une transformation majeure –dans la façon de trouver un travail, de s’informer, de socialiser, de vivre- les acteurs traditionnels n’y ont souvent vu qu’un nouveau support à investir, de nouveaux sites web à créer. Ils se sont dotés d’outils plus ou moins performants, mais n’ont rien changé à leur façon de faire. Erreur. Les grands acteurs publics étant déficients, les espaces publics « font le boulot », imaginent eux-mêmes des partenariats, inventent de nouvelles méthodes, réinventent la médiation, co-construisent des solutions avec les gens, sans subir le poids des dogmes ni des cultures administratives.

En corollaire, une interrogation. Bon an, mal an, les espaces numériques ont traversé et traversent les crises, les réductions de crédits publics, les situations précaires depuis des années sans voire leur légitimité se réduire. Il a bien des abandons, mais la plupart des équipes se renouvellent, et chaque jour de nouveaux lieux sont créés avec une motivation toujours aussi forte. Pour autant, faut-il se satisfaire de ce statut de « strapontin de l’action publique » ? Pourquoi ces initiatives sont-elles si peu présentes au sein des grandes politiques de la ville (programmes Anru, par exemple), des politiques du logement, de l’emploi et de l’économie, de la culture, des services, de la famille, de la lutte contre l’exclusion, de la citoyenneté ? On pourrait objecter qu’il est plus facile d’avancer de « l’extérieur », débarrassé du poids des politiques publiques, à partir de la seule énergie associative et ascendante… mais c’est oublier que même une faible part des crédits alloués à ces grandes politiques –même en réduction constante- suffirait à décupler les moyens des espaces numériques. Dit autrement : vaut-il mieux espérer un énième grand plan en faveur de l’e-inclusion, ou en irriguer chacune des grandes politiques publiques ?

Une suggestion, enfin. Puisqu’il est communément admis que les questions d’e-inclusion sont durablement devant nous, et qu’elles vont s’amplifier au rythme incessant des technologiques (à l’internet vont s’ajouter les « machines communicantes », les nanotechnologies, etc), pourquoi ne pas s’adonner à un salutaire exercice de prospective créative à 5, 10 ou 15 ans ? A quoi aimerions-nous que ressemblent les espaces numériques demain ? Que deviendront-ils en tant que lieux ? les fonctions qu’ils assurent auront-elles intégré les structures ? quels nouveaux métiers auront vu le jour ? Quels seront alors les pratiques et attentes des usagers ? Un tel travail aurait le mérite de créer un regain d’intérêts chez les élus, de prendre une option sur l’avenir. On a sincèrement hâte de lire les propositions que seraient capables de produire collectivement les centaines d’animateurs, médiateurs, responsables de Paca et d’ailleurs. Alors, chiche ?

Mar 5 2009

Une Résidence en préparation dans le quartier des Couronneries, à Poitiers

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Solidarités
Tags: Energies , Environnement , Intergénérationnel , Poitou Charentes , Politique publique , Quartier , Territoires en résidences , Ville

La Région Poitou-Charentes, les bailleurs sociaux du quartier des Couronneries, la ville de Poitiers et l’Europe organisaient lundi 2 mars une journée porte ouvertes pour présenter "Tous connectés", une offre internet par Courant Porteur en Ligne (via les installations électriques).

Le projet comporte également une importante composante écologique : les ateliers du bocage recyclent des PC et les revendent aux populations, et la Région permet à toute famille de déduire 100 euros sur l’achat d’un portable d’occasion ou même neuf. Par ailleurs, l’opérateur du réseau a équipé à titre de test plusieurs immeubles d’un équipement composé de capteurs et de boîtiers permettant de mesurer la consommation d’énergie des bâtiments (eau, électricité et température pour chaque appartement et sur les parties communes), et donc de responsabiliser les locataires à leur propre consommation, de négocier au mieux avec les opérateurs, etc.

L’offre est opérationnelle, et les premiers retours sont bons. 30% seulement des foyers disposaient de l’internet dans le quartier avant septembre 2008, et la demande est forte, y compris chez les personnes âgées. Pourtant les questions sont encore nombreuses, et toutes les partenaires expriment le besoin d’une animation pour faire vivre le projet, et surtout lui donner des prolongements, en tirer de nouveaux services, imaginer de nouvelles façons d’améliorer la vie des résidents, de développer les relations intergénérationnelles, ou bien encore de pousser plus loin la logique écologique jusqu’à une démarche de type éco-quartier, par exemple. Mais tous les partenaires s’accordent à dire que la participation de la mairie est indispensable pour y parvenir.

Une réunion de travail qui associait également un représentant de Logiparc, l’Office HLM de Poitiers, et un représentant de la MJC du quartier, avait pour objectif d’étudier la faisabilité de conduire une expérimentation dans le quartier, dans le cadre de Territoires en Résidences.

L’intérêt semble unanime, dans la mesure où elle permettrait de produire des propositions créatives dans un délai court, associant pleinement les habitants dans une démarche de co-conception. Il reste un peu de préparatifs à accomplir pour y parvenir (convaincre la mairie, préparer une visite préalable à la Résidence), mais les partenaires sont décidés. A suivre !

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