Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?
Billet publié par Stéphane VincentTags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville
Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...
2040 : la vie de 6 ch’tis en images
Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?
Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale
Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.
Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

L’urgence du développement durable impose une mutation des structures publiques
Billet publié par Anne DaubréeTags: Environnement , Formation , Politique publique , technologie , transport
S’il devait n’y en avoir qu’une, la crise de la planète est sans doutes la priorité à laquelle devraient s’attaquer des sociétés par ailleurs profondément remodelées par les technologies de l’information. Gilles Berhault est président d’ACIDD, association communication et information pour le développement durable, qui s’est fixé pour but de diffuser les idées, tisser des liens et expérimenter des nouvelles formes de collaborations, autour des enjeux du développement durable. Comment les pouvoirs publics doivent ils innover, pour faire face à cet enjeu vital, en tenant compte des opportunités induites par les technologies de l’information ? Réponse de Gilles Berhault, en préparation du comité d’orientation de la 27e région.
La hiérarchie en cause « Le développement durable, touche des sujets comme la mobilité, la gestion des bâtiments, l’éducation… ». C’est un sujet transversal qui se heurte l’organisation des structures publiques. « C’est flagrant lorsque l’on voit les difficultés de la mise la place d’agendas 21 dans les collectivités, difficultés auxquelles ils faut ajouter la complexité de partage de compétence entre les différents échelons territoriaux » constate Gilles Berhault, Pour changer, « il faut aller vers un management de projet qui réunisse des compétences autour d’un but, et non en mode hiérarchique, en mode fonction, comme c’est le cas actuellement » poursuit-il. Par ailleurs, « Le développement durable ne se décrète pas » : il passe nécessairement par une participation des individus. En cela, pointe Gilles Berhault, le développement durable relève de la même logique que les technologies de l’information, qui permettent aux individus de s’engager. La logique horizontale, « c’est celle de fédérer, tisser des liens entre les énergies, de stimuler d’innovation ». C’est ce à quoi s’emploie Acidd. Dans ce cadre, l’association prépare une rencontre internationale pour mettre en réseau les acteurs actifs en matière de développement durable, et qui se tiendra l’an prochain. Et les structures publiques locales ont leur rôle à jouer. « La rencontre sera très orientée territoires, car cette échelle est essentielle. Il faut se relier à un territoire physique. Sinon, on se limite au déclaratif, car on ne peut rien mesurer » juge Gilles Berhault.
Formation ou mutation ? L’adaptation des structures publiques au changement passe aussi par une importante action de formation. Formations différentiées, car « l’une des difficultés, c’est que tout le monde ne change pas au même rythme » précise Gilles Berhault. Des générations et des individus aux aptitudes différentes vont cohabiter longtemps. Ce sont des compétences nouvelles qu’ils faut acquérir, avec des formations permanentes (Celui qui s’occupe de mobilité doit connaître à la fois les technologies de l’information et le développement durable, par exemple), et, même, la création de nouveaux métiers. Il pourrait s’agir, par exemple, de « e-leaders en développement durable » actifs sur le territoire. Le rôle de ces personnes serait d’être des « passeurs d’idées » autonomes, qui connaissent développement durable et tic, et qui travaillent pour sensibiliser, éduquer, permettre l’appropriation et l’intégration de ces logiques dans les collectivités. Ils seraient également là pour rassurer. Une idée à l’étude avec la 27e région. Mais le propos de Gilles Berhault va plus loin. « Les acteurs publics doivent se former, mais surtout, il est nécessaire qu’ils deviennent réellement utilisateurs de ces outils technologiques, par exemple, en utilisant des outils collaboratifs, et qu’ils aient une démarche active personnelle en matière de développement durable. On ne peut pas avoir un rôle politique si on ne pratique pas personnellement, car on ne parle pas ici de technologies, mais d’un véritable changement de comportement. Il faut avoir du courage, celui de changer ses habitudes. »
Une Résidence en préparation dans le quartier des Couronneries, à Poitiers
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie SolidaritésTags: Energies , Environnement , Intergénérationnel , Poitou Charentes , Politique publique , Quartier , Territoires en résidences , Ville
La Région Poitou-Charentes, les bailleurs sociaux du quartier des Couronneries, la ville de Poitiers et l’Europe organisaient lundi 2 mars une journée porte ouvertes pour présenter "Tous connectés", une offre internet par Courant Porteur en Ligne (via les installations électriques).

Le projet comporte également une importante composante écologique : les ateliers du bocage recyclent des PC et les revendent aux populations, et la Région permet à toute famille de déduire 100 euros sur l’achat d’un portable d’occasion ou même neuf. Par ailleurs, l’opérateur du réseau a équipé à titre de test plusieurs immeubles d’un équipement composé de capteurs et de boîtiers permettant de mesurer la consommation d’énergie des bâtiments (eau, électricité et température pour chaque appartement et sur les parties communes), et donc de responsabiliser les locataires à leur propre consommation, de négocier au mieux avec les opérateurs, etc.

L’offre est opérationnelle, et les premiers retours sont bons. 30% seulement des foyers disposaient de l’internet dans le quartier avant septembre 2008, et la demande est forte, y compris chez les personnes âgées. Pourtant les questions sont encore nombreuses, et toutes les partenaires expriment le besoin d’une animation pour faire vivre le projet, et surtout lui donner des prolongements, en tirer de nouveaux services, imaginer de nouvelles façons d’améliorer la vie des résidents, de développer les relations intergénérationnelles, ou bien encore de pousser plus loin la logique écologique jusqu’à une démarche de type éco-quartier, par exemple. Mais tous les partenaires s’accordent à dire que la participation de la mairie est indispensable pour y parvenir.

Une réunion de travail qui associait également un représentant de Logiparc, l’Office HLM de Poitiers, et un représentant de la MJC du quartier, avait pour objectif d’étudier la faisabilité de conduire une expérimentation dans le quartier, dans le cadre de Territoires en Résidences.

L’intérêt semble unanime, dans la mesure où elle permettrait de produire des propositions créatives dans un délai court, associant pleinement les habitants dans une démarche de co-conception. Il reste un peu de préparatifs à accomplir pour y parvenir (convaincre la mairie, préparer une visite préalable à la Résidence), mais les partenaires sont décidés. A suivre !











