Des "Cantine"pour favoriser l’innovation dans les territoires
Billet publié par Anne DaubréeTags: Economie , Innovation , Midi Pyrénées , Paris , Politique publique , Quartier
Comment permettre l’essaimage d’un dispositif, en l’adaptant à la variété des territoires dans lesquels il est susceptible d’être implanté ? Ce 9/3, à la Cantine, , des membres fondateurs du lieu et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique, ont annoncé le démarrage d’une étude (3 mois) destinée à promouvoir l’émergence d’un réseau de « Cantine ». Cette dernière vise à favoriser l’innovation et l’émergence de projets dans l’économie numérique, avec un fonctionnement novateur, en phase avec le secteur.
La Fing, la Fondation Internet nouvelle génération, participera à l’étude, destinée à faciliter l’appropriation de la démarche par d’autres acteurs sur les territoires. « La variété des territoires, les dynamiques d’acteurs différents vont produire des cantines différentes » a commenté Daniel Kaplan, délégué général de la Fing. De fait, « L’objectif de l’étude sera de stabiliser le concept « Cantine », sans l’enfermer, pour détourer un cahier des charges et lancer un appel à projet ou une labellisation. Il faudra établir des lignes directrices suffisantes et nécessaires pour être identifié comme Cantine, avec des options » a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le secrétariat d’état soutient le projet. Outre à fournir un cadre de travail pour d’éventuels acteurs qui souhaitent monter un projet similaire, ce document constituera également un « outil d’aide à la prise de décision, pour convaincre les partenaires publics et privés » souligne Vincent Marcatté, président du pôle de compétitivité Images et réseaux, présent par visioconférence.
Un lieu et des formats d’animation
Ouverte depuis janvier 2008, la Cantine parisienne abrite des rencontres informelles entre acteurs de l’économie numérique, qu’il s’agisse de start-up, d’acteurs publics ou de grandes entreprises, mais également d’individus qui y trouvent un espace de travail. C’est également là que l’équipe de la 27e région a trouvé un nid. « Ce n’est pas seulement un toit. C’est aussi un format d’animation », précise Jean-Baptiste Roger, conseiller technique pour les Tics, auConseil régional d’Ile de France. Ce dernier fait partie des partenaires, publics et privés, qui participent au projet, aux cotés deSilicon sentier, association d’entreprises technologiques basées en île de France, Orange, et la Mairie de Paris, notamment. S’il est difficile de quantifier le nombre de contrats signés ou de projets nés dans ces lieux, depuis un an, le bilan est riche : 530 événements s’y sont déroulés, de formats très divers, qu’il s’agisse de conférences, de petits déjeuner presse, ou encore de réunions entre acteurs du secteur. Et de nombreuses sollicitations par des acteurs territoriaux. Outre à avoir séduit Nathalie Kosciusko-Morizet, le dispositif de la Cantine intéresse déjà d’autres acteurs de types variés, situés dans d’autres régions, comme Manche Numérique, le syndicat mixte d’aménagement numérique du département, le pôle de compétitivité breton Images et réseaux, etla Mêlée, une association qui fédère les acteurs de l’économie numérique en Midi-Pyrénées. Tous trois souhaitent se doter de dispositifs qui s’inspirent de la Cantine, en l’adaptant à leurs contextes locaux.
Cantines en réseau
Morgan Hervé, responsable développement & prospective à Manche numérique, entend décliner le concept de la cantine, « mixer créatif », mais en trouvant une « alchimie territoriale. La Manche est un territoire très étiré. Nous n’aurons pas forcément une seule unité de lieu. Ce qui nous intéresse, c’est le réseau. Et il nous faudra aussi trouver des façons de mesurer l’innovation » précise-t-il. Vincent Marcatté, président du Pôle Breton Images et réseaux, entend, lui, adapter l’idée à un territoire qui couvre la Bretagne et le pays de la Loire, « pour que les partenaires académiques, les PME, les grands groupes, travaillent ensemble plus vite. L’ambition du pole est de créer des cantines en réseau, en commençant par Nantes et Rennes ». Plus au sud, à Toulouse, la Mêlée cherche un « effet de levier ». « C’est un frein de ne pas disposer d’un lieu où organiser des rencontres inorganisées, car beaucoup de choses se passent comme cela » commente Jean Pierre Bayol, son délégué général, qui propose d’enrichir le projet avec leurs propres savoirs faire. Ces ambitions qui rencontrent celles de la Cantine parisienne qui « cherche à déployer un réseau, et pas seulement à Paris. Nous serions ravis de travailler avec d’autres » précise Jean-Baptiste Roger.
Dans le Nord Pas de Calais, l’innovation par les gens, pour les gens
Billet publié par Anne DaubréeTags: Développement local , Economie , Emploi , Innovation , Nord Pas de Calais , Politique publique
Des femmes sénégalaises vont bientôt venir discuter avec des habitants des quartiers défavorisés de Boulogne sur mer, pour leur expliquer le fonctionnement des tontines, un système de partage d’épargne pratiqué en Afrique. Leur visite répond à l’invitation d’une association locale, et leur message devrait être relayé par les centres sociaux. L’initiative mise sur le transfert d’expérience Sud-Nord, prenant le contre pied de la conception traditionnelle de ces échanges.

L’an dernier, c’est une dizaine de jeunes, non diplômés, provenant de Tourcoing, qui se sont déplacés. Ils sont partis travailler au Royaume-Uni. L’association « Objectif emploi » les a accompagné dans l’apprentissage de la mobilité dans le monde du travail. Résultat : deux d’entre eux ont trouvé d’autres jobs de l’autre coté de la Manche. Et, parmi ceux qui sont rentrés, certains envisagent de repartir. A Calais, un « Observatoire des pratiques sociales », voulu par une quarantaine d’associations soutenues par la commune, va s’ouvrir à la participation des habitants de quartiers ciblés dans la cadre de la politique de la ville. Ces derniers vont notamment pouvoir proposer rencontrer les groupes de travail de l’observatoire, et faire des propositions.
L’innovation passe par le travail en réseau
Point commun de toutes ces initiatives, qui développent des solutions innovantes : les associations ou les collectivités qui les portent ont répondu à l’appel à projets « accompagnement des populations à l’innovation », initié par la région Nord Pas-de-Calais, pour la troisième année consécutive, et reconduit cette année. En 2008, le programme était doté d’environ quatre millions d’euros, et a reçu plusieurs centaines de réponses, dans les quatre domaines proposés : la gestion urbaine de proximité, la qualification des acteurs et la structuration des réseaux, la politique de la ville, l’insertion professionnel des jeunes et la participation des habitants. Les aides accordées s’échelonnent de 3000 à 70 000 euros environ. Il s’agit « de favoriser l’expérimentation, l’inventivité, l’originalité et la cohérence par rapport aux spécificités de chaque territoire », précise l’appel à projet. Et, dans ses critères d’attribution, le Conseil Régional insiste sur l’importance de l’implication de différents types d’acteurs présents sur le territoire, le travail en réseau et la participation des habitants. "Quand on parle d’innovation, il faut tenir compte du territoire dans laquelle elle s’inscrit. Par ailleurs, l’innovation réside aussi dans une manière de travailler, de se mettre en réseau avec d’autres acteurs, de partager... C’est pourquoi nous finançons notamment des mises en réseaux d’acteurs locaux » souligne Romuald Delbarre, chargé de mission "Politique de la Ville", au service « Citoyenneté et Initiatives Solidaires » de la région.
Le conseil régional du Piémont réduit les déchets ménagers à la source
Billet publié par Anne DaubréeTags: Développement local , Economie
Dans la région du Piémont, dans le Nord de l’Italie, une quarantaine de grandes surfaces vendent des produits ménagers en vrac : les consommateurs achètent un seul flacon, puis, ils le remplissent de produit, autant de fois qu’ils le souhaitent, dans distributeurs placés dans les points de vente. A la base de l’opération :le conseil régional.Dans le cadre de sa politique de réduction des déchets, il a identifié cette solution pour diminuer la production même des déchets. Depuis septembre 2007, date à laquelle le projet a été lancé, 291 056 litres de produit ont été écoulés. 63% des flacons achetés sont réutilisés. Résultat, l’initiative a permis d’économiser 465,6 Mwh d’électricité, 46,32 millions de litres d’eau, 6,2 tonnes de papier, et évité la diffusion de 30,9 tonnes de Co2 dans l’atmosphère.
Place à de nouveaux producteurs locaux
Pour mettre en place le dispositif, le conseil régional a réuni autour de la table les distributeurs et les producteurs de produits ménagers. Les premiers ont tout de suite vu l’intérêt proposer à leurs clients une démarche écologique. Les multinationales productrices de produits ménagers, ont, elles, rechigné. Et ce sont deux PME italiennes qui se chargent de fournir les produits, ce qui évite des longs transports. Une partie de ces produits est labélisée « Ecogoccie » un label écologique. Outre ses effets pour l’environnement, le projet stimule donc la production nationale et soulage le portefeuille du consommateur. En tout, le conseil régional a investi environ 300 000 euros dans l’opération. Il s’agit d’une aide à la mise en marche de chaque machine, et surtout, d’un grand effort de promotion et de sensibilisation du public, notamment via un site internet, des distributions de dépliants et des relations presse. De l’aveu même de la Coop, un distributeur coopératif qui compte 1200 points de vente dans la péninsule, ce type de projets ne fonctionne que si les pouvoirs publics les soutiennent et les font connaître auprès du grand public.

- Distributeur de produits ménagers en vrac, en Italie
Simplifier la démarche entrepreneuriale à Hong-Kong (4/5)
Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie Economie / emploiTag : Economie
Cet article fait partie d’une série de cas identifiés par Christophe Tallec, www.christophe-tallec.tumblr.com, envoyé spécial de la 27e Région au Service Design Conference d’Amsterdam, du 24 au 26 novembre 2008.
Birgit Mager témoigne de la grande mutation du tertiaire publique à l’échelle mondiale, en citant l’exemple du workshop tenu pendant la « Design Service Conference : Hong Kong » en Juin 2008 (dans le cadre du programme « Reinventing with Design » du Hong Kong design centre).
Le poids de l’administratif sur l’initiative entrepreneuriale était analysé à travers l’exemple de création d’un restaurant. Alors qu’il faut plus d’un an pour obtenir toutes les autorisations nécessaires, quelle est l’expérience de l’entrepreneur et comment l’améliorer ?
Une redéfinition de l’expérience administrative en la centrant sur le soutien à l’entreprenariat, une simplification des étapes et des outils d’accompagnements tout au long du processus étaient nécessaires.
Lieu : Hong-Kong
Lien : http://www.service-design-network.org/index.php?id=59

L’intérêt pour la 27è région : La redéfinition de l’expérience administrative par le design service en France pourrait être une partie du défi de la haute qualité informationnelle ou bien faire l’objet d’un défi à part entière de la 27è région. Combien de mauvaises expériences avons-nous connu dans l’un ou l’autre des services administratifs français. Combien d’étapes, combien d’intermédiaires pour un transfert d’information qui se dématérialise en ligne souvent en copiant des logiques anciennes qui n’utilisent pas le potentiel des TIC.
D’une manière générale, les protocoles administratifs sont toujours ou moteurs ou freins d’un service dans le cadre public, ils en déterminent les modalités d’accès, d’usage et sont en cela un enjeu majeur à traiter pour innover.










