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Jui 23 2010

Comment habiter le lycée ?

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Citoyenneté , Lycée , Rhône Alpes , Territoires en résidences

De mars à mai dernier, nous avons mené une résidence passionnante au sein du lycée Gabriel Fauré à Annecy, en partenariat avec la Région Rhône Alpes. Parti de la citoyenneté, thème cher à la Région, le sujet a rapidement évolué vers un thème corollaire, quasi-préalable : pour se sentir citoyen, comment se sentir d’abord habitant du lycée ? L’équipe était constituée de Jacky Foucher et Jean-Sébastien Poncet, tous deux designers, respectivement au sein de l’agence Grrr à Nantes et du Collectif DE à Saint-Etienne, ainsi que Camille Pène, doctorante en histoire de l’art et David Masson, étudiant aux Beaux-Arts d’Annecy.. A l’issue de trois mois de résidence, l’équipe a produit 5 projets, qu’on retrouvera en détail dans le livret ci-joint. Un kit de speed dating lycéen pour permettre aux élèves de faire plus vite connaissance lorsqu’ils arrivent, au sein du lycée et entre lycées ; Un projet de signalétique poétique et critique, pour remettre du sensible dans l’organisation du lycée et renforcer le sentiment d’appropriation du lieu ; le trombinoscope géant, afin de "rendre visibles les invisibles" (les élèves que l’on connaît moins, le personnel du lycée, les agents d’entretien...) ; le micro lycéen, relié à la sonorisation du bâtiment et conçu pour donner la parole aux lycéens ; le projet d’aménagement du foyer, visant à privilégier un mode opératoire à une déco ou une organisation finale. Au delà des projets, de nombreux enseignements sont à tirer de cette résidence : sur la prise de conscience des "invisibles", sur la question de l’information au lycée, sur le foyer, trou noir d’un grand nombre de lycées, sur la question de l’expérimentation au sein du lycée. La direction du lycée a perçu la résidence comme un projet sur-marketé ; trois mois, c’est court... mais comment faire mieux percevoir la valeur de la créativité collective ? Comment faire comprendre l’intérêt de produire des projets semi-finis, afin que chacun puisse s’en emparer ? A noter que David Masson, étudiant aux Beaux Arts et membre de l’équipe, partait dès le lendemain de la résidence présenter la démarche en Espagne, en Région Estremadure, dans la cadre de l’opération Express IT (Cross European social innovation project).

Jan 22 2010

Régions 2028 : la 27e Région fait son off (2/2)

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural

Suite et fin de notre billet consacré à l’exercice de prospective en "backcasting" que nous avions organisé à l’occasion du 5e Congrès des Régions en décembre dernier. La vidéaste Marguerite Fouletier en a tiré cette vidéo, qui reprend les meilleurs moments de cette journée et du Off.

Pour revivre également cette journée et les projets qui en sont sortis, on peut aussi télécharger ce document qui décrit en détail les 24 projets, du « new deal interrégional » aux « fabriques de l’innovation citoyenne ». Et pour arriver au chiffre de 27, l’équipe de la 27ème Région a concocté en exclusivité trois projets supplémentaires ! Dans une seconde partie, la méthode prospective et créative utilisée lors de cette journée est décrite en détails, accompagnée de notre appréciation sur le déroulement de l’exercice. Cette journée « Off » du congrès des Régions » a été conçue avec l’aide du bureau Strategic Design Scenarios.

Déc 21 2009

Régions 2028 : la 27e Région fait son off (1/2)

Billet publié par Anne Daubrée
Tags: alimentation , Citoyenneté , Créativité , Energies , Lycée , prospective , Provence Alpes Cote d’Azur , rural

En marge du Congrès des Régions de Marseille, élus, agents et créatifs inventent les outils de la politique publique de demain, et une nouvelle méthode de travail pour tout de suite...

Une soixantaine d’élus, agents, designers, architectes, chercheurs… se retrouvent à l’hôtel Vertigo, à Marseille, le mardi 8 décembre au soir. La 27e Région les a invité à participer à la journée de travail créatif qui se tient le lendemain. Mais, ce soir, c’est d’abord l’occasion de faire le point sur l’année qui vient de s’écouler, en particulier sur le programme "Territoires en résidences". Tour à tour, les équipes présentent rapidement les résidences. Il y en a 7, plus une… celle du « Laboratorio per l’innovazione », que Maurizio Giambalvo va présenter, venu spécialement de Palerme. Un livret de présentation des résidences est diffusé aux participants (librement téléchargeable ici). La soirée se poursuit par des discussions, dans une ambiance tranquille et conviviale. La preuve en photos.

Sortie en Boate

Mercredi 9 décembre. A 9 h, les participants se retrouvent à la Boate, ce tiers lieu marseillais, à quelques pas du vieux port. Après le café, tout le monde se rassemble au fond de la salle, dans la pièce libérée de ses meubles. On s’assied par terre et assiste à une revue de presse du 9 décembre...2028. Les infos défilent, sur fond d’images bricolées : Gros titre : «  Les élus du Grand Paris partent en voyage d’étude sur le plateau de Millevache,” pour s’inspirer de leur maniere de vivre ensemble. Autre info : on fête le 10e anniversaire du pôle alimentaire multimodal, qui marque la fin d’une époque où les AMAP étaient considérés comme une curiosité….

A travers ces histoires inventées (qu’on pourra retrouver en détails sur Flickr), différents défis et enjeux sociétaux auxquels sont confrontées les régions sont abordés : énergie, éducation, gouvernance, alimentation, usages des technologies, créativité, participation… mais on ne va pas regarder des vidéos toute la journée ! Stéphane Vincent, Romain Thévenet et François Jégou présentent les règles du jeu. L’objectif : imaginer comment cet avenir "souhaitable" est-il arrivé, quels projets, quelles politiques publiques, quelles étapes ont été nécessaires pour l’atteindre...

Huit groupes sont constitués, avec, pour chacun, un expert, un designer, et six autres personnes qui vont remuer ensemble leurs méninges toute la journée. Chaque groupe part s’installer dans une îlot créatif, composé de murs de papier, conçu par le designer Jean Couvreur. Au centre, une table. Dessus, un rouleau déroulant de paper-board. Stylos et post-it multicolores complètent l’équipement… C’est parti.

Pause créative ?

“La pause créative”, qu’est ce que cela évoque pour vous ? “pause café”, “ moment de détente”… le premier mur de l’îlot se recouvre de post-it. Ce groupe a été invité à réagir à un article qui relate le succès des “ pauses creatives” dans la société. Qu’apportent ces pauses ? Qu’est ce qui les limite ? Un autre mur se recouvre de post-it. Autour de la table, on renverse le sujet. Un concensus se forme : le concept de “pause créative” n’a pas vraiment de sens dans une culture où la créativité n’est pas vraiment reconnue. C’est plutôt à la façon d’irriger la société de créativité qu’il faut réfléchir… Dans l’îlot voisin, on s’interroge sur la manière de gérer au mieux l’omniprésence des technologies dans la vie quotidienne. “ A Angers, un bailleur social a mis en place un système qui permet aux locataires de mesurer leur consommation d’énergie”. “Ailleurs, tel système a été abandonné, car il n’était pas adapté”. Jacques-François Marchandise, directeur de développement à la Fing, recadre la discussion “ On est là pour trouver comment se déconnecter”. On continue de chercher…

De la discussion au projet

Les échanges se poursuivent, dans une ambiance concentrée mais détendue. Il est 11h, et, au pied de la table consacrée à l’alimentation et animé par John Thackara et Adèle Seyrig, trainent déjà deux mètres de papier. Ils sont parsemés de mots clés et de dessins. “Les abattoirs sont très centralisés. Ce système est cher et complexe pour les éleveurs” explique Benoît Lacroix , animateur au Pays Nivernais Morvan, qui propose de remettre en place des structures de proximité. “Il faut aussi penser à la culture de céréales, pour rester dans des circuits courts” ajoute Adèle Seyrig, designer. Isabelle matthieu, d’Alliance Provence, un réseau d’AMAP, évoque un projet autour de la fête de l’Aïd à Marseille, occasion de rapprocher les producteurs et les consommateurs de moutons. John Thackara intervient “ il est temps de formuler des propositions”. Car l’aiguille tourne. Il est presque 13h.

A l’autre bout de la Boate,” un compagnonage de l’élu", qui partirait en résidence dans d’autres collectivités durant une partie de son mandat, pour en ramener des “trésors” a été imaginé à la table Energie. Un dispositif comprend des “réunions tricot” pour parler l’énergie entre habitants, des “prospecteurs” qui vont sur le terrain identifier les potentielles actions d’économie ou de gestion alternative de l’énergie, et un service civil qui mobilise des compétences pour mettre en oeuvre des projets. Le tout est financé par un “ énergiton” -qui sera finalement abandonné. Faut il promettre du “sang et des larmes”, ou compter sur le volontarisme des individus pour faire face au défi énergétique ? Le débat est vif autour de la table.

Les concepts en image

Le temps d’un risotto poulet, et d’un coup d”oeil sur le coin librairie, tenu par les responsables de la Librairie des Territoires, que Stéphane Vincent a rencontré quelques jours auparavant : il faut dire qu’une demi-douzaine d’auteurs sont dans la salle. Les travaux reprennent : il ne reste qu’une heure et demie pour fignoler les idées, préciser les concepts. Au cours de l’après-midi, les élus présents, Jean-François Caron, élu au Conseil Régional de Nord-Pas de Calais, et Christian Paul, élu au Conseil Régional de Bourgogne, passent de table en table. Ils ont accepté la délicate mission de présenter leur sélection, à partir des 24 projets imaginés par les équipes, en fin d’après-midi. Les équipes leur exposent leurs projets. Ecoute, discussions, critiques… On passe à la synthèse. Aux murs, sont affichées les images produites par les groupes. Les designers ont bricolé des montages qui illustrent les projets. Un plan de ville orné de carrés jaunes : ce sont des lieux de stockage de quartier, destinés à limiter les déplacements de marchandise (projet du groupe énergie) , un bus londonien siglé “polybus” (projet du groupe vivre ensemble) le passeport d’un citoyen inter-régional (projet du groupe New Deal).

Présentation des élus

Les deux élus se succèdent pour présenter les projets. Certains sont des “boites à outil” quasiment prêtes à l’emploi. D’autres, plus vastes, interrogent le long terme. Par exemple, le groupe qui a travaillé sur la gouvernance a notamment imaginé un “forum de débat public” permanent, composé de citoyens volontaires. Il participe au débat sur l’avenir et pourrait jouer un rôle dans la gestion d’une partie du budget. “Une nouvelle façon d’inventer une fiscalité régionale ? “ s’interroge Christian Paul, rapporteur du groupe new deal 2028, qui a également réfléchi à une nouvelle citoyenneté interrégionale. Aileurs, le groupe "vivre ensemble" a conçu une “pépinière de nouveaux habitants” qui accueille des nouveaux arrivants dans un lieu rural qui a besoin d’être dynamisé. Accompagnement, remboursement du déménagement en cas d’échec, avec, en contrepartie, un engagement dans la communauté. “ Ce projet est intéressant, car il est souple. Il pourrait fonctionner aussi pour les territoires urbains en difficulté” commente Jean-François Caron.

Mise en réseau et éducation

Dans le groupe éducation, on a fait sauter les cloisons entre les lycées et les universités. En 2028, les régions dotées de nouvelles compétences, gèrent les deux. Les internats ont été améliorés, pour permettre à chaque lycéen d’enrichir son parcours, en fréquentant successivement différents établissements, qui développent des dominantes différentes. Enrichissement des individus par la multiplication de leurs expériences, hybridation des lieux, échanges entre structures, importance de la formation… ces thèmes traversent l’ensemble des projets, du réseau des “fabriques d’innovation citoyenne” du groupe “citoyen”, à l’intégration d’activités créatives dans des lieux divers, du groupe “ pause créative”, en passant par les “ espaces de deloguement” , qui habritent différentes activités, du groupe “ technologies”. Impossible d’approfondir chacun des sujets dans le temps imparti. . ..“ Ce travail sera mis en forme et diffusé” promet Stéphane Vincent. Une journée qui a permis aux représentants de collectivités de s’imprégner des méthodes créatives, et aux acteurs créatifs, de mieux comprendre les besoins des élus. Bref, pour tous, d’apprendre à travailler ensemble, différemment et entamer de nouveaux projets.

Dans un prochain billet : la présentation complète des 24 projets conçus par les équipes.

Toutes les photos du Off sont ici.

La liste des participants :

PDF - 60 ko
Jui 24 2009

Kafka dépoussière les administrations hollandaises

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: admninistration , Citoyenneté , Créativité , Innovation , social

Interview d’une minute ou presque de Joeri Van de Steenhoven, de l’agence Kennisland (en anglais Knowledgeland), à propos de la "Brigade Kafka", un opération commando visant à chasser la bureaucratie au sein des administrations ! Un entretien réalisé à Lisbonne, durant notre participation au Social Innovation Exchange.

mai 29 2009

Avant-première du film UsNow le 22 juin

Billet publié par Stéphane Vincent dans la catégorie 27e Région
Tags: Citoyenneté , Politique publique , Web2.0

ATTENTION, COMPLET AU 19 JUIN

"Plus qu’un documentaire sur le web 2.0, UsNow est surtout une réflexion sur la confiance qui s’instaure entre les internautes, et comment celle-ci transforme les relations entre le gens. Un film qui regarde la collaboration de masse non pas sous l’angle d’une simple participation agrégative, mais sous celle de collaborations profondes et transformatives. Tiens, le web 2.0 n’est toujours pas mort !"

Hubert Guillaud, InternetActu

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A l’invitation de la 27e Région, Ivo Gormley, vidéaste et anthropologue, présentera son film UsNow en avant-première parisienne le 22 juin à 17h à l’Assemblée Nationale (Inscription en ligne préalable indispensable avant le 19 juin)

Aidez-nous à co-traduire la version française d’UsNow en réseau !

Retrouvez-nous sur le site de traduction collaborative de sous-titres Dotsub pour terminer le sous-titrage d’UsNow avant le 22 juin !

Communiqué

Avr 28 2009

Peut-on faire du neuf en matière de prospective territoriale ?

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Citoyenneté , Créativité , Développement local , Environnement , Lycée , Nord Pas de Calais , prospective , Quotidien , social , solidarité , technologie , Ville

Bretagne 2032, Limousin 2027, France 2020... Nous avions très envie de nous frotter à la prospective territoriale, exercice pratiqué depuis longtemps par quelques dizaines de collectivités françaises de tous échelons. L’occasion nous en a été donnée en Nord-Pas de Calais : nous venons d’explorer avec la Région de nouvelles façons d’élaborer et d’enrichir un exercice de prospective territoriale, mais aussi d’en rendre compte en public. Ca se passait le 14 avril dernier à l’Hôtel de Région du Nord-Pas de Calais, à Lille. Retour sur un mois de préparatifs...

2040 : la vie de 6 ch’tis en images

Comment vulgariser les enseignements d’un travail de prospective et le rendre accessible au delà des cercles d’experts ? Rapidement s’est imposée l’idée de réinterpréter librement les pistes prospectives élaborées pendant un an par les 6 groupes thématiques du collège régional de prospective, l’instance créée par la Région. Pour chaque thème (société de la connaissance, enjeux environnementaux, citoyenneté, etc), nous avons imaginé un personnage queFélix Compère, designer et graphiste, a brillamment mis en images. Romain et moi avons rédigé les textes des voix off. L’enregistrement a été réalisé en une journée, à la Cantine, dans un studio improvisé avec quelques mètres de tissu, et un micro sur pied.

Félix Compère à la planche à dessin - Un studio d'enregistrement improvisé à la Cantine

Plusieurs membres de la Fing et quelques amis ont prêté leur voir ou leur visage. Les clips sont conçus à partir de photomontages animés, retouchés à la palette graphique. Du "bricolage de qualité", donc : il ne s’agissait pas de rivaliser avec les studios Pixar... mais au contraire de montrer qu’avec peu de moyens, chacun peut prendre part à l’exercice de la prospective.

Avant et après : Arnaud, conducteur de Dirigeable Express Régional en 2039

Il était également important que le fruit de ce travail paraisse suffisamment crédible (le contenu des clips, conçu sur mesure à partir des enseignements des groupes, est rigoureusement basé sur des faits scientifiques et/ou plausibles), mais que le ton permette aussi de faire passer des impressions difficiles à faire passer dans les rapports, ou des idées délicates à décrire : la ville sécuritaire, l’après-Sangatte et les grandes migrations climatiques à venir. Les 6 vidéos sont sur Youtube et sont visibles ici, sur cette interface originale dégotée par Loïc Hay, ou sur le site de la Fing.

Comment créer du dialogue au sein de l’hémicycle régional ?

Un autre test consistait à introduire des modalités de dialogue au sein du public lors de la soirée de présentation des travaux du collège, le 14 avril. Comment permettre aux cent participants du collège de s’exprimer à tout moment, de commenter librement les interventions, de suggérer des sources ? Pas facile, dans l’enceinte écrasante de l’hémicycle régional, de créer la convivialité nécessaire... Pour ce faire, nous avons légèrement détourné le principe du panneau de micro-blogging expérimenté par nos collègues Charles Nepote et Renaud Francou, du programme Identités Actives. D’abord, en distribuant aux participants des feuilles titrées "A mon avis", sur laquelle ils étaient invités à faire part de leurs remarques à tout instant de la présentation. D’abord timide, le mouvement s’est amplifié et un flux régulier de feuilles annotées sont remontées (commentaires, réactions, sources bibliographiques, questions...), et nous avons pu les distiller tout au long des présentations en les projetant sur un écran spécialement dédié.

Le making of de la prospective régionale

Enfin, nous avions convaincu l’équipe prospective de profiter de la soirée pour lancer un blog décrivant dorénavant en continu l’activité de la direction prospective, de ses travaux en cours, de ses publications, mais mobilisant également la vidéo et la photo. Un outil de "making of", en quelque sort, de l’action prospective de la Région. Un peu de calage est encore nécessaire, mais c’est en tout cas chose faite, la direction informatique ayant mis à disposition ses ressources à cet effet.

Quels enseignements ? A ce stade, les participants du collège régional semblent avoir apprécié les clips, en tant qu’objet à partir desquels ils pouvaient s’exprimer, se positionner, qu’ils pouvaient enrichir ou prendre à contre-pied. Le format a pu désarçonner quelques participants, mais l’équipe prospective semble convaincue qu’elle doit dorénavant être en capacité de travailler sur ce type de format, de mobiliser l’image, la vidéo, l’illustration. Le blog "journal de bord" est encore trop jeune, mais l’équipe semble motivée pour en faire un nouvel outil de travail. A suivre !

Avr 24 2009

Collectif Didattica : "tout architecte devrait être pédagogue"

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , capacitation , Citoyenneté , Espace public , Innovation , Minorités

Chaque mois, nous recevons des acteurs mobilisant des méthodes d’action innovantes dans l’espace public, afin d’examiner ces pratiques, de les comparer aux formes d’ingénieries habituelles et d’en tirer des enseignements pour l’acteur public -et pour les Régions en particulier. Ce mois-ci, Léa Longeot et Elise Macaire, du collectif Didattica nous présentaient leurs méthodes, en particulier à travers le travail qu’elles conduisent avec les populations rromanis à Montreuil.

Didattica en réunion publique

"La finalité, c’est l’émancipation"

Didattica rassemble des architectes, des sociologues, des artistes, des professeurs et enseignants, des étudiants et des chercheurs. A l’origine de la création du collectif, il y a d’abord une critique de l’exercice traditionnel de la profession d’architecte en tant qu’expertise corporatiste, assenée de façon verticale, déconnectée des pratiques et des besoins des populations. "Ce qui nous anime, c’est au contraire de créer du collectif, et d’encourager l’émancipation, au sens de donner l’accès à une parole politique", explique Léa Longeot. Une des références est celle du "maître ignorant", de Jacques Rancière, qui enseigne ce qu’il ignore et permet à ses élèves de mettre eux-mêmes en forme les connaissances. Sur la base de ce principe, chacun peut aspirer à être créateur car "cela s’enseigne". Pour Elise Macaire, "tout architecte devrait être pédagogue".

Un terrain privilégié : les Rroms à Montreuil

C’est sur la question de la reconnaissance des communautés rromanis que Didattica choisit de concentrer une partie de ses efforts. Le travail de Didattica avec les Rroms (appelés souvent en France Tsiganes, Gens du voyage, Gitans, Manouches...) de Montreuil débute en 2004. L’objectif est de créer des outils didactiques qui permettent de transmettre la connaissance des Rroms, en associant les Montreuillois à ce processus. Tout commence par une phase d’analyse : une étude du système d’acteurs est entreprise, à la fois dans le domaine rrom (scientifique, culturel et politique) et dans la ville de Montreuil, à travers des entretiens, des ateliers et une analyse documentaire. Des chercheurs rroms sont contactés afin de créer une coopération. La journée mondiale des Rroms, créée en 1971, est une occasion de démarrer un travail commun. L’idée de didattica est de produire une oeuvre cinématographique, une fiction, qui mette en avant la représentation culturelle des Rroms. Sa réalisation pourra prendre plusieurs années : ce qui compte, c’est le processus collectif qu’il implique, en immersion avec les habitants de Montreuil, et les étapes qui le constituent. Le projet s’appuie sur plusieurs actions pédagogiques dont une qui s’est déroulée dans une classe de CM2. Les élèves ont réalisé un travail très consciencieux de production, depuis la tenue d’un carnet de bord et la réalisation de scripts, jusqu’à plusieurs phases de repérages, tournages et montages, où les enfants -dont des enfants rroms, mêlés aux autres- sont les réalisateurs et comédiens, et dans lesquels est soigneusement effectué un travail de répartition des tâches et de responsabilisation de chacun.

"C’est l’hôpital qui est malade et qu’il faut soigner..."

Mais d’où vient ce modèle fondé sur l’émancipation, si précieuse pour Didattica ? En fait, le modèle théorique sur lequel se fonde leurs travaux part notamment de l’analyse institutionnelle portée par des psychiatres au départ, qui a donné lieu à la psychotérapie institutionnelle, pour penser l’aliénation sociale et psychique. "Le fait marquant est le moment où, dans l’histoire, la psychiatrie de secteur s’est fermement opposée à l’asile de fous, et a ainsi permis le développement de la prise en charge "hors les murs", précise Elise. Elise rappelle qu’en Italie, il y a eu un autre courant qui s’est appelé "l’anti-psychiatrie" qui prônait la fin de l’institution "hôpital psychiatrique". Ce mouvemement a montré, avec le temps, ses limites. Le mouvement de la psychothérapie institutionnelle en France est né en particulier pendant la guerre d’Espagne et la lutte contre le franquisme, avec l’arrivée notamment d’un psychiatre catalan, François Tosquelles. A rappeler qu’environ 40 000 personnes sont mortes de faim dans les asiles psychiatriques durant la 2e guerre mondiale, obligeant les autorités sanitaires à refonder leur modèle.

Didattica en réunion publique

Dans ce schéma, réel, symbolique et imaginaire sont les trois fonctions que distingue le psychanalyste, Jacques Lacan pour définir la structure de l’inconscient. Didattica propose de réinterpréter ce modèle à travers le triangle physique, social et mental provenant du premier mot d’ordre de fondation de l’association "l’architecture est le moyen de la prise de position de tous et de chacun dans le monde physique, social et mental". Ces trois fonctions correspondent à trois processus "matérialisation, organisation et conception". Et si nous relions ces notions au projet rrom de didattica, nous retrouvons les lieux quotidiens avec Montreuil, l’espace public avec les Rroms et les territoires existentiels avec le travail de représentation culturelle. "L’architecture devrait être un outil pour que chacun, quel qu’il soit, puisse trouver sa place dans l’espace formé par ce triangle", explique Léa.

Mais dans le quotidien du métier d’architecte, ça donne quoi ?

En fait, ce type d’approche donne une importance toute particulière à la fonction de programmiste, introduit par la loi sur la Maîtrise d’ouvrage publique (MOP) de 1985, chargée d’accompagner le maître d’ouvrage dans la définition de sa commande et de la maîtriser tout au long de la construction. "C’est à ce stade, avec les programmistes, qu’il faudrait conduire de vrais exercices de co-conception avec les habitants. Or l’exercice actuel s’apparente plus souvent à de la simple concertation...", déplore Léa. En fait, le travail de co-conception conduit par Didattica avec un "peuple de France minorisé" comme les Rroms, exprime ce qu’il conviendrait de faire avec toute population...

Et les technologies, dans tout ça ?

Didattica ne prétend pas maîtriser tout le potentiel du blog et du web 2, mais ça n’est pas un souci. Les Rroms sont rompus à l’usage des technologies mobiles, et aux moyens de communication. Pendant les tournages avec les élèves, de l’appareil photo numérique jusqu’au téléphone mobile, les technologies trouvent naturellement leur place entre les mains des enfants, elles participent d’une panoplie plus large d’outils, de médias et de moyens d’arriver à des fins.

Les autres influences

Outre Lacan et la psychothérapie institutionnelle, Didattica s’inscrit dans une histoire d’interventions bien réelles, comme celles des luttes urbaines telles celles de l’Almagare de Roubaix. D’autres collectifs d’architectes décrivent avec didattica de nouvelles pratiques professionnelles des architectes, comme le collectif italien Stalker* -ou encore le collectif Le Bruit du Frigo que nous avions reçu à la Cantine. Il y a une véritable constance dans ces projets, dans lesquels le travail en immersion, l’effort de "capacitation" (doit-on vraiment préférer le terme anglais "d’enablement" ?) sont des éléments essentiels.

*Fondé en 1993 à Rome, le collectif Stalker a développé une réflexion sur le territoire urbain en pratiquant des « dérives urbaines », véritables traversées des creux de la ville. Stalker entretien par exemple avec la petite commune de Faux La Montagne, en Limousin, une liaison durable, depuis plusieurs année, qui l’amène à travailler avec les habitants sur des projets innovants, créatifs et collectifs....

Avr 13 2009

Région Ile-de-France : les associations à la rencontre du numérique

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Associations , Citoyenneté , Démocratie , Développement local , Ile-de-France , Paris , Quartier , solidarité , Ville , Web2.0

La Région Ile-de-France organisait en novembre dernier une journée dédiée au rôle nouveau des outils et médias numériques dans la vie des associations franciliennes. Près de 500 personnes y assistaient. Les actes viennent seulement d’être mis en ligne, mais cette attente est bien récompensée par de nombreux comptes-rendus, photos et vidéos de cette journée très dense.

L’atelier que j’animais portait sur l’irruption des outils numériques dans le débat public. Plusieurs témoignages (Bondy Blog, la Télé Libre, Christophe Grébert) convergeaient pour montrer à quel point l’autonomie des habitants et citoyens (la "capacitation" dont Philippe Aigrain se fait l’écho) pouvait aujourd’hui passer par la maîtrise du langage audiovisuel et numérique, la capacité à s’exprimer via un blog ou un podcast, et qu’il y avait là le terreau de nouveaux projets collectifs. L’un des rôles possibles pour la Région pouvait alors consister à encourager, démultiplier par tous moyens -en particulier à travers le tissu associatif- cette capacité des habitants franciliens, à bloguer, filmer leurs vie, leurs aspirations, leurs problèmes.

Les participants à cette table ronde : Dorothée Browaeys, Vivagora, qui a pour objectif de promouvoir une culture de débat sur les questions scientifiques et techniques ; Céline Braillon et Bruno Lestienne, Adels, lieu d’échange et de propositions pour le développement de la démocratie locale ; Nordine Nabili, directeur de l’agence Proxiprod et rédacteur en chef du Bondy Blog ; Olivier Blondeau, sociologue, étudie les usages de l’Internet et plus précisément, les usages politiques et militants du réseau ; John Paul Lepers, directeur de l’Information de La « TéléLibre », télévision citoyenne sur internet ; et Christophe Grebert, animateur du site "webcitoyen", qui vise à défendre le droit d’expression et à favoriser l’émergence du débat public dans les villes françaises.

A noter ce site, "Projets citoyens", créé dans le prolongement de cette journée par la Région Ile-de-France et destiné à mettre en réseau et capitaliser l’ensemble des efforts mis en oeuvre par les associations franciliennes.

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