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Avr 24 2009

Collectif Didattica : "tout architecte devrait être pédagogue"

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , capacitation , Citoyenneté , Espace public , Innovation , Minorités

Chaque mois, nous recevons des acteurs mobilisant des méthodes d’action innovantes dans l’espace public, afin d’examiner ces pratiques, de les comparer aux formes d’ingénieries habituelles et d’en tirer des enseignements pour l’acteur public -et pour les Régions en particulier. Ce mois-ci, Léa Longeot et Elise Macaire, du collectif Didattica nous présentaient leurs méthodes, en particulier à travers le travail qu’elles conduisent avec les populations rromanis à Montreuil.

Didattica en réunion publique

"La finalité, c’est l’émancipation"

Didattica rassemble des architectes, des sociologues, des artistes, des professeurs et enseignants, des étudiants et des chercheurs. A l’origine de la création du collectif, il y a d’abord une critique de l’exercice traditionnel de la profession d’architecte en tant qu’expertise corporatiste, assenée de façon verticale, déconnectée des pratiques et des besoins des populations. "Ce qui nous anime, c’est au contraire de créer du collectif, et d’encourager l’émancipation, au sens de donner l’accès à une parole politique", explique Léa Longeot. Une des références est celle du "maître ignorant", de Jacques Rancière, qui enseigne ce qu’il ignore et permet à ses élèves de mettre eux-mêmes en forme les connaissances. Sur la base de ce principe, chacun peut aspirer à être créateur car "cela s’enseigne". Pour Elise Macaire, "tout architecte devrait être pédagogue".

Un terrain privilégié : les Rroms à Montreuil

C’est sur la question de la reconnaissance des communautés rromanis que Didattica choisit de concentrer une partie de ses efforts. Le travail de Didattica avec les Rroms (appelés souvent en France Tsiganes, Gens du voyage, Gitans, Manouches...) de Montreuil débute en 2004. L’objectif est de créer des outils didactiques qui permettent de transmettre la connaissance des Rroms, en associant les Montreuillois à ce processus. Tout commence par une phase d’analyse : une étude du système d’acteurs est entreprise, à la fois dans le domaine rrom (scientifique, culturel et politique) et dans la ville de Montreuil, à travers des entretiens, des ateliers et une analyse documentaire. Des chercheurs rroms sont contactés afin de créer une coopération. La journée mondiale des Rroms, créée en 1971, est une occasion de démarrer un travail commun. L’idée de didattica est de produire une oeuvre cinématographique, une fiction, qui mette en avant la représentation culturelle des Rroms. Sa réalisation pourra prendre plusieurs années : ce qui compte, c’est le processus collectif qu’il implique, en immersion avec les habitants de Montreuil, et les étapes qui le constituent. Le projet s’appuie sur plusieurs actions pédagogiques dont une qui s’est déroulée dans une classe de CM2. Les élèves ont réalisé un travail très consciencieux de production, depuis la tenue d’un carnet de bord et la réalisation de scripts, jusqu’à plusieurs phases de repérages, tournages et montages, où les enfants -dont des enfants rroms, mêlés aux autres- sont les réalisateurs et comédiens, et dans lesquels est soigneusement effectué un travail de répartition des tâches et de responsabilisation de chacun.

"C’est l’hôpital qui est malade et qu’il faut soigner..."

Mais d’où vient ce modèle fondé sur l’émancipation, si précieuse pour Didattica ? En fait, le modèle théorique sur lequel se fonde leurs travaux part notamment de l’analyse institutionnelle portée par des psychiatres au départ, qui a donné lieu à la psychotérapie institutionnelle, pour penser l’aliénation sociale et psychique. "Le fait marquant est le moment où, dans l’histoire, la psychiatrie de secteur s’est fermement opposée à l’asile de fous, et a ainsi permis le développement de la prise en charge "hors les murs", précise Elise. Elise rappelle qu’en Italie, il y a eu un autre courant qui s’est appelé "l’anti-psychiatrie" qui prônait la fin de l’institution "hôpital psychiatrique". Ce mouvemement a montré, avec le temps, ses limites. Le mouvement de la psychothérapie institutionnelle en France est né en particulier pendant la guerre d’Espagne et la lutte contre le franquisme, avec l’arrivée notamment d’un psychiatre catalan, François Tosquelles. A rappeler qu’environ 40 000 personnes sont mortes de faim dans les asiles psychiatriques durant la 2e guerre mondiale, obligeant les autorités sanitaires à refonder leur modèle.

Didattica en réunion publique

Dans ce schéma, réel, symbolique et imaginaire sont les trois fonctions que distingue le psychanalyste, Jacques Lacan pour définir la structure de l’inconscient. Didattica propose de réinterpréter ce modèle à travers le triangle physique, social et mental provenant du premier mot d’ordre de fondation de l’association "l’architecture est le moyen de la prise de position de tous et de chacun dans le monde physique, social et mental". Ces trois fonctions correspondent à trois processus "matérialisation, organisation et conception". Et si nous relions ces notions au projet rrom de didattica, nous retrouvons les lieux quotidiens avec Montreuil, l’espace public avec les Rroms et les territoires existentiels avec le travail de représentation culturelle. "L’architecture devrait être un outil pour que chacun, quel qu’il soit, puisse trouver sa place dans l’espace formé par ce triangle", explique Léa.

Mais dans le quotidien du métier d’architecte, ça donne quoi ?

En fait, ce type d’approche donne une importance toute particulière à la fonction de programmiste, introduit par la loi sur la Maîtrise d’ouvrage publique (MOP) de 1985, chargée d’accompagner le maître d’ouvrage dans la définition de sa commande et de la maîtriser tout au long de la construction. "C’est à ce stade, avec les programmistes, qu’il faudrait conduire de vrais exercices de co-conception avec les habitants. Or l’exercice actuel s’apparente plus souvent à de la simple concertation...", déplore Léa. En fait, le travail de co-conception conduit par Didattica avec un "peuple de France minorisé" comme les Rroms, exprime ce qu’il conviendrait de faire avec toute population...

Et les technologies, dans tout ça ?

Didattica ne prétend pas maîtriser tout le potentiel du blog et du web 2, mais ça n’est pas un souci. Les Rroms sont rompus à l’usage des technologies mobiles, et aux moyens de communication. Pendant les tournages avec les élèves, de l’appareil photo numérique jusqu’au téléphone mobile, les technologies trouvent naturellement leur place entre les mains des enfants, elles participent d’une panoplie plus large d’outils, de médias et de moyens d’arriver à des fins.

Les autres influences

Outre Lacan et la psychothérapie institutionnelle, Didattica s’inscrit dans une histoire d’interventions bien réelles, comme celles des luttes urbaines telles celles de l’Almagare de Roubaix. D’autres collectifs d’architectes décrivent avec didattica de nouvelles pratiques professionnelles des architectes, comme le collectif italien Stalker* -ou encore le collectif Le Bruit du Frigo que nous avions reçu à la Cantine. Il y a une véritable constance dans ces projets, dans lesquels le travail en immersion, l’effort de "capacitation" (doit-on vraiment préférer le terme anglais "d’enablement" ?) sont des éléments essentiels.

*Fondé en 1993 à Rome, le collectif Stalker a développé une réflexion sur le territoire urbain en pratiquant des « dérives urbaines », véritables traversées des creux de la ville. Stalker entretien par exemple avec la petite commune de Faux La Montagne, en Limousin, une liaison durable, depuis plusieurs année, qui l’amène à travailler avec les habitants sur des projets innovants, créatifs et collectifs....

Avr 13 2009

Repenser le projet urbain : le collectif Didattica à la Cantine le 21 avril

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Quartier , Quotidien , Territoires en résidences

Léa Longeot et Elise Macaire animent le collectif d’architectes Didattica, basé à Paris. Elles viennent nous parler de leur travail et de leurs méthodes d’action, le mardi 21 avril à 14h. Leur intervention sera précédée d’une présentation de l’actualité du programme d’expérimentations de la 27e Région, Territoires en Résidences. L’intervention aura lieu à la Cantine. L’inscription est nécessaire, il suffit de cliquer sur ce lien (20 places maximum)

Après la Région Estremadure, puis le collectif Le Bruit du Frigo, nous poursuivons notre tour des nouvelles méthodes d’action publiques avec le collectif Didattica. L’association didattica est un collectif créé en 2001 au sein de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris La Villette. Elle rassemble aussi bien des étudiants de différents champs que des architectes, des sociologues, des artistes, des professeurs et enseignants, que des chercheurs.

A partir d’ateliers pédagogiques et participatifs de création, d’événements culturels et scientifiques, de recherche, de publications, Didattica cherche à encourager le développement de la sensibilité à l’architecture et à l’aménagement. Elle vise à soutenir les acteurs de la vie scolaire, associative, politique et les habitants dans l’appropriation de leur environnement, dans le développement de connaissances et dans la participation à des projets. Didattica nous parlera notamment de ses actions à Champigny sur Marne, et de l’étonnant travail réalisé avec les rroms à Montreuil.

Il s’agit, pour les membres de Didattica, de donner accès à la création, en tant que celle-ci permet l’apprentissage de savoirs et savoirs faire, l’émancipation individuelle, et favorise ainsi une citoyenneté créative. La méthode de didattica peut être résumée autour de deux orientations : la pédagogie du projet et le projet pédagogique.

Inscription en ligne ici.

Avr 5 2009

Le territoire, en création permanente

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Créativité , Développement local , Innovation , prospective , rural

Petite balade du côté de la Plaine Saint-Denis ce samedi 4 avril. Je croise des gens qui convergent vers le stade de France (où Clermont va l’emporter de peu au rugby contre le Stade français, 21 à 19), et je passe de l’autre côté de la station RER ; je vais assister à l’après-midi de clôture d’un colloque sur la création et les territoires (Ethique et mythes de la création, du 2 au 4 avril) organisé dans le cadre de l’année européenne de l’innovation et de la créativité par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord et par le Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines.

La journée est animée par Léa Longeot (directrice de Didattica, que nous recevons le 21 avril à la Cantine) et par l’infatigable Jacky Denieul (Institut Atlantique d’Aménagement des Territoires).

Dans cette drôle de journée, dans un contexte un peu inhabituel pour moi, pleins de choses surprenantes et passionnantes.

Laboratoire communal, en Poitou Charentes.

Tout d’abord, je peux enfin mettre un visage sur Gabriel Lucas, directeur du Nombril du Monde, qui se tient tous les deux ans à Pougne-Hérisson, commune microscopique (mais Ô combien centrale, comme son nom l’indique !) des Deux-Sèvres. Il vient présenter le travail qu’il conduit dans le cadre de ce festival, né de la rencontre d’un artiste et d’une population il y a une vingtaine d’années. « Il faut le croire pour le voir », tel est l’adage du projet et un des fondements du projet artistique, considérant que, au delà des choses en elle-même, le plus important est le regard que l’on porte dessus.

(Au passage, toujours en Poitou Charentes mais sur un registre totalement différement, Christine Dion du service Economique de la Région Poitou Charentes, me rappelle que c’est aussi en Poitou Charentes, à Mouthiers sur Boëme, que deux frères industriels, font parler d’eux après avoir créé une webschool en interne, en partie pour maintenir le nombre de salariés, en partie pour l’aider à se former à des usages innovants sur internet. Jean-Michel Billaut rédigé un billet sur cette entreprise, Lippi.)

L’utopie est réalisée, elle se trouve en Picardie.

Il est toujours bon de s’entendre rappeler que rien n’est vraiment nouveau, et que les idées les plus audacieuses ont déjà été mises en oeuvre. Dans un brillant plaidoyer pour "modéliser la révolution", Emile Noël, président du festival des Hivernales et vice-président de l’Institut Charles Cros, a rapidement évoqué le projet du familistère de Guise, né du cerveau génial du patron des usines Gaudin. Insensé mais passionnant.

Ca bouge du côté des méthodes

Décidément, il se passe vraiment quelque chose du côté des méthodes et de l’ingénierie des projets publics. Hugues Bazin et Elise Macaire vont finir de m’en convaincre.

Hugues Bazin est chercheur indépendant en sciences sociales depuis 1993, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales en anthropologie et en sociologie. Les expressions qu’il emploie dans son travail de recherche action sur les territoires me rappelle furieusement nos premières expérimentations en résidence : il travaille sur des "parcours d’expériences", parle "d’espace réflexif", "nouvelle cartographie des lieux et des ressources humaines", "un autre rapport entre local et global, proximité et distance, public et privé, particulier et universel".

Dans sa volonté farouche de redonner la main aux habitants sur les questions architecturales et urbanistiques, Elise Macaire (Didattica) résume merveilleusement ce qu’elle nomme "l’écosophie" : "Des associations regroupant des architectes avec notamment des sociologues, des géographes, des urbanistes et des artistes (comédiens, plasticiens,…) mettent en avant des démarches alternatives au processus traditionnel d’élaboration du projet architectural ou urbain. Elles privilégient des interventions sur les petites échelles permettant une maîtrise plus importante des habitants sur le projet. Ces collectifs réalisent un idéal de pratique démocratique qui s’appuie à la fois sur une économie des savoirs fondée sur la transversalité comme méthode d’intervention et à la fois sur une écosophie, une sagesse de l’habiter prise dans des bricolages processuels et des espaces relationnels."

Sylvie Dallet, fondatrice de l’Institut Charles Cros, rappellera quelques invariants de l’approche créative : la culture du risque, le refus du mode binaire, l’expérience née de la rencontre, se changer en échangeant avec les autres...

Pour finir, visite de l’exposiition "Rroms : entre stéréotypes et connaissances", et chants en grec ancien... décidément, une drôle de journée...

Les surnoms donnés aux rroms dans le monde

Avr 2 2009

Pays de la loire : des lycées différents, à penser différemment

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Design , Innovation , Lycée , Pays de la loire , prospective , Territoires en résidences

Réunion de travail très intéressante ce mardi 31 mars avec la Région Pays de la Loire, au sujet des lycées. Les participants étaient Dominique Roynette, directrice de la communication, Marion Laporte, chargée de mission Design, Jean-Charles Ringard, directeur de l’Education, Romain Thévenet, chargé de mission design à la 27e Région, et moi-même. Nous examinions ensemble la possibilité de mener une première expérience en résidence, à l’image de celle que nous conduisons déjà au lycée Jean Moulin à Revin, avec la Région Champagne Ardennes.

Comme dans toutes les régions, la question des lycées est essentielle ; c’est, de plus, l’un des plus importants budgets des Régions (400 millions d’euros en Pays de la Loire de 2006 à 2010).

Un lycée différent, à penser différemment

A son arrivée en 2004, la nouvelle majorité a proposé de réviser en profondeur la façon dont la création ou la rénovation des lycées était conçues. Jean-Charles Ringard a du totalement revoir le fonctionnement en vigueur. Pas de changement sans concertation, tout d’abord : un groupe de suivi des usagers, réunissant 15 à 20 personnes représentant la communauté éducative, est dorénavant mis en place le temps du projet, et il suit les travaux. Un comité de pilotage est constitué pour tous les chantiers "lourds". Création d’un schéma directeur fonctionnel, ensuite : l’idée consiste à voir le lycée comme un processus complexe, qu’il faut penser dans son ensemble (quelle est l’incidence de la rénovation d’un internat sur le reste de l’établissement, par exemple ? comment repartir de la façon dont vivent les internes pour repenser l’impact sur le fonctionnement du lycée ?). La définition de priorité en matière de rénovations, également : en l’occurrence, les élus souhaitent dorénavant privilégier le lycée professionnel, mettre l’accent sur la vie sociale des jeunes, sur la place de l’internet dans l’établissement, sur les conditions de vie des enseignements et des agents, ou encore sur le développement durable et les enjeux énergétiques. Enfin, la Région souhaite une bonne concertation avec le Rectorat, avec le corps enseignants, les architectes des services de l’Etat, etc.

Si l’objectif central demeure d’améliorer la réussite scolaire des lycéens, les enjeux qui traversent le lycée sont de plus en plus nombreux : Comment amener le lycée à l’éco-responsabilité ? (Fin octobre prochain, il est prévu de lancer une démarche visant à tester des premières démarches en janvier 2010 et à proposer un accompagnement, facteur clé d’un tel projet ; à noter que les CFA devraient également être l’objet d’Agendas 21) ; Comment penser les fonctions du lycée aujourd’hui et demain ? l’accueil, l’internat, le CDI, un pôle scientifique, un positionnement international, etc ?

En fait, le lycée est la partie visible d’un processus complexe, dans lequel l’architecture et l’aménagement des espaces sont essentiels (et souvent en échec), mais pas suffisants pour saisir la vie au lycée du point de vue de l’expérience du lycéen, du professeur, du parent d’élève... c’est cette expérience globale qu’il faut comprendre, du moment où l’élève prend le bus jusqu’à son retour à la maison, des dimensions physiques aux dimensions immatérielles, culturelles et sociales, du fonctionnement du lycée jusqu’à son insertion dans la ville et la société, etc.

De nouveaux lycées programmés

La Région Pays de la Loire va devoir traiter de tous ces enjeux et de bien d’autres encore dans quatre nouveaux lycées programmés : l’un est en pré-programme à Pornic, et trois autres projets vont être lancés, en particulier à à Clisson en 2013, à Beaupréau en 2014 et sur l’île de Nantes en septembre 2014. Toutes ont des résonances territoriales fortes : Clisson accueillera 600 lycéens en enseignement professionnel, bâtiment respectant les normes d’éco-construction, etc ; l’établissement de Beaupréau, qui passe par un travail intensif avec la communauté de communes et dont le rôle en termes d’aménagement du territoire sera important ; l’établissement prévu sur l’île de Nantes, enfin, particulièrement emblématique : un projet à 66 millions d’euros, 1 400 élèves, avec un effort tout particulier en matière de handicap, à vocation tertiaire et tout spécialement tourné vers l’international (BTS trilingue, internat ouvert toute l’année, etc)

Alors, que pourrions-nous faire ensemble ? Les propositions sont nombreuses et tout à fait réjouissantes. Jean-Charles Ringard nous propose d’expérimenter un travail d’immersion dans l’un ou plusieurs de ces projets dans le cadre de Territoires en Résidences, mais aussi de prendre part à un séminaire de prospective sur le lycée du XXIe siècle, qui devrait notamment associer l’Ecole de Design Nantes Atlantique, ou encore le GERS. L’objectif donné à ce groupe est de faire le "saut créatif" afin d’imaginer les scénarios les plus innovants. Il s’agit aussi d’imaginer les conséquences de ces nouvelles approches sur les cahiers des charges, et sur la façon de faire évoluer les critères d’évaluation des projets de nouveaux établissements ou de rénovation.

Prochaine étape : la commission Education de la Région Pays de la Loire, ou nous serons invités à présenter nos expériences au sein des lycées.

Mar 26 2009

Un après-midi avec le Bruit du Frigo

Billet publié par Charlotte Rautureau
Tags: Architecture , Créativité , Espace public , Quartier , Ville

Le 3 mars dernier, Gabi Farage est venu faire du « bruit dans le frigo » de la Cantine. Cet architecte de formation nous a parlé, lors d’un après-midi, de ses méthodes d’interventions dans l’espace public. Au cœur de son discours, la question de l’appropriation de l’architecture par les usagers où comment revenir à une approche des lieux centrée sur les usagers et pensée par eux.

A travers divers exemples, Gabi Farage nous a expliqué comment il intervenait sur les territoires avec son collectif bordelais leBruit du Frigo. Ateliers d’urbanisme participatif, interventions artistiques dans l’espace public, résidences artistiques, actions de détournement, aménagements éphémères… l’imagination et la poésie de Gabi et son équipe ne manquent pas quand il s’agit de proposer aux habitants d’un territoire des solutions de développement désirable (et durable).

L’exemple de Nantes, où le Bruit du frigo est intervenu dans le quartier enclavé de Breil-Malville afin d’imaginer avec les habitants et usagers du quartier les transformations possibles de cet espace, illustre bien la créativité du collectif. Afin de favoriser le dialogue avec la population du quartier, le Bruit du frigo a installé un Bistrot et atelier temporaire, vecteur convivial pour travailler avec les habitants autour du devenir de leur quartier et créer du liant autour d’un projet commun.

Autre lieu, autre méthode… A Marseille, le Bruit du Frigo a proposé une résidence artistique au théâtre de la "Gare Franche". L’objectif était de construire des relations humaines et artistiques dans le quartier en appelant ses habitants et acteurs à participer à diverses actions comme, par exemple, la construction de mobilier urbain à partir de la valorisation de rebuts. Si les femmes et les enfants se sont montrées réceptifs au projet, il a fallut user d’adresse pour intégrer activement les hommes du quartier au projet, comme titiller leur égo en enrôlant une femme comme chef de chantier…

Autant d’exemples, d’approches, de perspectives qui viennent nourrir nos réflexions sur la façon d’innover « par et pour les gens ».

Mar 24 2009

Première semaine de résidence

Billet publié par Romain Thévenet dans la catégorie Education / formation
Tags: Architecture , Champagne-Ardennes , Créativité , Design , Lycée , prospective , Territoires en résidences

La semaine dernière a eu lieu la première résidence dans un lycée des Ardennes, le lycée Jean Moulin à Revin.

Nous avons passé une semaine en immersion, en dialogue constant avec les différents "habitants" du lycée : les lycéens, les professeurs, le personnel, les parents d’élèves et certaines personnes extérieures à l’établissement. Ceci dans le but d’imaginer de nouvelles fonctionnalités au "lycée de demain".

Un blog spécifique a été créé : www.territoiresenresidences.net où vous pourrez retrouver l’actualité et le déroulement de chaque résidence. Nous continuerons de publier des points d’étape sur le blog de la 27ème Région mais le détail des expérimentations sera publié sur ce nouveau blog.

Le Campus Wall

Parmi les réalisation de cette première semaine, un espace d’affichage conçu comme un "Wall", un mur où chaque "habitant" du lycée peut informer ou s’informer de l’actualité de l’établissement. Nous l’avons baptisé "Campus Wall" pour essayer de se défaire de l’image de la cité scolaire, et imaginer un campus, comme un centre d’activité tourné vers l’extérieur.

Une communication permanente

Le blog a été un bon moyen pour communiquer sur l’avancée de nos travaux. Nous avons également construit un espace d’affichage à l’intérieur du lycée, à côté de la salle où nous travaillons. Nous avons présenté les scénarios prospectifs d’ouverture du lycée vers l’extérieur, que nous avions imaginés en début de semaine, ainsi qu’une sélection de photos présentant à la fois des vues de bâtiments du lycée, et des moments de travail de notre équipe.

La deuxième semaine de résidence sur le "Campus de Revin" aura lieu du 6 au 10 avril. D’ici là, une présentation "inter-résidences" a été programmée, pour nous apporter un regard extérieur sur ce travail en cours, et nous permettre de prendre du recul avant de continuer l’expérimentation.

Fév 17 2009

Le collectif le Bruit du frigo à la Cantine le 3 mars après-midi

Billet publié par Stéphane Vincent
Tags: Architecture , Quartier , Quotidien , Territoires en résidences

Gabi Farage anime le collectif Le bruit du frigo, basé à Bordeaux. Gabi vient nous parler de ses méthodes d’interventions dans l’espace public, le mardi 3 mars à 14h30. De 14 à 14h30, son intervention sera précédée d’une présentation de l’actualité du programme d’expérimentations de la 27e Région, Territoires en Résidences. L’intervention aura lieu à la Cantine, au 2e étage. L’inscription est nécessaire, il suffit de cliquer sur ce lien- (20 places maximum)

Le Bruit du frigo est un hybride entre bureau d’étude urbain, collectif de création et structure d’éducation populaire, qui se consacre à l’étude et l’action sur la ville et le territoire habité, à travers des démarches participatives, artistiques et culturelles. A la croisée entre territoire, art et population, ses projets proposent des façons alternatives d’imaginer et de fabriquer notre cadre de vie, en associant les gens :

  • Ateliers d’urbanisme participatif
  • Interventions artistiques dans l’espace public
  • Assistance à la maîtrise d’ouvrage
  • Résidences artistiques
  • Actions pédagogiques
  • Workshop et séminaires
  • Formation d’acteurs

Plan de situation des propositions issues de l’atelier d’urbanisme utopique mené dans le quartier du Breil Malville à Nantes en 2008

« Itinéraires Bis » est une étude préalable à la mise en oeuvre d’un réseau de cheminements piétons à Boulazac (24)

Quant aux Ateliers pédagogiques, ils s’adressent à un public jeune (de 10 à 18 ans). L’objectif est de les initier à la lecture de la cité, à travers l’acquisition d’outils de compréhension, de décryptage et de création, mais aussi par l’interaction avec l’environnement urbain et humain, et l’ouverture sur des pratiques artistiques…

Le Bruit du Frigo est intervenu à de nombreuses reprises dans l’espace public : Passe Muraille / Atelier public d’exploration urbaine (Bordeaux), Création d’un « bistrot temporaire » & Atelier d’urbanisme utopique (Nantes), « De-ci de-là », résidence artistique (Cobonne), Ateliers Urbains de Certé, Participation des habitants à l’ORU (Opération de Renouvellement Urbain) du quartier Nord-Est (Bègles), Résidence artistique à la « Gare Franche » (Marseille), « Par 4 chemins... », workshop culturel sur la déambulation urbaine (Bordeaux), etc. Plus d’infos sur le site web du Bruit du Frigo.

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